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[10/10 – La parole aux grévistes] Un délégué du CPAS de Liège

Lors d’une grève du CPAS à Liège en juin 2016, un piquet de grève d’information avait été organisé, avec les tracts des différents syndicats et organisations politiques qui avaient visité le piquet. On y trouvait aussi des panneaux d’information expliquant la situation du moment et l’impact de l’austérité budgétaire. Le personnel avait fait des banderoles et de petites affiches pour aborder différents thèmes. Un délégué nous avait expliqué: ‘‘Nous voulons fournir autant d’informations que possible, rendre les tracts disponibles,… afin de pouvoir non seulement atteindre les syndicalistes mais aussi ceux qui ne participent pas régulièrement à des activités syndicales ou à des manifestations. Si quelqu’un n’est pas informé, nous devons nous assurer que l’information arrive à cette personne.’’

La colère gronde dans l’ensemble des services publics. Des années de fonctionnement avec des moyens insuffisants ont alimenté une grande frustration, tant parmi le personnel qu’auprès des usagers. Les raisons de participer à la journée d’action du secteur public du 10 octobre sont nombreuses. Et qui pourrait expliquer cela mieux que les grévistes eux-mêmes ?

On nous demande de plus en plus de contrôler plutôt que d’aider les personnes

‘‘Au CPAS de Liège, ce n’est pas un secret que ça craque de partout et depuis pas mal de temps. L’augmentation de la charge de travail a augmenté drastiquement depuis l’arrivée des exclus du chômage vers nos services. L’histoire est la même que partout ailleurs dans les services publics : il faut faire beaucoup plus avec beaucoup moins : suivre plus de dossiers, plus complexes, avec plus de procédures,… avec moins de moyens humains, notamment par le non-remplacement de départs, et des moyens inadéquats, avec parfois même pas un bureau pour des collègues de l’accueil.

‘‘Tout ça dans un climat général de réorientation de nos missions : on nous demande de plus en plus de contrôler plutôt que d’aider les personnes alors que nous sommes dans un contexte de paupérisation croissante de la population. Le besoin en aide sociale augmente mais nos moyens sont constamment réduits.

‘‘Tout ça entraîne beaucoup de fatigue et de lassitude chez les collègues. On ne compte plus les burnout. Alors, les propos méprisants du gouvernement sur les services publics passent plutôt mal. Sans compter les attaques directes sur nos pensions, nos statuts et nos conditions de travail qui elles aussi témoignent d’un mépris prononcé.’’

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