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Dire non, et après ? Contre la stratégie du choc de Trump – Naomi Klein

Dire non, et après ? Contre la stratégie du choc de Trump, le nouvel ouvrage de Naomi Klein (La Stratégie du choc : Montée d’un capitalisme du désastre, Tout peut changer: Capitalisme et changement climatique,…) dévoile ce qu’est le monde de Trump. Son vice-président Mike Pence a joué un rôle prépondérant dans la gentrification raciste de la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina en 2005. En quelques années, le système scolaire de cet Etat est devenu l’un des plus privatisés au monde. Trump lui-même a profité de la crise fiscale de New York en 1976 pour 9,5 millions de dollars de biens immobiliers. Il a ensuite loué ceux-ci à la ville. En 2016, cela avait déjà coûté 360 millions de dollars à la collectivité.

Critique de Laura Fitzgerald

Klein considère Trump comme une intensification du virage néolibéral qui existe depuis des décennies sous le capitalisme. Ironiquement, Trump a mené une campagne populiste contre les entreprises américaines qui ont déplacé leur production à l’étranger. Il a pourtant délocalisé ses entreprises de façon agressive lorsqu’il a davantage concentré son empire sur l’immobilier.

Avec ce nouveau livre, Naomi Klein poursuit sa critique brûlante du néolibéralisme commencée dans La Stratégie du Choc il y a dix ans. Elle écrit notamment : ‘‘Le néolibéralisme est une forme extrême de capitalisme qui a commencé dans les années 1980, sous Ronald Reagan et Margaret Thatcher, mais qui, depuis les années 1990, est devenu l’idéologie dominante de l’élite mondiale, indépendamment de la couleur de leur parti’’. Le néolibéralisme comprend, entre autres, la privatisation des services publics, la recherche de profits grâce à l’expansion du capital financier, le transfert d’usines vers le monde néocolonial où les salaires sont écrasés,…

Naomi Klein tire beaucoup d’espoir du mouvement autour de la candidature de la figure de gauche Bernie Sanders aux primaires démocrates en 2016. Elle affirme que tout mouvement de gauche doit combattre à la fois le statu quo économique et adopter un programme qui s’oppose au sexisme, au racisme et à toutes les formes d’oppression. Elle livre un message clair : dans la lutte, il ne faut pas nous limiter à un seul thème. Elle soutient également que défendre la construction d’une nouvelle société renforce les mouvements pour le changement. Malheureusement, sa critique sophistiquée du capitalisme ne va pas de pair avec une alternative solidement élaborée. Dire qu’il ne faut plus dépendre des banques et établir des projets énergétiques dirigés par la collectivité, cela vaut mieux que le statu quo, mais cela ne règle pas le fond du problème.

Nous devons prendre le pouvoir des mains de l’élite capitaliste qui menace l’avenir de notre belle planète. Nous devons exproprier ses richesses et placer les secteurs clés de l’économie sous contrôle public et démocratique, au moyen d’un large mouvement des travailleurs et de tous les opprimés. Ce n’est qu’ainsi que les besoins des gens et de la planète seront enfin centraux.

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