Retrait des troupes françaises!

CÔTE-D’IVOIRE

DÉBUT NOVEMBRE 2004, l’armée française a tiré sur des manifestants qui protestaient contre l’occupation de certains bâtiments. Bilan: 57 morts et 2.226 blessés…

Aïsha Paulis

La Côte d’Ivoire, pays riche en ressources naturelles, est divisée depuis 2002 entre un président qui s’accroche au pouvoir et une rébellion qui s’organise et réclame sa démission. Le gouvernement actuel de Gbagbo se base sur les divisions ethniques pour maintenir son pouvoir. Lors des élections présidentielles de 2000, il a centré sa campagne sur la question de l’ivoirité (concept repris ensuite par l’ensemble des politiciens). Cette notion vise à rendre plus difficile la reconnaissance ou l’acquisition de la nationalité ivoirienne en obligeant à justifier plusieurs générations de parents ivoiriens.

Gbagbo s’appuie également sur des bandes armées comme les Jeunes Patriotes, qui commettent pillages, viols… Ceux-ci développent également une politique raciste anti-blanc, en accusant notamment l’armée française de soutenir les rebelles. C’est sur cette base qu’ils ont détruit 4 écoles françaises, bien qu’une majorité d’inscrits étaient ivoiriens. Cette politique est payée par la population qui voit ses écoles attaquées.

Le gouvernement français a jusqu’à présent maintenu la situation telle quelle, en cherchant quel serait son meilleur allié. Les multinationales françaises comme Bouygues ou France Telecom … ont en effet beaucoup d’intérêts en Côte d’Ivoire. La France intervient donc régulièrement dans la politique intérieure ivoirienne. C’est d’ailleurs dans l’optique de protéger ses intérêts économiques que le gouvernement français a imposé les accords de Marcoussis, qui étaient censés redémarrer le processus de paix.

Mais le gouvernement de Gbagbo refuse de continuer si les forces rebelles ne sont pas désarmées. La reprise des combats fut un prétexte pour l’armée française, dont 4 000 hommes sont sur place, à occuper différents bâtiments, ce qui a provoqué une forte réaction parmi la population ivoirienne. Des manifestations ont eu lieu début novembre, et ont été réprimées dans le sang par l’armée française. Ces évènements montrent bien que la politique impérialiste de la France est toujours bien présente.

Aucune des deux parties n’offre une solution pour la majorité de la population, les jeunes, les travailleurs et les paysans face aux politiques impérialistes françaises ni à la situation sociale en Côte d’Ivoire. Ce qui manque, c’est un parti d’opposition unissant la population au delà des divisions ethniques, de sexe, de religion … qui met en avant une société basée sur les besoins et les capacités de chacun.

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