Verviers : Les travailleurs de Cordenons perturbent la vente de leurs machines

GC Paper ex-cordenons était une papeterie de la régon de Malmedy dont le savoir-faire des ouvriers était unanimement reconnu. L’histoire de ces ouvriers est émouvante à plus d’un titre. Ces travailleurs en ont vu de toutes les couleurs au cours de l’année écoulée: l’ancien propriétaire de l’usine, l’italien gruppo cordenons, après une série d’erreurs de gestion dénoncées par la délégation, a voulu liquidé l’affaire en 2009 avant que des repreneurs ne se manifestent in extremis. L’entreprise est vendue pour l’euro symbolique mais les repreneurs découvrent un passif de 30 millions € et s’envolent dans la nature, laissant sur le carreau les 177 travailleurs de l’entreprise.

Par Simon Hupkens

En avril dernier, le tribunal de commerce prononce la faillite. Des curateurs sont désignés afin de liquider les biens de la société et de payer les créanciers. Les créanciers? Au premier chef, l’Etat, comme nous l’explique Thierry Sacré, ancien délégué principal (centrale générale) de Cordenons. Lorsque l’état s’est servi, viennent les fournisseurs impayés… et en dernier lieu on indemnise les travailleurs! C’est ainsi que ceux qui ont fait exister l’entreprise toute une vie durant se retrouvent à la porte sans un euro!

Les travailleurs de Cordenons, appuyés par une délégation de la centrale jeunes de la FGTB, sont venus ce jeudi perturber la vente aux enchères de leurs machines à l’hôtel des ventes de Verviers. Ils sont venus se présenter comme le premier lot de la vente: 177 travailleurs qualifiés et productifs. «Une façon de mourir debout» commente Thierry Sacré. Et d’enchaîner «C’est sûr que nous n’auront plus un franc mais nous voulons interpeler sur notre situation car d’autres pourraient être dans le cas. Nous pensons qu’il faut modifier la loi Renault pour empêcher le transfert de part d’une société sans qu’il y ait un contrôle. De même, nous disons que le tribunal de commerce doit communiquer à la délégation syndicale tout offre d’un repreneur potentiel. Aujourd’hui, il n’y a pas de transparence. Enfin, en ce qui concerne l’usine, nous demandons que le site reste en zone industrielle pour lui donner une chance de réouverture.»

Voilà comment un système aveugle et des pratiques patronales quasi-mafieuses jettent 177 travailleurs aux oubliettes. Ces situations écœurantes montrent la justesse de notre revendication de nationalisation sous contrôle des travailleurs. Les ouvriers de Cordenons, s’ils avaient étés appuyés par un mouvement d’ensemble de la part des syndicats mais aussi du mouvement social en général, auraient pu ainsi faire pression sur les pouvoirs publics afin qu’ils se présentent en repreneurs sous strict contrôle de la délégation et des travailleurs de l’entreprise. Car il ne faut guère se faire d’illusion sur la façon dont un gouvernement bourgeois peut gérer une entreprise: le profit serait, comme pour un patron capitaliste, le seul mot d’ordre.

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