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Des jeunes de la N-VA impliqués dans un nouveau club d’extrême droite ‘‘Schild en Vrienden’’

  • Dries Van Langenhove (du cercle conservateur catholique KVHV) organise un groupe néo-fasciste « identitaire ».
  • Ce club a organisé des séances d’entraînement au combat durant son camp d’été et était le service d’ordre d’un meeting de Francken à Gand.
  • Ce groupe est alimenté par les provocations ‘‘trumpiennes’’ de Francken.

On a récemment pu voir apparaître dans les rues des villes étudiantes flamandes des autocollants portant pour slogan : ‘‘Mieux vaut être mort que rouge’’ (Liever dood dan rood), « C’est déjà la faute des socialistes », « Bouclier et ami » (Schild en vriend’’ (1) ) et « Finissons-en avec COMAC » (Maak komaf met COMAC). Cette campagne d’autocollants est l’œuvre de Schild et Vrienden, un club d’extrême droite composé de membres du NSV (cercle étudiant officieux du Vlaams Belang), du KVHV (cercle étudiant catholique conservateur) et des jeunesses de la N-VA.

Par Koerian (Gand)

Les débuts d’une milice privée

Le groupuscule est né au printemps dernier d’une action conjointe des membres des associations étudiantes susmentionnées lors d’une manifestation contre l’arrivée de Theo Francken à l’université de Gand (Ugent). Ils se tenaient le long du sentier avec des pancartes proclamant ‘‘Des frontières sûres = un avenir sûr’’. Dries Van Langenhove, membre du KVHV et représentant étudiant au conseil d’administration de l’Ugent, avait pris les devants dans ces actions. Le Vif écrivait en mars dernier que Dries Van Langenhove participe aux activités du réseau identitaire européen. Il aurait commencé à poser les bases d’une « Fédération flamande des identitaires » en septembre 2016. Shield en Vrienden pourrait bien en être le résultat.

Ces personnages ne sont pas unis par un véritable programme politique, mais par une haine commune des migrants et de la gauche et par un certain romantisme flamand (comme en témoigne le ‘‘1302’’ sur leurs t-shirts, année de la bataille des Éperons d’or). À en croire l’Instagram de Schild en Vrienden, la formation au combat était particulièrement centrale lors de leur camp d’été.

Ce groupe comprend Stijn Everaert, secrétaire de la N-VA pour Alost et ses environs, Brieuc Suys, cofondateur du réseau réactionnaire flamand SCEPTR et Michiel Vantongerloo, ex-responsable du KVHV à Gand qui c’était fait remarqué par les médias en criant ‘‘du cyanure pour le FDF’’ lors d’une soirée électorale de la N-VA en mai 2014. La fine fleur de la jeunesse d’extrême droite flamande était aussi invitée. Cette année, ils étaient impliqués dans une affaire d’intimidation sexuelle et de menaces de mort contre des membres de Comac. Il semble vouloir aller plus loin que le simple activisme sur Internet et passer à l’intimidation physique. Lors des manifestations en faveur des droits de l’Homme et contre la politique migratoire de Francken, ils viennent systématiquement provoquer les manifestants avec des slogans xénophobes.

Encouragés par les provocations de Trump

Le fait que de tels groupes extrémistes émergent aujourd’hui n’est pas étonnant. Le gouvernement essaie de vendre sa politique d’austérité en cherchant des boucs émissaires pour la pauvreté et la misère qu’il crée. Theo Francken balance une nouvelle attaque ou mesure raciste chaque fois que les déclarations socio-économiques optimistes du gouvernement sont mises à mal. Il suffit de penser à la collaboration avec la dictature soudanaise. Des individus comme Dris Van Langenhove se sentent renforcés par cette situation. Ils pensent qu’ils ont l’opinion publique dans la poche et partent à l’offensive contre les syndicats, la société civile et la gauche.

Cette confiance est toutefois erronée. La majorité de la population n’a toujours rien à voir avec la haine de Shield et Vrienden. Aux États-Unis, plusieurs mouvements d’Alt-Right et de néonazis estimaient que le vent allait souffler dans leurs voiles après la victoire de Trump. Cependant, une mobilisation de 40.000 antifascistes à Boston après le drame de Charlottesville les a renvoyés dans leurs égouts : l’extrême droite n’a pas sa place dans nos rues. Le lendemain, des dizaines de réunions de l’Alt-Right ont été annulées partout aux États-Unis et les néonazis se sont retranchés derrière leurs claviers et sur Internet. La jeune militante tuée à Charlottesville doit cependant nous rappeler le danger que représente l’extrême droite. En Belgique aussi, nous devons répondre à toute manifestation ou action de Shield en Vrienden avec une mobilisation de masse, pour repousser tous les Van Langenhoves de ce monde hors de notre espace public.

(1) Référence aux ‘‘matines de Bruges’’, le massacre d’un millier de partisans du roi de France survenu en 1302 à Bruges.

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