Unification du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO) et d’Izquierda Revolucionaria

Vous trouverez ci-dessous le document publique qui explique les raisons de la fusion de nos deux organisations qui a été votée lors d’une session extraordinaire de congrès mondial à l’occasion de l’école d’été du CIO qui s’est tenue à Barcelone en juillet.

1. Le présent document tente de développer les grandes lignes de la base politique d’un processus d’une grande importance, tant pour nos organisations que pour la lutte pour construire et développer les idées du marxisme à travers le monde : l’unification d’Izquierda Revolucionaria (IR) et du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO).

2. La discussion et l’approbation de ce document aussi bien dans les structures démocratiques de nos organisations qu’à la réunion d’unification prévue en juillet seront une étape décisive de notre unification. Cela se traduira par l’intégration des organisations d’IR dans l’État espagnol, le Mexique et le Venezuela au sein du CIO et ses structures en tant que sections nationales. Cela comprendra également la fusion d’IR et des organisations du CIO au Venezuela et dans l’État espagnol.

UNE NOUVELLE PERIODE POUR LA LUTTE DE CLASSE À TRAVERS LE MONDE

3. Cette unification historique a une base matérielle claire : le profond changement survenu dans la lutte des classes au niveau international suite à la crise capitaliste mondiale commencée en 2008. Loin d’avoir été résolue, cette crise fait encore rage aujourd’hui, elle s’approfondit et devient plus aiguë à chaque changement de la situation mondiale. Ces périodes de brusque changement et d’agitation se reflètent aussi invariablement dans l’évolution du mouvement ouvrier et de la gauche, y compris révolutionnaire, avec en conséquence des scissions, des réalignements et des fusions, à mesure que sont mises à l’épreuve les idées, les organisations et les tendances. Notre compréhension commune de cette nouvelle période et des réponses à apporter, de même que notre accord sur la méthode pour y intervenir et sur les tâches essentielles que cette période pose à la classe des travailleurs et au marxisme, constituent la base de notre unification.

4. La crise que traverse le capitalisme mondial est profonde et insoluble. Aucune des tentatives des classes dirigeantes du monde pour y faire face n’ont apporté de « solution » ou rétabli l’équilibre perdu du système, elles ont au contraire nourri le potentiel de nouvelles crises et conflits. Le pessimisme et l’appréhension des stratèges du capitalisme mondial en sont une réflexion. Un thème constant de cette nouvelle période est le manque de « légitimité » du capitalisme : dans le domaine économique, dans les relations mondiales, sur la question de l’environnement, le changement climatique. Cela a été socialement et politiquement reflété dans la conscience de millions de personnes. Par-dessus tout, au sein de la classe dirigeante, il existe une crainte réelle, quoique largement inexprimée, que les échecs évidents du capitalisme signifient que nous vivons « au bord du volcan », de bouleversements de masse et même de changements révolutionnaires.

5. La crise a complètement perturbé l’équilibre interne qui avait vu le jour durant la brève et relative stabilité qui dominait depuis l’effondrement du stalinisme. Cela est illustré par les crises politiques à travers le monde, qui sapent la stabilité des systèmes bipartisans de l’après-guerre dans les « démocraties » occidentales et de toutes les nuances de gouvernement dans le monde néocolonial. L’élection de Donald Trump, contre la volonté de la majorité de la classe capitaliste, et le défi de Bernie Sanders pour l’investiture démocrate sont des exemples de cette crise politique organique dans la plus grande puissance impérialiste du monde. En Europe, les systèmes à deux partis sont minés, ce qui reflète une énorme polarisation politique et sociale. Cela se reflète à droite avec des mini-Trumps, comme Marine Le Pen et compagnie. À gauche, cela se traduit par l’émergence de nouveaux partis et formations de gauche comme Podemos, le Bloc de gauche, la « France Insoumise » et précédemment SYRIZA, qui a maintenant viré à droite, ce qui souligne ce processus.

6. Dans les relations mondiales, cela se manifeste par la fin du monde « unipolaire » qui avait suivi le dégel de la guerre froide et l’effondrement du stalinisme. L’avènement d’un monde « multipolaire » plus instable dans lequel les USA ont perdu du terrain en faveur de la puissance économique chinoise émergente et, dans une moindre mesure, du militarisme russe, donne une image du nouvel équilibre mondial des forces. Tous les blocs et alignements internationaux bourgeois préexistants – l’Union européenne n’étant pas le moindre – ont été testés et sapés à mesure que le capitalisme a échoué à restaurer un équilibre stable dans les relations mondiales, perdu avec cette crise.

7. La crise économique mondiale de surproduction, caractérisée par une crise de l’investissement et un manque chronique de demande dans l’économie, n’est pas plus près d’être résolue qu’au moment de son déclenchement. Toutes les tentatives du capitalisme mondial pour corriger les problèmes fondamentaux ont lamentablement échoué. Les milliers de milliards de dollars injectés dans l’économie sous la forme « d’assouplissement quantitatif » n’ont nulle part approché les résultats escomptés en ressuscitant l’investissement ou la demande. Loin de représenter un nouveau moteur pour la croissance mondiale, comme espéré par de nombreux commentateurs bourgeois, la dernière phase de la crise a vu les soi-disant économies « émergentes » – avec la Chine à leur tête – plonger dans le tourbillon de la crise mondiale. La grève mondiale de l’investissement du Capital montre clairement l’obstacle que constitue la propriété privée de la richesse et des moyens de production, ainsi que l’État-nation, au développement de l’économie mondiale.

DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS POUR LE MARXISME RÉVOLUTIONNAIRE

8. La crise a déjà donné lieu à des changements profonds dans l’attitude et les perspectives de toutes les classes, plus significativement au sein de la classe des travailleurs, la jeunesse et les peuples opprimés à travers le monde. Les marxistes avaient prédit au début de la crise qu’elle marquerait le début d’une période de révolution et de contre-révolution, ce qui a constitué la teneur des événements depuis lors. Des bouleversements révolutionnaires du « printemps arabe » en 2011 aux mouvements de masse contre l’austérité et la troïka en Europe et à la rébellion sociale actuelle contre le « trumpisme » dans les centres urbains des États-Unis, la période a été marquée par l’entrée de plus en plus croissante des masses sur la scène de l’histoire.

9. Cela a été accompagné par une polarisation dans la société avec un décalage vers la gauche dans la conscience politique et, en raison de la faillite du réformisme et des partis bourgeois traditionnels, par une croissance électorale de l’extrême droite. Le développement de nouveaux partis et formations de gauche dans de nombreux pays, comme Podemos, la « France Insoumise » et le Bloc de gauche, et des mouvements de masse de gauche autour de Bernie Sanders et de Jeremy Corbyn, sont de puissantes expressions de cela, bien que complexes et inachevées. Les sondages d’opinion à travers le monde illustrent la désillusion de masse que suscite le capitalisme, en tant que système, de même que la recherche croissante d’une alternative, avec un intérêt et un soutien grandissants pour l’idée du socialisme, en particulier aux États-Unis à ce stade.

10. Ces nouvelles formations de gauche et mouvements sont contradictoires et instables, ce qui reflète la nature de la période qui leur a donné naissance. Ils seront soumis à des transformations rapides et passeront à travers des crises, des rebondissements, des virages et des scissions. Les tentatives visant à remettre au goût du jour les idées réformistes «social-démocrates» défendues par les dirigeants des formations réformistes du passé sont condamnés à l’échec dans cette période où la marge qu’a capitalisme pour faire des « réformes » est infiniment plus restreinte comparé aux décennies passées. Le rôle des marxistes est d’intervenir avec énergie dans ces processus, tout en défendant en même temps audacieusement et ouvertement un programme de lutte de classe socialiste. Alors que nous construisons notre propre organisation révolutionnaire, nous travaillons pour assister le développement de ces formations vers de nouveaux partis de masse de la classe des travailleurs armés d’une alternative révolutionnaire au capitalisme.

11. A la suite d’une période historique de retraite généralisée pour les forces du mouvement des travailleurs et du marxisme révolutionnaire à travers le monde, cette nouvelle période représente une étape charnière. Une nouvelle ère de possibilités s’est ouverte pour le changement révolutionnaire. Les sections du CIO aux USA et en Irlande ont déjà joué des rôles dirigeants dans des mouvements de masse de la classe des travailleurs dans lesquels ils ont remporté d’importantes victoires (la taxe sur l’eau en Irlande et 15 $ NOW aux États-Unis), alors que les camarades d’Izquierda Revolucionaria, dans la direction du Sindicato de Estudiantes (SE), ont mené une bataille victorieuse contre les « revalidas » dans l’État espagnol qui a consolidé SE comme point référence combatif dans la lutte contre l’austérité.

12. Ces victoires montrent notre capacité à nous engager avec les masses et, dans des circonstances, à devenir un facteur réel dans la situation, ce qui distingue nos organisations des autres organisations marxistes. Cela n’est encore toutefois qu’un aperçu de ce qui est à venir si nous maintenons l’approche, la méthode et le programme corrects. Dans la période à venir, la direction des mouvements de masse liée à une lutte pour la transformation sociale sera à portée de main pour les marxistes révolutionnaires. Notre unification renforce notre capacité à nous dédier à cette tâche et sert d’exemple à d’autres révolutionnaires avec qui nous pouvons participer à cette tâche dans la période à venir.

13. L’unification entre le CIO et IR fait suite à une période de séparation de plus de vingt ans, suite à une scission qui a eu lieu dans le CIO en 1992. Une partie significative de cette scission était enracinée dans la situation mondiale à la suite de l’effondrement des anciens régimes staliniens en URSS et en Europe de l’Est. Les dirigeants de ce qui était alors la minorité du CIO ont initialement défendu que la majorité de la direction britannique et du Secrétariat international était une « clique » qui recourait à des « méthodes administratives » « bureaucratiques ». Ces allégations ont été rejetées après une discussion et un débat approfondis par la majorité écrasante du CIO. En réalité, les attaques personnalisées (contre le « Taaffisme ») par la direction de la minorité, qui étaient répétaient comme une incantation, étaient imprégnées d’une méthode bureaucratique et stalinienne. Derrière se trouvaient des différences politiques fondamentales : sur la nature de la période et les perspectives pour la restauration du capitalisme en URSS, dans le bloc de l’Est et en Chine, sur nos tactiques et notre approche politique de la social-démocratie et de la construction des partis révolutionnaires, sur l’approche de la question nationale et sur la construction d’une direction collective, basée sur des méthodes démocratiques, à l’opposé d’une approche personnalisée avec l’obsession du prestige.

14. La minorité, qui a ensuite fondé la TMI, n’était pas prête à reconnaître ou à s’accommoder avec la nouvelle situation mondiale, née de l’effondrement des anciens régimes staliniens. Cela a eu une conséquence profonde sur l’accélération du processus de bourgeoisification et de droitisation des partis de masse traditionnels de la classe des travailleurs, en particulier les formations sociales-démocrates, mais aussi dans des formations avec des origines staliniennes : le parti travailliste, le PS français, le PSOE, le PD italien, etc., etc. Ce fut un phénomène généralisé faisant écho à des changements profonds dans la situation. Cela a aussi eu un impact sur la conscience de la classe des travailleurs, en portant un coup à l’idée du socialisme comme alternative viable au capitalisme et en ouvrant la voie à toutes sortes d’idées réactionnaires et confuses, beaucoup d’entre elles à caractère petit-bourgeois.

15. Cette période historique pose de nouvelles tâches et défis pour la classe des travailleurs et pour les marxistes, dont le CIO. La minorité qui est devenue la TMI n’a pas réussi à faire face aux changements dramatiques dans la situation mondiale et a à plusieurs reprises refusé de reconnaître ses erreurs. Ils n’ont non seulement pas compris ce qui se passait en URSS, mais ont refusé jusqu’en 1997-1998 de même accepter que la restauration capitaliste avait eu lieu. Ils n’ont jamais eu le courage de reconnaître ces erreurs, s’inscrivant dans la méthode marxiste afin de former une nouvelle génération de cadres.

16. Ces erreurs ont été répétées sur de nombreux terrains, comme la répétition de vieilles formules sur « l’entrisme » à un moment où les conditions n’existaient pas pour le travail au sein des formations social-démocrates bourgeoisifiées, et où les possibilités s’ouvraient pour un travail indépendant. Tous les documents de la majorité et de la minorité dans ces débats sont disponibles sur le site marxist.net. Ces documents n’ont cependant jamais été mis à disposition des membres de la base de la section espagnole du CIO de l’époque, une indication des méthodes bureaucratiques utilisées par ce qui est devenu la TMI.

17. En 2009, la section espagnole de la TMI, de même que la majorité des sections du Venezuela et du Mexique, ont fait scission sur une base politique principielle. Les raisons de cette scission sont, en substance, les raisons de la scission du CIO en 1992 :

18. Différences fondamentales sur la nature de la période ouverte par la crise capitaliste en 2008 et l’intervention dans la lutte des classes. La direction de la TMI a minimisé les dimensions de la crise et de ses conséquences sociales, politiques et militaires. En utilisant une méthode totalement mécanique, elle a affirmé qu’une forte reprise de la lutte des classes était impossible jusqu’à ce qu’il y ait un nouveau boom économique. Cette position erronée avait de nombreuses implications pratiques. Les sections espagnole, vénézuélienne et mexicaine ont théoriquement contesté cette position et ont refusé d’adopter une approche « contemplative » face aux événements. L’intervention énergique dans les premières batailles de classe de la crise dans l’État espagnol, en particulier dans les grèves générales appelées par les syndicats nationalistes du pays basque, ont servi de base pour un grand choc avec le secrétariat international de la TMI. La section espagnole a soutenu les grèves, a mobilisé tout son soutien dans le mouvement ouvrier et a défendu un programme internationaliste socialiste. La direction de la TMI a refusé de soutenir ces grèves et a accusé la section espagnole d’être à la remorque du nationalisme basque petit-bourgeois.

19. Différences de principe sur la stratégie pour la construction d’un parti révolutionnaire. La direction de la TMI ne pouvait que répéter des formules sans vie sur le travail dans les organisations de masse et l’entrisme. Elle n’a jamais reconnu ses erreurs sur cette question. Le développement politique et la croissance de l’influence de la section espagnole, qui avait mené un travail indépendant durant des décennies, en sont venus à être considérés comme une menace pour la politique opportuniste et le prestige de la direction de la TMI. Des affrontements constants eurent lieu au cours de nombre d’années : au sujet de ses méthodes bureaucratiques et opportunistes au Venezuela, de l’absence totale de débats sur diverses questions arbitrairement arrêtées par le secrétariat international, le manque de démocratie interne et de discussions et la dissimulation systématique des difficultés et des problèmes pour la base, un mode de fonctionnement basé sur une attitude paternaliste à l’égard des membres. Ces confrontations ont conduit la direction de la section espagnole à être accusée de « gauchisme et de Taaffisme » et « d’abandonner le travail dans les organisations de masse » par le secrétariat international de la TMI. En pratique, ils ont exigé la dissolution du Sindicato de Estudiantes pour que tout le travail soit orienté vers Izquierda Unida à un moment où la formation était totalement vide.

20. Différences sur la question nationale. La TMI a défendu le droit à l’autodétermination sur le papier mais, en pratique, a démontré un mépris complet pour les mouvements de masse en Catalogne et au Pays basque pour des aspirations démocratiques et nationales. Elle a refusé d’intervenir dans ce mouvement en défense d’un programme marxiste.

21. Lutte contre un régime interne bureaucratique. Cette expérience a conduit la section espagnole à la conclusion suivante : la direction de la TMI a été organisée autour de la défense d’un culte de la personnalité et du prestige autour de son dirigeant principal, avec un régime interne non-démocratique et des attitudes staliniennes. Ce régime a conduit à un grave mépris pour la construction de l’organisation parmi les travailleurs et la jeunesse.

22. La section espagnole, et la majorité des sections du Venezuela et du Mexique, à la suite de cette expérience, ont discuté d’un profond bilan théorique et politique. Les conclusions de ce processus établies en tant qu’organisation indépendante, Izquierda Revolucionaria, ainsi que ses interventions pratiques et sa meilleure connaissance de la façon de s’orienter vers le mouvement réel des travailleurs et des jeunes, ont servi à poser les bases de cette unification.

POURQUOI NOUS UNIFIONS-NOUS ET DANS QUEL BUT ?

23. Notre unification est ancrée dans un large accord sur les perspectives pour le capitalisme mondial et les tâches qui en émergent pour les marxistes. Cependant, elle se reflète dans beaucoup plus que cela. Notre expérience mutuelle de discussion et de lutte côte-à-côte a révélé un accord non seulement dans les idées et les perspectives, mais aussi dans la stratégie, la tactique, le programme et l’orientation. Comme Lénine le disait, sans idées révolutionnaires, il n’y a pas de mouvement révolutionnaire. De même, les idées et la théorie sans pratiques ne sont qu’aveugles.

24. L’examen de nos idées et activités respectives, ainsi que la riche expérience, bien qu’encore brève, de notre travail commun, ont confirmé la base de l’unification dans laquelle nous nous engageons avec enthousiasme et détermination.

25. Notre tâche est de construire un puissant facteur subjectif, une force marxiste de masse et une direction révolutionnaire pour les batailles de classe de masse à venir, dont l’absence a déjà été fatale à tant d’opportunités révolutionnaires. Cent ans après l’immortelle Révolution russe, l’exemple du Parti bolchevique – ses perspectives théorique clairvoyante, sa lutte obstinée pour plus de clarification idéologique, sa souplesse dans la tactique et sa décision dans l’action – reste un guide pour notre une organisation unifiée.

26. Notre internationale révolutionnaire et ses sections ont une orientation claire pour intervenir dans les luttes de masse, les syndicats et les organisations politiques de la classe des travailleurs. Nous maintenons également le principe de l’indépendance politique et organisationnelle du parti révolutionnaire, contre les tendances et les pressions liquidatrices qui cherchent à effacer le rôle d’un parti révolutionnaire. L’organisation révolutionnaire représente la mémoire de la classe des travailleurs et la continuité de sa lutte révolutionnaire contre le capitalisme. La flexibilité dans la tactique, conjuguée à une politique de principe et une fermeté sur le programme, est la marque de nos racines et méthodes politiques communes. En même temps, nous défendons l’existence d’un parti révolutionnaire distinct, comme une colonne vertébrale – une partie intégrante et essentielle – du mouvement de masse des travailleurs et des jeunes.

27. Nous nous tenons sur la base programmatique du socialisme révolutionnaire. Celui des principaux documents des quatre premiers congrès de la Troisième Internationale, auxquels s’ajoutent ceux de l’opposition de gauche dans la lutte contre le stalinisme, le Programme de transition et la méthode de transition ainsi que les idées du socialisme scientifique de Marx, Engels, Lénine et Trotsky. L’axe de ce programme reste de viser la fin du capitalisme et du régime bourgeois pour qu’ils soient remplacés par un gouvernement des travailleurs reposant sur la propriété publique des moyens de production et du secteur financier sous contrôle démocratique de la classe des travailleurs. Nous défendons l’économie planifiée à l’échelle mondiale et l’élaboration d’une planification socialiste démocratique mondiale de la production, comme clé de la résolution des problèmes les plus urgents à surmonter pour l’Humanité : la crise, la pauvreté, la faim, la guerre et toutes les formes d’oppression.

28. Les marxistes se battent pour occuper la ligne de front dans la lutte contre toutes les formes d’oppression, en unissant la classe ouvrière et tous les opprimés dans une perspective de changement socialiste. Nous nous opposons à l’oppression nationale sous toutes ses formes, et défendons résolument le droit à l’autodétermination – jusqu’à et y compris le droit à l’indépendance – des nations opprimées. En même temps, nous défendons l’unité maximale dans la lutte politique de la classe des travailleurs au-delà des frontières nationales. Seule la classe des travailleurs et les opprimés – armés d’un programme et d’une perspective socialiste internationaliste – peuvent mener une lutte conséquente pour la libération nationale et en finir avec toutes les autres formes d’oppression. Nous opposons à la rhétorique « d’unité nationale » de la classe capitaliste l’unité internationaliste de la classe ouvrière contre les capitalistes de toutes les nations dans le combat pour les droits nationaux et démocratiques dans le cadre de la lutte pour le socialisme. Nous rejetons toute approche schématique unilatérale envers cette question fondamentale pour les marxistes, et comprenons que la nature multiple de la question nationale et de la conscience exige une approche flexible et l’étude scrupuleuse de chaque cas et conjoncture.

29. La lutte pour la libération des femmes et contre les attaques sur les gains durement acquis des femmes de la classe ouvrière ces dernières décennies a été l’une des expressions les plus puissantes de la lutte des classes dans la dernière période. Nous défendons un féminisme socialiste et de classe, qui utilise la force du mouvement ouvrier, le seul capable de lutter contre ce système dans lequel la misogynie et le sexisme sont si profondément ancrés. Notre travail dans le mouvement de masse des femmes s’est développé en combattant le féminisme bourgeois et petit-bourgeois inefficace et stérile. Les marxistes luttent pour la direction du mouvement contre l’oppression des femmes, le racisme et en défense des droits LGBTQ.

30. Pour toute organisation marxiste vivante engagée avec la classe ouvrière et la jeunesse, des discussions, des débats et des désaccords fraternels, même des scissions, sont nécessaires et inévitables. Une période tumultueuse entraîne inévitablement toutes sortes de pressions – opportunistes, d’ultra-gauche ou autres – exercées sur les révolutionnaires, aucun parti ou direction n’est à l’abri. L’organisation de débats ouverts, patients et démocratiques sur les désaccords d’ordre politique est fondamentale dans nos méthodes communes. Des périodes comme celle-ci ne sont pas seulement des périodes d’unité et de fusions, mais aussi de débat fraternels desquels les révolutionnaires n’ont pas à se dérober ou se cacher.

31. Le Comité pour une Internationale Ouvrière, en collaboration avec ses nouveaux camarades d’IR, est une force marxiste internationale, avec une base réelle parmi les travailleurs et les jeunes dans un certain nombre de pays clés. Cependant, nous ne cherchons pas à nous proclamer comme « l’Internationale » révolutionnaire de masse de la classe des travailleurs. Notre objectif est de jouer un rôle clé, en tant que force centrale dans la construction d’une telle internationale, au côté de beaucoup d’autres qui sont actuellement en dehors de nos rangs. Nous appelons tous les révolutionnaires qui prennent au sérieux la nécessité d’une unité de principe sur base du marxisme à participer aux discussions et au débat sur la meilleure façon de construire une internationale capable de diriger la révolution mondiale à venir.

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