Le racisme et l’austérité, copains comme cochons

Triste constat : depuis deux législatures, le politicien le plus apprécié en Flandre est le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, avec également une impressionnante popularité du côté francophone. Maggie De Block s’était déjà sinistrement distinguée par de féroces déclarations et une politique foncièrement antisociale. Mais Theo Francken est parvenu à propulser la discrimination contre les réfugiés à des années-lumière de ça.

Par Sander (Gand)

Il essaie de concentrer tout le débat sur la sécurité, sur ‘‘des frontières sûres’’ et d’adopter une politique migratoire inspirée par le Vlaams Belang. De la sorte, il espère dévier l’attention des conditions de vie toujours plus exécrables dans lesquelles sont plongés la plupart des travailleurs. Ce n’est pas innocent. La politique asociale de ce gouvernement et son racisme toujours plus ouvertement exprimé puisent leurs racines dans le capitalisme.

Blâmer les victimes…

Depuis sa nomination en tant que secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Francken apparait quasiment tous les jours dans les médias avec des déclarations nauséabondes : du ‘‘nettoyage’’ des réfugiés du parc Maximilien aux ONG accusées d’encourager la traite d’êtres humains en sauvant la vie de milliers de personnes dans les eaux de la Méditerranée ! À chaque fois que l’on parle de personnes qui veulent échapper à la misère économique ou à la guerre dans leur pays, il saute sur l’occasion pour tenter de diaboliser tous ceux qui les aident.

Quand Francken est recadré par le Premier ministre, il ne s’agit généralement que de vocabulaire, sans que soit contestée la brutalité de sa politique. Francken est un néolibéral chevronné qui ne croit qu’aux mécanismes du libre marché. Les guerres, les réfugiés et les crises économiques sont des éléments inévitables de ce système. Mais pour lui, les victimes du système sont elles-mêmes responsables de leurs problèmes. C’est l’essence de la politique de stigmatisation de Francken & Co.

… pour poursuivre la politique de casse sociale

La destruction de l’État-providence et la privatisation d’à peu près tout ce qui devrait servir la population se poursuivent à une cadence soutenue, même si ces phénomènes étaient déjà en cours depuis de nombreuses années. Les choses deviennent caricaturales jusqu’au ridicule : des milliards d’euros sont consacrés à l’achat de nouveaux avions de chasse tandis que le secteur des soins de santé est saigné à blanc.

Quiconque ne suit pas la stricte logique néolibérale est soumis à la même diabolisation brutale que celle qu’exerce Francken contre les réfugiés. Toute action syndicale devient ainsi prétexte de réactions houleuses de la part des médias traditionnels et du gouvernement. Cela va jusqu’à une répression pure et simple, avec menace de limiter le droit de grève et poursuites engagées contre des syndicalistes. S’opposer à la politique de casse sociale ne se fait pas sans risque.

Le racisme est inséparable du capitalisme

L’hypocrisie des dirigeants du gouvernement atteint des sommets. Dans les années ‘90, les politiciens traditionnels se sont battus contre le programme en 70 points du Vlaams Blok. Depuis lors, près de la moitié de ces points ont été mis en œuvre par les partis traditionnels. Il est d’ailleurs plus difficile au Vlaams Belang de se profiler aujourd’hui.

Le racisme est ancré dans l’ADN de ce système qui ne profite qu’à une petite minorité. Cette dernière a tout intérêt à diviser la majorité sociale pour renforcer sa propre position en montant les différentes couches de la population les unes contre les autres.

Il va sans dire que Theo Francken est un élément des plus dangereux sur ce plan. Mais le problème est bien plus profond que ses tweets dégueulasses ou ses appels ouvertement opposés aux droits de l’Homme. Ce système en pleine décomposition ouvre la voie à des politiciens comme Francken et Trump.

Pour définitivement stopper le racisme, il nous faut une société où les décisions économiques et politiques seraient réellement entre les mains de la majorité de la population, une société qui vise à accroître le bien-être de tous. Cela commence dans la rue, en luttant pour nos droits.

Manifestation contre Francken à Anvers

Ce 26 octobre, nous manifesterons à Anvers contre Theo ‘‘Trump’’ Francken. Suite à l’appel lancé par la campagne antifasciste Blokbuster et par les Étudiants de Gauche Actifs (EGA), un second appel a suivi de la part de Comac (organisation de jeunesse du PTB). Nous saluons le fait que ces jeunes s’impliquent activement dans la lutte contre le racisme et l’extrême droite. Nous avons donc proposé de nous rejoindre. Jeudi 26 octobre, 17h30 De Coninckplein.

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