La crise? Pas pour tout le monde…

Chez les banques, le champagne recommence à couler à flots!

Vous vous souvenez? Plus de vingt milliards d’euros avaient été nécessaires pour renflouer les banques dans notre pays. Et maintenant? Elles vont bien, merci. Mais cela ne nous regarde plus.

Par Geert Cool

Pour BNP-Paribas, l’occasion de racheter Fortis à bon prix était bien belle et fort prometteuse. A juste titre! En 2009, avec 5,832 milliards d’euros de profit dont 708 millions de l’ancienne Fortis, BNP-Paribas a doublé ses profits comparé à 2008. Où est passé cet argent? Dans les dividendes des actionnaires. Dexia aussi a fait des profits (pour 1,01 milliard d’euros) mais là aussi, c’est à destination des actionnaires.

Les hauts-dirigeants aussi se portent mieux. A Wall Street, les bonus ont augmenté de 17% en 2009. Cette année-là, le secteur financier américain a enregistré 55 milliards de profits. Les trois grandes banques d’investissement Goldman Sachs, JP Morgan Chase et Morgan Stanley ont augmenté leurs primes de 31%.

Pas mal d’économies ont été réalisées sur le dos du personnel et de la qualité du service en 2009, suite au début de la crise en 2008. En 2009, 2.900 emplois ont été perdus dans le secteur financier en Belgique (4% du secteur). Et si on trouvait encore 7.000 bureaux de banque, il n’en restait que 4316 en 2009. D’autre part, selon Test-Achats, les coûts d’un simple compte courant ont été augmentés de 21% entre 2007 et 2009 uniquement. Maintenant, la formation d’un “espace de payement européen” s’accompagne de l’unification des prix des services bancaires européens: payer plus pour moins de services. On nous avait dit que la crise allait changer les choses, qu’une période insouciante était derrière nous. Mais les 500 personnes les plus riches au monde ont vu leur patrimoine s’accroître de 50% en 2009. Pour les banques, les actionnaires et les riches, on peut à nouveau faire péter le bouchon de champagne. La collectivité a payé pour rafistoler le système, la collectivité pourra encore le faire.

Nous devons nationaliser l’intégralité du secteur financier et le placer sous contrôle de la collectivité. Les institutions financières et bancaires deviendraient ainsi une seule grande institution publique sous contrôle démocratique. Tout cet argent pourrait enfin servir aux besoins véritables de la population.

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