Le parlementaire européen Paul Murphy et d’autres militants brutalement réprimés par la police

Vendredi dernier, une action a été menée dans le village irlandais de Rossport (dans le nord-ouest du pays) à l’initiative de la campagne ‘‘Shell to Sea’’. Cette campagne proteste contre le fait que les richesses naturelles de la région sont quasiment gratuitement livrées aux sociétés pétrolières. Le gouvernement prétend que tout le monde doit payer pour la crise qui frappe durement le pays, mais il brade les stocks de pétrole et de gaz et réprime les militants qui protestent contre cette politique.

Les chiffres du Département pour la Communication, l’Energie et les Matières Premières suggèrent que presque 540 milliards d’euros de ressources naturelles ont littéralement été offertes à des multinationales. Voilà le résultat des accords conclus dans les années 1980 et 1990, accords qui n’ont été remis en cause par aucun des différents gouvernements qui se sont succédés depuis lors. Depuis plusieurs années, une campagne à ce sujet est menée à Rossport et la population locale, fortement impliquée, a été réprimée a plusieurs reprise lors des diverses actions. Une militante a même été condamnée à 28 jours de prison. Détail piquant, cette condamnation a été prononcée par un juge marié à un ministre du Fianna Fial en fonction à ce moment-là… Le Socialist Party, la section de notre Internationale en République irlandaise, participe lui aussi à ce combat, et exige la nationalisation du secteur pétrolier et gazier pour que la priorité ne soit plus mise sur la soif de profit des grands actionnaires, mais bien sur la sécurité, l’approvisionnement en énergie bon marché pour la collectivité et le développement d’énergies renouvelables.

Vendredi dernier, une délégation du Socialist Party comprenant le député européen Paul Murphy s’est rendue à Rossport pour une action de la campagne ‘‘Shell to Sea’’. Cette action visait plus spécifiquement la construction d’un pipeline à haut risque de la multinationale bien connue Shell.

Paul a expliqué par la suite : ‘‘J’ai vu et ai été concrètement victime de la violence qu’utilise quotidiennement la police contre les manifestants. J’ai participé à un sit-in pacifique en face d’un camion de Shell. Pour dégager notre protestation non-violente, la police a eu recourt à un degré de violence délibérément choisi pour blessé les manifestants.

‘‘Les agents de police se sont criés, à plusieurs reprises, qu’ils devaient expressément viser les zones sensibles. Il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre ce que cela voulait dire. J’ai moi-même reçu plusieurs coups à la tête et ai été violement attrapé et tiré sur le sol.

‘‘Je n’ai pas été le seul manifestant à subir ce degré de violence, bien d’autres ont été traités de façon similaire. Il s’agit d’un bien sinistre développement que la police vise aussi clairement et ouvertement les zones sensibles pour frapper. C’est une tentative délibérée pour infliger des peines très douloureuses aux manifestants et ainsi les décourager de protester à nouveau par la suite. Ce développement est dans la droite ligne de la brutalité à laquelle fait face la population de la région depuis des années, et elle doit être condamnée.

‘‘J’appelle à une enquête publique immédiate, impliquant des représentants de la collectivité et du mouvement syndical, visant le comportement de la police ces dernières années à Rossport.’’

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