Pas touche à nos prépensions!

Les syndicats ne doivent pas négocier le recul, mais organiser la résistance

Les points de vue sur les prépensions sont tellement éloignées que les premières négociations prévues pour le 10 mars n’ont pas pu commencer. Le patronat utilise le vieillissement et le faible taux d’activité pour réclamer, entre autres, l’abolition de la prépension. Les syndicats disent, à juste titre, que le faible taux d’activité ne peut être résolu que par plus d’emplois et que les travailleurs ne peuvent pas être forcés de travailler plus longtemps alors qu’il y a plus de 600.000 chômeurs. Le gouvernement veut démanteler les prépensions, mais a peur des mouvements de masse éventuels.

Anja Deschoemacker

Le président de la CSC Luc Cortebeeck a déjà averti le gouvernement que ce genre d’attaque allait mener à «des actions dures», voire à une grève générale (De Standaard, 10/03/05). Les syndicats ont des propositions alternatives, par exemple l’augmentation du nombre d’emplois, surtout chez les jeunes, comme une manière de maintenir la sécurité sociale. Qui, à part le patronat, pourrait s’y opposer ? A côté de cela, les syndicats veulent lier le débat sur la fin de carrière à un financement alternatif de la sécurité sociale à travers une Cotisation Sociale Généralisée (CSG, une cotisation qui ne frappe pas seulement les revenus du travail).

Et là, on va dans une direction dangereuse. La nécessité d’un financement alternatif de la sécurité sociale provient du fait que, dans le passé, le système a été démantelé en diminuant les cotisations soi-disant patronales. Le système actuel nécessite une procédure de concertation avec les syndicats pour changer les règles, mais rien n’empêchera un gouvernement de droite de modifier unilatéralement le taux de la CSG. A première vue, négocier un financement alternatif peut sembler une bonne solution, mais cela peut entraîner la fin de la sécurité sociale telle qu’on la connaît aujourd’hui, ce qui sera tout bénéfice pour le gouvernement et le patronat.

La sécurité sociale est un acquis des luttes. Depuis la chute du Mur, ce système subit une pression croissante. Mais une large majorité de la population est attachée à la sécurité sociale et est disposée à lutter contre toute attaque.

Les syndicats doivent mobiliser cette volonté d’action et le grand soutien dans l’opinion publique pour refuser toute mesure de démantèlement et faire respecter par le patronat les vieux accords, acquis et droits dans le cadre de la sécurité sociale. Ce ne sont pas les travailleurs qui souhaitent donner moins à la sécurité sociale, mais bien les patrons. Ils cherchent en fait à diminuer nos salaires !

Ni augmentation du temps de travail, ni allongement de la carrière, mais abolition de tous les statuts précaires ! Imposons au patronat des boulots fixes et à temps plein ! Non à la libéralisation de La Poste et des chemins de fer, oui à des créations d’emplois dans les services publics présents et à venir ! Non aux boulots «soft», qui plus est mal payés, pour les travailleurs âgés (comme pour les femmes aujourd’hui), oui à la diminution du temps de travail pour tout le monde, sans perte de salaire et avec embauches compensatoires. Non à l’hyperflexibilité épuisante qui réserve les emplois bien payés (mais éreintants) aux hommes jeunes et en bonne condition !

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