Non à l’interdiction du voile à l’école

Plusieurs directions d’écoles, tant en communauté française qu’en communauté flamande, ont décidé ces derniers temps d’interdire, par le biais de leur règlement intérieur, le port du voile dans leurs établissements. Les raisons évoquées sont basées sur la «tolérance» envers les non-musulmans, la «neutralité» de l’école,…

Par un enseignant anversois

L’interdiction masque les problèmes réels

Nous avons assisté au cours de ces 30 dernières années à un phénomène de concentration accélérée d’élèves issus de l’immigration dans certaines écoles. C’est une conséquence directe de la politique d’austérité qui a touché le secteur de l’enseignement, comme bien d’autres d’ailleurs. Une partie des écoles primaires et secondaires comptent aujourd’hui une majorité de jeunes issus des communautés immigrées, surtout dans certains quartiers des grandes villes. Ces communautés connaissent une situation de pauvreté pire encore que celle de la population d’origine belge. Une étude de la Fondation Roi Baudouin publiée en 2006 citait un taux de pauvreté de 59% parmi la communauté turque et de 55,5% dans la communauté marocaine! Et la crise économique n’arrangera rien à ces chiffres.

Aujourd’hui, toute une couche de jeunes issus de l’immigration n’a aucune perspective d’avenir et nombreux sont ceux qui quittent les bancs scolaires sans diplôme. Ceux qui persévèrent aboutissent généralement dans les classes de l’enseignement professionnel et spécialisé. Toutes les études démontrent que notre enseignement, faute de moyens et malgré les efforts du personnel, ne réussit pas à offrir des perspectives d’avenir aux jeunes issus des milieux pauvres – qu’ils soient d’origine belge ou non.

Pour beaucoup de jeunes, la solidarité sur base de l’origine ethnique est dès lors la seule base sur laquelle se reposer, avec des répercussions sur la formation de l’identité de chacun, comme l’exprime notamment la question du port du voile. Evidemment, la pression sociale exercée par certains cercles religieux qui veulent imposer le port du voile est un problème. Mais «être seul maître de sa tête» signifie autant le droit de refuser le voile que le droit de le porter. L’interdiction ne résout aucunement le problème de cette pression sociale, comme bien des observateurs l’affirment au sujet des écoles où cette interdiction est effective depuis déjà longtemps. Le problème est seulement déplacé. Arriver à une solution exige de commencer en premier lieu par une lutte contre cette pression. Un enseignement gratuit et de qualité, avec assez de moyens et de personnel bien payé, est un élément des plus importants pour y parvenir. Mais c’est justement ça qui leur est refusé.

Organisez la résistance avec tous les jeunes à l’école!

Les directions, avec le soutien des politiciens traditionnels, ont fait le choix de ne pas mener le débat. La directrice de l’Athénée royal d’Anvers peut bien avoir discuté durant des années avant d’interdire le port du voile, l’avis des principales concernées n’a jamais été demandé. Ces filles ont d’ailleurs commencé à protester dès l’annonce de l’interdiction.

L’égalité des chances signifie avant tout des investissements dans l’enseignement. La neutralité peut et doit se faire, mais sans oppression de l’identité des jeunes. Le PSL s’oppose à l’interdiction du port du voile et pense qu’il faut mener une lutte solidaire avec tous les jeunes des écoles. Il s’agit d’un problème collectif : aujourd’hui le voile, demain tous les signes visibles d’une opinion!

  • Anvers: La répression pour faire passer l’interdiction du port du voile
  • Islam et socialisme
Partager :
Imprimer :

Soutenez-nous : placez
votre message dans
notre édition de mai !

Première page de Lutte Socialiste

Votre message dans notre édition de mai