La recette de vacances réussies : un polar par semaine (4)

Power Play de Joseph Finder

Jack Landry est un jeune technicien, cadre subalterne d’une multinationale de l’aéronautique, l’Eurospatiale. Une défaillance de son supérieur hiérarchique va l’amener à le remplacer à l’occasion d’un séminaire auquel participent les grosses huiles de la boîte. La description de ce brain trust dont tous les membres, plus arrivistes et opportunistes les uns que les autres, se bouffent le nez est franchement hilarante.

Par Georges Rivière

Comme on s’en doute, le séminaire ne va pas se dérouler comme prévu. Il est d’abord perturbé par un accident : un prototype vient de s’écraser, peut-être par suite d’un sabotage, peut-être tout simplement parce que la maison a voulu économiser sur les matériaux. Puis le bruit court que certains de ces dirigeants détournent des fonds pour acheter des fonctionnaires d’État et Jack Landry se voit confier la tâche de les démasquer par la nouvelle PDG. Enfin, des intrus armés débarquent au milieu des réjouissances et les réactions des patrons placés dans ces circonstances imprévues ne manquent pas de saveur.

L’auteur s’attarde peu sur les questions sociales mais rappelle que les salariés sont « jetables » pour ces gens qui n’ont à la bouche que « rentabilité », « management » et « plan de carrière ». Le roman est de la catégorie des « business thriller ». Suspens rythmé, du genre d’un bon scénario de film noir, série B. Mais il vaut surtout par le regard lucide que le jeune héros et narrateur pose sur ce beau linge. Des séquences franchement réjouissantes.

Power Play de Joseph Finder, Albin Michel, 446 p. 21,50 €

Cet article est initialement paru dans la revue française Convergences révolutionnaires

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