Logement social: discrimination

A Anvers, les sociétés de logements sociaux veulent introduire le critère de la connaissance du néerlandais pour pouvoir accéder à un logement social. Selon eux, cette connaissance est nécessaire pour améliorer la viabilité dans les quartiers. Une société l’applique déjà, alors que c’est interdit. Mais actuellement, le gouvernement travaille sur une nouvelle loi qui devrait vite permettre à ces sociétés de faire comme bon leur semble.

Karel Mortier

Avec cette nouvelle loi, les localités devraient pouvoir disposer de plus de marge de manœuvre, et ainsi pouvoir fixer leurs propres critères déterminant les conditions d’accès aux logements sociaux, tout en prétextant que la réforme servira mieux les besoins locaux. En réalité, il s’agit d’un certificat donné aux localités pour évincer les immigrés et les personnes à bas revenu. En s’orientant vers la connaissance de la langue néerlandaise, la véritable discussion (celle sur la pénurie de logements sociaux en Flandre) est évitée. Le sous-financement structurel, la qualité des logements, la façon aberrante dont on construit les logements sociaux afin de réduire les coûts…. : voilà des problèmes dont les locataires doivent se soucier et qui sont bien plus importants que la connaissance défectueuse du néerlandais.

Au lieu d’investir dans plus de logements sociaux, le gouvernement divise pour mieux régner, c’est-à-dire qu’il dresse ceux qui ont besoin de logements sociaux les uns contre les autres. Pourquoi ne va-t-il pas chercher l’argent dans les entreprises qui ont doublé leurs profits en 2003 ? Entretemps, les chiffres montrent que les loyers de ces logements ont augmenté de 13,8 % sur ces trois dernières années. Sur celle que l’on vient d’entamer, les loyers des logements sociaux vont plus augmenter que sur le marché privé ! Mais pour lutter contre cette injustice, on ne peut pas compter sur les politiciens qui négligent les besoins des plus vulnérables dans la société.

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