Arcelor-Mittal: soif de profit et menaces sur l’emploi

Dans la sidérurgie liégeoise, les patrons ont toujours été connus pour battre le chaud et le froid… Les hauts-fourneaux ont ainsi connu une véritable saga faite de mise à l’arrêt, de relance, de re-fermeture, etc. suivant les aléas du marché des matières premières et de la concurrence dans le secteur. Nouvel épisode: Arcelor-Mittal a annoncé la probable mise à l’arrêt de plusieurs lignes de la  »phase à froid » liégeoise début 2011. Quelques 500 emplois sont directement concernés, frappés de chômage économique pour une durée indéterminée. Trois hauts fourneaux en Europe devraient subir le même sort.

De façon scandaleuse, cette annonce arrive après qu’ait été rendu public le montant d’impôt perçu par l’Etat sur la société anonyme Arcelor-Mittal Finance and Service Belgium (AMFSB), une des filiales d’Arcelor-Mittal: 496 euros seulement sur un bénéfice de près de 1,3 milliards d’euros ! Mais il en faut toujours plus… la multinationale de l’acier ne ménage pas ses efforts pour réduire les coûts. Dans son rapport d’activité pour l’année 2009, Arcelor-Mittal Belgium parlait déjà d’une  »réduction du coût du personnel », soit la suppression de 854 emplois cette année-là (11% des travailleurs). En termes d’heures annuelles prestées, il s’agit même de 18%.

Arcelor-Mittal se justifie en parlant de la hausse des prix des matières premières et de la concurrence de l’acier russe. En bref, impossible pour les travailleurs d’assurer une stabilité de vie dans le chaos d’une économie de spéculation et de concurrence. Quel plaidoyer contre la propriété privée des moyens de production… La vision à court terme du capitalisme ne conduit qu’à des ravages tant au niveau de l’environnement qu’au niveau de l’emploi.

Nationalisation sous le contrôle des travailleurs

Bien entendu, quand les travailleurs d’Arcelor-Mittal entendent parler de nationalisation, ils pensent en premier lieu à l’achat par l’État belge de Cokerill-Sambre (la fusion des activités des bassins sidérurgiques de Liège et de Charleroi) en 1981, qui a ensuite transmis l’entreprise à la Région wallonne. Toutefois, quand nous parlons de nationalisation, nous ne parlons pas d’une entreprise gérée dans le cadre du capitalisme et respectant sa logique, où les moyens de la collectivité sont utilisés pour provisoirement venir  »boucher les trous » en fonction des intérêts patronaux quand un secteur n’est plus suffisamment rentable.

Dans le cas de Cockerill-Sambre, ce processus a conduit à l’intégration dans le groupe Arcelor, la Région Wallonne restant le premier actionnaire d’un groupe essentiellement contrôlé par des fonds de pensions américains… c’est en 2006 qu’Arcelor est devenu Arcelor-Mittal suite à une OPA hostile de Mittal Steel (un rachat des actions d’une entreprise par une autre sans accord préalable), numéro un de l’acier mondial.

La seule manière de préserver l’emploi tout en orientant l’activité vers une production écologiquement responsable et socialement utile est de procéder à une nationalisation sans rachat ni indemnité, sauf sur base de besoins prouvés (pour les vrais  »petits actionnaires »), sous le contrôle démocratique des travailleurs. Mais à terme, cela ne saurait être viable qu’avec l’instauration d’une société où les secteurs clés de l’économie seraient retirés des griffes du privé pour être collectivisés dans le cadre d’une économie démocratiquement planifiée, c’est-à-dire totalement soustraite du chaos de l’économie capitaliste.

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