Le gouvernement ne retirera la pension à points que s’il est menacé de chuter

Manifestation du 21 novembre à Liège. Photo: socialisme.be

Pour une opposition massive via un réel plan d’action

Demain, nous serons une fois de plus des dizaines de milliers dans la rue. Nous représenterons les centaines de milliers de personnes qui ne se voient pas travailler jusque 67 ans et qui rejettent les attaques contre nos pensions. Cette offensive nous touche tous, les femmes en premier lieu. Cette manifestation n’est pas un but en soi, elle doit être le début d’une mobilisation plus générale, tous ensemble !

Tract du PSL pour la manifestation du 19 décembre // Tract en version PDF

La pension à points individualise nos droits : le niveau de notre pension ne sera déterminé qu’au dernier moment en fonction des possibilités budgétaires. Nous savons à quoi mène une politique qui plume la communauté pour faire des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux amateurs de paradis fiscaux : la misère ! Nous ne devons pas attendre de compassion envers les aînés de la part de ce gouvernement et de sa politique. Il suffit de voir le manque d’investissements dans les soins aux personnes âgées qui permet aux entreprises privées de réaliser de grands profits sur le dos du personnel et des usagers.

Leurs arguments ne tiennent pas la route !

Nous vivons plus vieux et devons donc travailler plus longtemps ? L’espérance de vie croît mais en moyenne, nous ne restons en bonne santé que jusqu’à 64 ans, avant d’atteindre l’âge de la pension fixé à 67 ans. Nous vivons plus vieux mais sommes aussi plus productifs. Entre 1995 et 2009, notre productivité a augmenté de 15%. Au cours des années précédentes, la productivité augmentait encore plus rapidement.

Les pensions dans le secteur public sont trop élevées ? La pension moyenne légale en Belgique se monte à 1.100 euros par mois à peine. C’est largement en-dessous du coût du séjour dans une maison de retraite. Cela provoque la pauvreté parmi les personnes âgées. La pension des fonctionnaires est plus élevée : entre 1.500 et 1.700 euros par mois, soit dans la moyenne européenne. Ce n’est pas la pension des fonctionnaires qui est trop élevée, ce sont les pensions du secteur privé qui sont beaucoup trop basses pour mener une vie décente !

Les pensions sont impayables ? Cela ne provient pas d’un changement fondamental dans la proportion actifs/inactifs. Cela vient du fait que la sécurité sociale est pillée au travers de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises. Avec l’accord d’été, le gouvernement veut encore épargner 265 millions d’euros sur les pensions ! Il faut prendre l’argent là où il se trouve : les Paradise Papers ont montré que, mondialement, 7.900 milliards d’euros dorment dans les paradis fiscaux !

L’enjeu de notre lutte : stopper la politique d’austérité !

Ce gouvernement poursuit ses attaques antisociales, nous ne pouvons postposer la lutte jusqu’aux prochaines élections. Une grève générale en février est nécessaire mais doit être bien préparée et ne doit pas être une occasion sans lendemain d’exprimer notre opposition servant uniquement à évacuer la pression.

Comment préparer une grève générale ? Un programme combattif répondant aux nombreux besoins sociaux peut aider à convaincre les collègues. Le manque d’effectifs frappe presque chaque secteur tandis que les infrastructures sont sous-financées (le problème reste entier même sans jour de neige !), que la charge de travail est intenable, que le droit de grève est attaqué,… Nous avons des solutions : un plan massif d’investissements publics dans l’enseignement, les soins et l’infrastructure ; une réduction du temps de travail sans perte de salaire et avec embauche compensatoire ; un salaire minimum de 15 euros de l’heure et une pension minimum de 1.500 euros ; des emplois décents et sûrs plutôt qu’une hyper-flexibilisation et un retour au salaire à la pièce, etc. ; et prendre l’argent où il se trouve pour financer tout ça. Une vaste campagne d’information par l’action populariserait ces revendications. Cela exige la plus large implication possible sur le terrain, via des assemblées du personnel où parler de la politique gouvernementale et de notre riposte, mais aussi de la préparation des actions, en les soumettant au vote.

Le plan d’action de fin 2014 a fait vaciller le gouvernement. L’arrêt de ces actions a donné naissance à de la frustration et de la méfiance parmi la base. Il faut de la clarté sur l’enjeu d’une grève générale en février : le lancement d’actions soutenues en vue de mettre fin au gouvernement de droite et à la politique d’austérité.

Les ‘‘partenaires politiques traditionnels’’ ont baissé les bras. Le ‘‘visage social’’ du CD&V est invisible, ‘‘l’opposition” du PS et du SP.a peu crédible. Heureusement, il y a la percée du PTB dans les sondages. L’appel à des coalitions progressistes ne peut être un plaidoyer pour une ‘‘austérité light’’ mais doit être lié au retrait complet de toutes les mesures antisociales de Michel. On ne répondra pas aux besoins sociaux sans un changement radical de société, sans une société socialiste démocratique. Une vaste campagne dans cet objectif avec la gauche radicale, les syndicats et les mouvements sociaux peut aider à sortir de l’impasse.

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