Bayer, où l’offensive patronale s’est heurtée à un mur

Mardi soir, le PSL-Anvers a organisé une réunion publique consacrée à l’attaque patronale qui y a pris place et à la réponse syndicale qui s’est développée en réaction. L’orateur était Lévi Sollie, délégué FGTB/ABVV à Bayer.

Ces dernières semaines, les ouvriers et employés de Bayer et, plus largement, du secteur pétro-chimique, ont reçu beaucoup d’attention. Ils ont été présentés comme des travailleurs surpayés pour une semaine de travail trop courte. Cette approche a été défendue tant par les journaux flamands (parfois même en première page) que par différentes émissions à la radio ou à la télévision.

Par contre, c’est à peine s’il a été mentionné dans de très petits articles que les syndicats avaient le soutien de l’immense majorité des ouvriers et des employés.

Prévue depuis un certain temps déjà, cette réunion était consacrée au thème: «Quelle réponse syndicale face à la crise». Au vu de l’actualité, la réunion a bien entendu été adaptée. Elle s’est déroulée à un moment symbolique; le 15 décembre étant en effet exactement 4 ans après l’approbation du très antisocial Pacte des générations au sein du parlement.

Levi Sollie est membre de la délégation FTGB de Bayer, une délégation qui, avec celle de la CSC, a dû faire face à l’offensive commune des organisations patronales, du Premier ministre flamand Kris Peeters et des médias traditionnels. Heureusement, cette offensive s’est heurtée à la résistance. Ces dernières années, le personnel de Bayer et de la société-sœur Lanxess a systématiquement été informé et impliqué dans les décisions de la délégation syndicale. Avec le bruit et la propagande des médias, il n’était pas forcément évident que les ouvriers et employés se rangeraient derrière leurs délégués. Mais c’est pourtant bien ce qui s’est produit. D’autre part, l’unité des différents syndicats a été sujet d’une attention constante et conséquente, tant dans le secteur qu’avec les collègues des sites allemands.

Les syndicats à Bayer ne se sont donc pas laissés faire et ont résisté contre l’attaque de la direction contre leur salaire et leurs conditions de travail. Effectivement, les salaires dans le secteur chimique sont plus élevés que dans d’autres. Mais ce sont précisément ces salaires qui devraient être la norme!

Ou bien alors est-ce le salaire proposé pour un «facteur de quartier» (8,43 euros) qui devrait être la norme généralement en vigueur? D’autre part, dans le contexte actuel de flexibilité, une semaine de travail de 33,6 heures n’est pas une exigence exagérée. Le gouvernement flamand a donné pendant plusieurs années des subventions à Bayer pour diminuer le temps de travail afin de sauver des emplois lors des restructurations. Enfin, Bayer a encore réalisé l’an dernier un bénéfice de 191 millions d’euros.

Levi Sollie a donc fait le récit de la lutte que les syndicats et les travailleurs ont dû mener ces dernières semaines pour conserver leurs salaires et leurs conditions de travail. Il a aussi tenu à remercier tous ceux qui ont permis d’obtenir ce résultat: très certainement tous les militants et délégués de Bayer et LANXESS, mais aussi les secrétaires syndicaux et les collègues d’autres sociétés du secteur pétro-chimique. L’offensive patronale a donc pu être bloquée, mais il est certains que d’autres tentatives arriveront.

Après son allocution, quelques questions et interventions pertinentes sont venues de la salle, notamment de la part de quelques jeune délégués de la SNCB ou de De Lijn. La soirée s’est terminée par des discussions informelles au comptoir.

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