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Grève du 10/10: Je suis SOLIDAIRE

Une action unifiée peut stopper le gouvernement

Tant qu’il le peut, le gouvernement Michel, héritier de Thatcher, fera tomber l’un après l’autre chaque symbole du mouvement ouvrier. Il nous fait travailler jusqu’à 67 ans et limite de plus en plus l’accès à la prépension. Il y a eu le saut d’index. Les prix de l’électricité et de l’eau pèsent de plus en plus sur les ménages.

Par Peter Delsing

Les réductions d’impôts concernent surtout les plus riches et les grandes entreprises : l’accord d’été du gouvernement prévoit une baisse de l’impôt sur les sociétés, qui passera de 33,99% officiellement à 25% pour les grandes entreprises d’ici 2020. Ainsi le gouvernement organise-t-il un déficit permanent sur son budget.

Tous ces cadeaux fiscaux néolibéraux et les coupes budgétaires contre les travailleurs menés au cours de ces 35 dernières années n’ont pas encore eu de résultat ! De décennie en décennie, la croissance économique diminue. Les grandes entreprises préfèrent planquer leurs profits dans des paradis fiscaux plutôt que de les investir dans la productivité. Seule la politique de ‘‘prêts bon marché’’ maintient le système debout depuis la crise de 2008 partout dans le monde. Et aux Etats-Unis, on veut y mettre un terme…

Le droit de grève aussi est sous attaque néolibérale. Le gouvernement veut introduire un ‘‘service minimum’’ dans le chemin de fer. En s’attaquant à ce secteur à forte tradition combattive, le gouvernement essaye de faire un exemple pour tous les travailleurs. S’ils réussissent à briser notre résistance, les attaques générales contre notre niveau de vie s’accélèreront.

Avec l’accord d’été, le gouvernement veut briser les services publics par l’introduction du travail intérim et, ce, alors que de nombreux contrats temporaires sont déjà en cours dans de nombreux services. Stop à l’insécurité de l’emploi et aux attaques sur contre le statut des fonctionnaires ! Stop à la casse du droit de grève par la généralisation des contrats précaires qui compromettent l’unité et la capacité de combat des travailleurs ! Il faut refinancer les services publics par une hausse des impôts sur les plus riches, avec un réel prélèvement des taxes sur les grandes entreprises et en allant chercher le capital qui dort dans les paradis fiscaux !

La FGTB Liège-Huy-Waremme appelle l’ensemble de ses secteurs professionnels à rejoindre la grève de la CGSP le 10 octobre. Cette unité nous montre la voie. Le privé a suffisamment de raison de partir en action lui aussi ! Avec les attaques contre les pensions. Avec la loi Peeters et ‘‘l’annualisation du temps de travail’’ qui augmente le temps de travail lors des pics de production au détriment de la vie privée.

Avec les tentatives visant à faire passer une sorte de ‘‘statut intérim permanent’’ dans les conventions collectives de travail. Cela menacerait les salaires et les conditions de travail de tous les travailleurs. Les directions syndicales doivent dire non à cela !

C’est malheureusement souvent là où le bât blesse. Marc Leemans (CSC) trouve que ‘‘faire grève’’ n’est pas la bonne manière de réagir aujourd’hui. Mais comment allons-nous pouvoir stopper ce gouvernement thatchérien autrement que par la grève ? Ils n’écoutent rien d’autre. De nombreux militants sont scandalisés par ces dirigeants qui ne prennent pas les mesures nécessaires pour élaborer un plan d’action de mobilisation et de grèves clair et unifié. Avec participation et droit de décision pour tous les membres actifs dans le mouvement. Début septembre, les syndicats auraient dû mobiliser leurs militants sur le plan régional ou par secteur pour discuter de la riposte à organiser contre l’accord d’été, avec éventuellement une concentration syndicale nationale. Une action de grève commune visant la chute du gouvernement devrait, selon nous, être un point de discussion central. A la suite de quoi nous devrions mobiliser nos collègues et l’opinion publique plus large avec un plan crescendo de manifestations et de grèves.

Le PTB devrait, selon nous, ensemble avec d’autres militants combattifs, prendre la tête d’une large coalition sociale incitant à la participation de chaque courant et individu et ainsi soutenir et étendre le mouvement de résistance. Avec une discussion libre sur le programme, les revendications et la stratégie d’une telle coalition sociale, comme préparation pour l’obtention d’un vrai gouvernement pour et par les travailleurs et la jeunesse.

Ce ne sont pas seulement les services publics, mais nos vies qui peuvent être transformées par la richesse que nous produisons, pour peu que nous les ayons en main. Le capitalisme doit faire place à une planification démocratique de l’économie. Dans les syndicats, dans les quartiers et parmi les jeunes, nous devons relier la lutte contre le gouvernement Michel à la lutte pour des instruments politiques et un programme de rupture. Le socialisme démocratique pourrait en finir avec l’incertitude, la pauvreté, le chômage et la dégradation sociale du capitalisme.