Espagne : Le mouvement des jeunes s’étend

“Je ne veux pas être esclave de ce système’’

Durant la soirée du mardi 17 mai, le mouvement d’opposition des jeunes qui s’est développé en Espagne a conduit 150.000 personnes à occuper les places de pas moins de 57 villes et villages.

Le mouvement – ‘Une vraie démocratie maintenant’ – se poursuit et s’étend. Malgré les tentatives du gouvernement du PSOE de briser les protestations, le week-end à venir devrait connaître une nouvelle croissance de la rébellion des jeunes. Ce mouvement est maintenant le thème dominant dans les discussions à travers le pays.

Les élections locales se tiennent dimanche prochain en Espagne et l’un des principaux appels lance par les jeunes est ‘‘ne votez pas pour eux’’. ‘Eux’, c’est le parti soi-disant ‘socialiste’ PSOE et l’opposition de droite du PP.

Le sentiment parmi les manifestants est très profondément anti-banquiers et anti-riches; contre le système et le Loi du marché. Les banderoles lors des protestations clament “Nous ne sommes pas des marchandises destinées à être achetées et vendues” ou encore “je ne veux pas être esclave de ce système”.

“Révolution”

Tous les jeunes impliqués s’identifient à l’idée générale de “révolution”, sans toutefois en avoir une idée claire. Certains appellent au “changement” du “système” tandis que d’autres ont très clairement l’idée de s’opposer au capitalisme. Par contre, il n’y a aucune clarté concernant ce par quoi le capitalisme peut être remplacé.

A Madrid, le PSOE avait prévu de tenir son dernier meeting de campagne Puerta del Sol, mais les jeunes occupant la place et les dirigeants du PSOE doivent tenir leur meeting ailleurs dans le centre ville. Le gouvernement du PSOE a encore une fois condamné la jeunesse pour ses protestations et a appelé à vidé la place.

Même s’il s’agit d’un mouvement de la jeunesse, de nombreux travailleurs plus âgés regardent ces protestations avec solidarité. A Madrid, des rapports font état de centaines de travailleurs venus soutenir les jeunes la nuit dernière, eux-mêmes amicaux face à ce renfort. Mais les jeunes sont fermement aliénés et même hostiles face aux syndicats, à la suite du rôle qu’a joué la plupart des dirigeants syndicaux dans le passé. De nombreux travailleurs partagent ces critiques.

Le CIO en Espagne appelle à l’unité maximale entre travailleurs et jeunes, pour une grève générale et la formation de comités de lutte impliquant les travailleurs et les jeunes. Nous exigeons de ne pas payer la dette nationale, de nationaliser les banques et les secteurs clés de l’économie sous le contrôle et la gestion des travailleurs, et défendons un programme socialiste de transformation de la société.

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