Nationalisation d’Electrabel: pourquoi attendre?

Electrabel et la société-mère Suez refusent de payer la contribution de 500 millions d’euros demandée par le gouvernement. Pour les contribuables ordinaires, il est bien entendu hors de question de refuser de payer… Mais pour une grande multinationale, apparemment, pas de problème! Si politiciens et juristes déplorent cette situation, ils disent qu’il n’y a rien à faire. Pourtant, il y a bel et bien quelque chose à faire: nationaliser le secteur de l’énergie.

Suez, donc, ne veut pas payer ces fameux 500 millions d’euros que le gouvernement demande en échange de la prolongation des centrales nucléaires. Pour l’entreprise, c’est intéressant: produire de l’électricité bon marché revendue au prix fort. Résultat: de monstrueux bénéfices pour Suez. Que demander de mieux? Suez a déjà introduit un recours devant la Cour Constitutionnelle contre la contribution qu’elle a payé en 2008. Pour 2009, on attend la décision. Le patron de Suez, Gérard Mestrallet, a déjà averti: «Ce ne sera pas 500 millions d’euros mais zéro».

Avec ce «zéro euro», Mestrallet joue à l’enfant trop gâté: la prolongation des centrales nucléaires représente des bénéfices de plusieurs milliards d’euros, pour lesquels il est hors de question de rien donner en échange. Prolonger de 20 ans le parc nucléaire actuel rapporterait 27 milliards d’euros à Suez, selon les estimations… Mais même dans le domaine des impôts ordinaires, Electrabel ne paye rien. En 2008, Electrabel n’a pas payé d’impôt. Pourtant, les bénéfices d’Electrabel sont supérieurs au milliard d’euros. Pas mal non? Nous payons le prix fort pour notre énergie tandis qu’Electrabel échappe à l’impôt. Et les politiciens osent encore parler «d’équilibre» à propos des revenus du gouvernement!

Même avant 2008, les impôts ont également peu reçu. En 2006, 6% ont été payés (113 millions d’euros sur un résultat de 1,829 milliard) et, en 2007, quelques 6,4% (117 millions d’euros sur un bénéfice de 1,073 du milliard). Pour rendre ces montants astronomiques plus concrets, le bénéfice de 2006 correspond à 920 euros par famille belge!

2008 a constitué une «mauvaise année» pour Electrabel: 92 millions d’euros de bénéfice «seulement». Après impôts, il s’agissait de 186 millions! Soit 94 millions de crédit d’impôt… La collectivité a donc fait cadeau de cet argent, qui correspond à un impôt négatif de -12% sur le résultat d’exploitation. Dommage que ce pourcentage ne s’applique pas à nous…

Les politiciens disent maintenant que rien ne peut être fait contre des décisions prises à Paris. Mais il y a pas mal de Belges assis autour de la table de GDF Suez, à Paris (sans parler du fait que ce sont tout de même des politiciens tels que Verhofstadt et Di Rupo, il y a huit ans, qui ont vendu Electrabel). La privatisation et la libéralisation, cela veut dire que nous, nous devons payer plus, alors que les grands actionnaires de Suez se remplissent les poches. Et puis on peut encore parler de notre sécurité mise en jeu par la prolongation des centrales nucléaires…

Les politiciens établis affirment haut et fort qu’il n’y a rien à faire: ils se trompent. Pourquoi ne pas nationaliser le secteur de l’énergie sous le contrôle et la gestion de la collectivité pour que l’énergie soit reconnue comme un besoin essentiel pour chacun? Doit on accepter qu’une nécessité de base soit avant tout considérée comme une source de profit? Comme un moyen d’enrichir quelques grands actionnaires au détriment de notre sécurité? Cet argent serait bien plus utile en recherches pour une énergie accessible et non polluante. Il faut retirer l’énergie des griffes des capitalistes, nationaliser le secteur énergétique au complet, sous le contrôle et la gestion de la collectivité!

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