12 novembre : manifestation nationale de la Coordination des sans-papiers

Depuis presque 1 an et demi, des groupes de sans-papiers subissent les assauts du gouvernement actuel et de ses politiques migratoires répressives, en Belgique en général et à Bruxelles en particulier. User de racisme, de discrimination et de répression afin d’écraser le migrant : c’est la devise du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Theo Francken.

Par Rabia, militant sans-papiers membre du PSL et de la coordination des sans-papiers de Belgique

Tandis que les néonazis peuvent librement manifester leur haine, se rassembler et obtenir des locaux (comme c’était le cas du regroupement néonazi européen APF à Ixelles), les migrants, eux, sont de toutes parts victimes de rafles, d’oppression et d’expulsions violentes. Ces dernières années, les expulsions de migrants, la répression policière, ainsi que les contrôles sont devenus systématiques et quotidiens (dans les bus, les trams, les métros, les trains,…).

La situation des personnes sans-papiers est des plus précaires. Sans droit, ils sont obligés d’accepter les pires jobs au noir, avec des salaires de misère et sans protection. Cette politique consciente vise à exercer une pression vers le bas sur l’ensemble des salaires et des conditions de travail de la population belge et ainsi diviser les travailleurs pour mieux faire passer les politiques d’austérité.

Les sans-papiers travaillent dans l’ombre, sans droits, pour rénover le métro, construire des bâtiments, soigner des malades, garder des enfants, assurer la plonge et le nettoyage dans l’Horeca,… La plus-value de leur travail va dans les poches de leurs employeurs, alors qu’eux gagnent moins que le revenu minimum garanti et n’ouvrent aucun droit à la Sécurité sociale par leur travail. Quand des travailleurs si flexibles se trouvent à portée de main, pourquoi donc engager d’autres travailleurs qui, en plus, coûtent plus cher ? Se développe ainsi une économie informelle qui profite aux patrons. Profitant de la précarité administrative de plus de 100.000 travailleurs sans-papiers (selon les estimations les plus courantes), elle exerce une pression à la baisse sur les salaires et sur les conditions de travail, sans parler de l’absence de cotisations pour la Sécurité sociale.

Ces attaques contre la couche la plus précarisée de la population s’inscrivent dans une offensive plus globale contre l’ensemble des travailleurs. Elles démontrent à quel point les un comme les autres ont des intérêts communs, et à quel point ils doivent se battre ensemble contre ceux qui les exploitent.

Pour la régularisation de tous les sans-papiers !

Malgré les difficultés, le mouvement des sans-papiers continue de s’organiser et de manifester pour exiger des droits légitimes. Ainsi, la Coordination des sans-papiers organise une grande manifestation nationale le 12 novembre prochain. Les militants sans-papiers du PSL soutiennent cet appel et estiment, en effet, que la mobilisation des sans-papiers et de leurs soutiens est incontournable pour mettre un terme à cette politique raciste.

Les revendications de la coordination sont simples : la régularisation de tous les sans-papiers, le droit au logement, l’abolition des centres fermés, la liberté de circulation, l’arrêt des expulsions et de la criminalisation des sans-papiers, la fin du racisme et de l’hypocrisie de l’État, le respect des droits fondamentaux comme l’accès aux soins médicaux, à l’éducation et à la formation.

Mais tout cela doit être couplé avec une lutte incessante pour l’unité du mouvement de tous les travailleurs contre les politiques d’austérité et le racisme, pour une société libérée de toutes les inégalités, pour une société socialiste !

À l’échelle internationale, la politique migratoire de Francken ne fait pas figure d’exception. Le 10 août dernier, le cabinet britannique de gestion de risques Verisk Maplecroft a publié un rapport sur l’augmentation du risque d’esclavage moderne. Aujourd’hui, 46 millions de personnes à travers le monde seraient touchées par la ‘‘traite des êtres humains et les formes d’exploitation inhérentes’’. Selon l’agence britannique, et sans surprise, le risque d’esclavage moderne aurait explosé dans les trois quarts des pays de l’Union européenne, notamment en Belgique.

Aux USA, la politique raciste de Trump a favorisé une augmentation de l’émergence de groupes d’extrême droite et cela leur a donné la confiance pour commettre des exactions. La présidence de Trump est une expression de la crise profonde dans laquelle est plongé le capitalisme. La colère de la population n’a fait que croitre face à l’explosion des inégalités et à la généralisation de la précarité.

C’est pour cette raison que nous devons nous opposer à ce système qui engendre misère et exploitation et qui repose sur la guerre et le pillage néocolonial poussant tant de personnes à fuir leur région au péril de leur vie.

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