Les grandes banques suédoises étranglent l’économie lettonne

Chaque jour, il est de plus en plus évident de voir qui étrangle l’économie lettone : c’est Anders Borg, le Ministre des Finances suédois, qui agit pour le compte des grandes banques suédoises. Derrière eux, se trouve l’Union Européenne, qui pendant le sommet des Ministres des Finances à Götenborg du 3 octobre, a donné un ultimatum brutal au gouvernement letton.

Per-Åke Westerlund, Rättvisepartiet Socialisterna (CIO-Suède)

« La Lettonie doit accomplir sa promesse de couper les dépenses publiques de 500 millions de lats en 2010 (700 millions d’euro), a dit dimanche Anders Borg, Ministre des Finances suédois, faisant remarquer que la patience internationale vis-à-vis de l’Etat baltique était limitée », a rapporté l’agence Reuters. C’est Borg qui était chargé du sommet de la finance européen parce que la Suède détient en ce moment la présidence tournante de l’UE. L’UE exige que « les coupes promises soient accomplies lorsque le nouveau budget letton sera présenté à la fin octobre ».

Pour quels intérêts agit Borg ? Le quotidien suédois Svenska Dagbladet a rapporté samedi passé que Borg avait « contacté les top managers des grandes banques et les avait avertis de la possibilité d’une grave crise politique en Lettonie. Quelque chose qui à son tour pourrait mener à une dévaluation et finalement à un défaut sur la dette. En d’autres termes, une sorte de banqueroute étatique ».

Troois banques suédoises, Swedbank, SEB et Nordea, ont prêté 131 milliards de krona suédoises (12,5 milliards d’euros) à des compagnies privées et à des ménages lettons. Le gouvernement suédois réclame de plus grosses coupes en Lettonie, afin d’éviter une dévaluation de la monnaie lettone, le lat, dont le taux est fixé à celui de l’euro (à 1,4 euro pour 1 lat). Une dévaluation du lat mutliplierait les dettes banquaires et pourrait mener à une vague de dévaluations en Europe de l’Est. Cette perespective, suivie par une hausse de l’instabilité politique, est un cauchemar pour l’Union Européenne. Le garrot que la Suède a placé autour de la Lettonie, toutefois, ne va qu’aprofondir la crise en Lettonie, dont on s’attend que l’économie se rétracte tragiquement de 18% cette année. Les travailleurs, les pensionnés, les écoliers et les chômeurs qui de plus en plus nombreux ont déjà payé une facture extrrêmement salée :

  • les ventes de nourriture en Lettonie ont chuté de 23,2% en août 2009 comparé à août 2008. Les ventes totales en magasin ont chuté de 30%
  • le taux de chômage est officiellement de 18%, le deuxième pire en UE
  • 70% des entreprises ont dit qu’elles allaient procéder à des coupes salariales. Les fonctionnaires ont perdu 15-20% de leur salaire
  • La moitié des hôpitaux ont été fermés, de même que nombre d’écoles

En décembre de l’année passée, l’Union Européenne, la Suède et le Fonds Monétaire International se sont mis d’accord pour un « plan de sauvetage » d’une valeur de 7,5 milliards d’euros. Les dernières revendications des dirigeants pour plus de coupes sont arrivées après que le gouvernement letton n’ait finalement coupé « que » 225 millions de lat (320 millions d’euros) dans sa proposition de budget pour 2010. Les 500 millions de lat réclamés représentent plus de 10% du buget d’Etat, en plus des coupes qui ont déjà été faites. Sans ces coupes, le déficit étatique s’élèverait à environ 10% du PIB, ce qui est quand même moins que celui du Royaume-Uni ou des Etats-Unis.

En février, un mouvement de protestation a forcé le gouvernement à calmer le jeu. Maintenant, le plus grand parti de la coalition au pouvoir, le « Parti populaire », dont le taux d’approbation dans les sondages est proche de 0%, hésite à accomplir de nouvelles immenses coupes budgétaires. « L’objectif d’économiser 500 millions de lats est impossible dans la pratique, à moins d’abattre plusieurs secteurs de l’économie », a dit la semaine passé Vents Armands Krauklis, le porte-parole du parti. Il est évident que ce que ce parti cherche à faire est de sauver sa propre position et non pas celle des travailleurs. Lorsque le parlement letton a voté contre une taxe sur la propriété, la réponse du FMI a été d’argumenter en faveur d’une dévaluation de la monnaie, donc d’abandonner le lien avec l’euro. C’est pourquoi l’UE et le gouvernement suédois défendent les banques suédoises, ces mêmes banques qui sont en premier lieu responsables de la crise. En fait, les bonus des dirigeants des banques suédoises se sont élevés cette année à 510 millions d’euros, ce qui n’est pas loin du montant des coupes budgétaires exigées en Lettonie.

Une dévaluation semble maintenant inévitable. Mais une dévaluation ne serait qu’une autre méthode pour les capitalistes européens et lettons pour faire payer la crise aux travailleurs et aux pauvres. Ceci, dans une situation où l’on entend chaque jour de nouveaux scandales politiques et de rapports de corruption. Par exemple, la nationalisation de la banque Parex l’an dernier a coûté l’équivalent de 37% des revenus des impôts du pays. La Lettonie est en grand besoin d’un parti combatif véritablement socialiste pour les travailleurs e tles pauvres – un parti qui peut organiser la lutte contre le capital suédois, étranger et letton, tout en trouvant des alliés parmi les travailleurs de l’ensemble de l’Europe.

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