Plan Grand-froid : un problème structurel

Ce premier Novembre et jusqu’au 31 Mars, dans toute la Wallonie, a été activé le Plan Grand Froid. Ce plan a pour but de «de renforcer les mesures d’aide aux personnes sans-abris » afin de garantir au mieux leur survie. Dans ces mesures, nous retrouvons l’augmentation du nombre de place dans les abris (et l’ouverture de certains), l’organisation de maraudes par les travailleurs sociaux de rues, un appel aux dons afin d’obtenir de la nourriture, des couvertures, etc.

Par Franck (Liège)

Évidemment, aucune de ces mesures n’est à jeter mais force est de constater leur insuffisance en terme structurel. Par exemple, en Wallonie, treize abris offrent 354 places (pour 988 à Bruxelles). En outre, en cas de froid morbide (c’est-à-dire en dessous de -3), les capacités d’accueil sont étendues et il est même illégal de laisser une personne dehors (en cas de manque de place dans les abris, les personnes peuvent être logées temporairement dans des hôtels par exemple).

Cependant, il est clair que considérer que le danger n’est présent qu’à partir de -3 est déjà un problème en soit car oui, s’il fait -1 ou -2, certaines personnes devront loger dehors, faute de places en suffisance dans les structures…. En outre, si les personnes ne sont accueillies qu’à partir de -3, ce n’est pas tant parce qu’il y a un manquement au niveau de l’évaluation des risques liés au froid mais bien parce qu’il y a un clair manque d’investissement de la part du public (et que cela lui coûterait trop cher d’activer plus tôt les mesures prises en cas de froid morbide). Un des autres problèmes se trouve dans le fait que les abris, bien que nécessaires, ne sont pas adaptés à toutes les personnes que l’on peut retrouver dans la rue. Par exemple, en Wallonie, il n’y a pour ainsi dire pas de places d’accueil prévues pour les personnes avec chien. De plus, toutes les personnes atteintes de toxicomanies ou d’alcoolisme se trouvent dans l’interdiction de consommer toute la nuit en abri (ce qui peut être un effort impassable pour certains). Et pour finir, il est clair que les abris de nuit ne sont pas de tout confort (les personnes dorment souvent dans des dortoirs où elles sont obligées bon gré malgré de supporter les odeurs des autres, les ronflements, etc).

Évidemment, il n’est nullement dans notre intention de cracher dans la soupe et il est clair que les travailleurs sociaux et bénévoles des diverses structures d’aides aux SDF font ce qu’ils peuvent afin d’aider (et sans les dons des particuliers, la situation serait encore plus critique). Pour nous, le problème se trouve plutôt dans le manque criant de moyen déployer par le secteur public afin d’aider les personnes sans-abris et leur garantir un logement décent. Pour changer cela, l’état devrait massivement réinvestir dans le secteur social plutôt que d’exiger de lui plus de résultats avec de moins en moins de moyens et il est scandaleux de constater que sans la solidarité déployer par les citoyens, tout s’écroulerait !

Ce changement de politique, pourtant d’une absolue nécessité, il est clair qu’aucun de nos politiciens à la solde des plus riches ne nous l’octroiera. Pourtant, les moyens, ils existent et ils sont chez tous ces ultras riches sous-taxés et pratiquant massivement la fraude fiscale. Seule une société malade laisse ces membres les plus fragiles dans une précarité aussi grande et seul un changement complet de modèle de société nous permettra de remédier à cet état de fait…

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