Ecole d’été du CIO : Résistance croissante contre la politique antisociale en Irlande

Lors de l’école d’été du CIO, les deux parlementaires du CIO en Irlande étaient présents, de même que Paul Murphy, député européen, lui aussi élu en Irlande. Ils ont pris part à plusieurs discussions. Lors de la discussion sur l’Europe, Clare Daly (élue au Parlement irlandais dans la circonscription de Dublin-Nord) a pris la parole au sujet de la résistance qui se développe dans son pays.

Alors que le gouvernement irlandais va partout répéter que l’Irlande n’est pas la Grèce, beaucoup de gens se demandent pourquoi les irlandais ne réagissent pas comme les masses en Grèce. Ils se demandent pourquoi la résistance n’est pas encore plus grande contre cette politique unilatéralement favorable aux banquiers et aux spéculateurs.

Mais aux élections, la population a voulu punir les dirigeants traditionnels, et le Fianna Faill a connu une descente aux enfers historique. Sur ces dernières 85 années, ce parti a participé au gouvernement durant 65 d’entre elles. Durant des années et des années, ce parti a été le plus grand parti d’Irlande, mais cela est maintenant totalement changé. Dans la capitale, à Dublin, le Fianna Fail a encore un siège, soit la moitié de ce que nous avons obtenu avec le Socialist Party, et un quart de ce qu’a obtenu l’ULA, United Left Alliance, l’alliance que nous avons initiée et qui a en tout remporté 5 sièges au Parlement, dont les deux nôtres. Cette chute du parti historique de l’élite dirigeante exprime la profonde volonté de changement qui vit parmi les couches larges de la population.

Mais le nouveau gouvernement mène une politique exactement similaire à celle du précédent. Si l’on rassemble l’ancien gouvernement et l’actuel, on obtient 130 sièges sur 166 au Parlement. Il est donc clair que l’opposition à la politique antisociale n’est pas représentée à la mesure de ce qu’elle devrait. D’ailleurs, le nouveau gouvernement a directement perdu du soutien, dès que l’orientation de sa politique ne faisait plus aucun doute. Quant aux dirigeants syndicaux, ce n’est pas eux qui vont tenter de donner une expression au mécontentement populaire. Aux dernière élections, ils ont appelé à voter pour le Labour, le parti travailliste qui est maintenant au pouvoir, et ils sont restés pieds et poings liés à la logique parlementaire, ils n’ont rien organisé.

Le fossé est gigantesque entre la volonté des masses de faire quelque chose et l’étape actuelle de construction d’une voie de sortie. Les masses refusent de payer pour la crise, mais ne voient pas bien comment concrétiser cette volonté. En Irlande, il y a actuellement un demi-million de chômeurs, et un quart de la population dispose à peine de 20 euros par semaine après avoir payé ses besoins de base. Malgré cette situation de crise, le nombre de millionnaires en Irlande a augmenté de 2000 personnes depuis le début de la crise: la polarisation des richesses est énorme. Entre les travailleurs très mal payés et les chômeurs, ceux qui vivent bien dans le pays constituent une minorité.

Les partis qui constituent le gouvernement actuel avaient promis de diminuer le rythme des économies. Ils ont menti. Des coupes d’austérité supplémentaires arrivent maintenant dans la santé publique et dans l’enseignement. Contre cela, la résistance se développe, et il y a par exemple eu des milliers de manifestants contre la fermeture d’hôpitaux locaux. A titre d’exemple, le Premier ministre n’a pas pu aller regarder un match de football de l’équipe locale de son district électoral, les supporters de l’équipe adverse s’étant mobilisés pour exprimer leur mécontentement concernant la fermeture d’un hôpital dans leur quartier au cours du match.

Le gouvernement n’a pas encore 100 jours, mais un de ses membres a déjà démissionné. C’est un gouvernement très instable. Ce n’est que le début, à l’automne, le gouvernement devra appliquer les mesures du FMI, faites de coupes sévères: impôts sur le logement, santé, éducation,… Il rencontrera la résistance des masses.

Dans la période à venir, ce que l’ULA va pouvoir construire comme campagne sera un élément crucial. Il est nécessaire de développer une forte opposition de gauche sur le plan politique également. Le Sinn Fein, par exemple, a toujours été contre les coupes en paroles, mais n’a jamais rien fait pour organiser la résistance. Notre parti, le Socialist Party, est directement responsable de cette organisation, et nous l’avons déjà démontré, notamment lors de précédentes attaques dans l’enseignement spécialisé. Nous avons concrètement mobilisé avec les parents des patients et le personnel contre la réduction de budgets dans l’enseignement spécialisé. Beaucoup de parents ou de professeurs étaient véritablement en colère de voir le gouvernement s’en prendre ainsi aux plus faibles, mais ils ne savaient pas bien comment organiser ce mécontentement. Nous avons pris l’initiative de lancer une plate-forme et une manifestation avec eux, ainsi qu’avec d’autres parlementaires indépendants, et 1.000 personnes ont ainsi défilé au Parlement. Cela peut constituer une bonne base pour une large campagne sur ce thème.

En septembre, de nouvelles actions suivront. Le gouvernement poursuivra ses attaques, et nous assurerons que l’hiver prochain sera un hiver de résistance.

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