La meilleure réponse à la crise : Un nouveau parti des travailleurs!

Pendant la campagne électorale, c’est à peine si on a parlé de la crise économique. Chaque parti a fait ses promesses en prenant bien garde de ne pas parler de leur financement. Les partis les plus ouvertement libéraux, MR et Open VLD, ont été les grands perdants tandis que ceux qui prétendaient vouloir éviter tout bain de sang social ont pu limiter la casse. Mais en définitive, nous n’avions devant nous que des nuances du néolibéralisme.

Par Bart Vandersteene

Une politique de droite

Plus que jamais, Ecolo et Groen se sont eux aussi inscrits dans la logique du libre marché. Tous deux se sont déclarés prêts à entrer dans des coalitions avec le MR et le CDH ou le VLD et le CD&V. Marcel Cheron (Ecolo) a d’ailleurs signifié que l’attitude de Didier Reynders avait été le principal obstacle à une alliance avec le MR, il n’est donc pas là question de programme! Le PS et le SP.a non plus n’ont pas de problèmes à participer à des gouvernements qui appliquent une politique néolibérale.

Pas question pour tous ces gens-là de supprimer les mesures-cadeaux pour les entreprises: diminution de charges fiscales, déduction des intérêts notionnels, amnistie fiscale, etc. ont encore de beaux jours devant eux. Par contre, gare aux dépenses sociales et aux services publics.

Au parlement, aucun parti ne se met résolument dans le camp des travailleurs. Il n’y a pas d’opposition de gauche électoralement significative, contrairement à ce qui se passe dans plusieurs autres pays européens. Nous avons absolument besoin d’une voix politique pour ceux qui ne sont pas responsables de la crise, mais à qui on veut quand même faire payer la note.

La gauche et les élections

Durant cette campagne, du côté francophone, la gauche était fortement divisée entre PTB, PC, CAP et LCR-PSL aux européennes, d’autres listes s’ajoutant encore aux régionales. Le PTB voulait clairement marquer des points. L’attention des médias (surtout en Flandre) et les réactions sur leur campagne « clownesque » avaient durant un temps fait rêver beaucoup de membres et de sympathisants du PTB.

Mais la percée espérée n’a pas eu lieu. En Flandre le PTB (PVDA+) a seulement augmenté de 0,1% comparé à 2007 et dans quelques bastions électoraux, il y a même eu un léger recul (comme à Zelzate, Genk et Anvers). Du côté francophone, les choses se sont un peu mieux passées mais, là non plus, les résultats ne sont quand même pas à la hauteur des espérances. Le PTB est passé de 20.039 voix (0,79%) pour le Sénat en 2007 à 28.483 en 2009 (1,16%) pour les européennes. Le PTB a surestimé ses capacités et a fait de mauvais choix. Le discours stalinien est passé par-dessus bord, mais les critiques fondamentales sur le système capitaliste ont cédé la place à des idées populaires (‘stop au cirque politique’) qui sonnent bien mais ont bien peu de contenu. Nous ne savons pas quelles conclusions le PTB tire de ces résultats, mais nous craignons néanmoins que la route de l’électoralisme et des idées «pragmatiques» soit poursuivie avec au coin de l’œil les élections fédérales de 2011 et communales de 2012.

De son côté, le Parti Communiste a perdu beaucoup de voix en Wallonie. A Bruxelles, la liste unitaire PC-PSL-LCR-PH aux régionales obtient 0,5%. De même, pour les européennes, la liste unitaire LCR-PSL a réalisé un score estimable (7.954 voix, soit 0,3%).

Notre objectif n’était pas de réussir un « carton » électoral. Notre campagne reposait sur quelques dizaines de milliers de discussions, de tracts et d’affiches. Mais nous avons propagé nos idées socialistes et avons rencontré bien des personnes intéressées.

Nous avons besoin d’un nouveau parti des travailleurs

Un des éléments que nous avons également mis en avant est la question d’une représentation politique pour et par les travailleurs : un nouveau parti des travailleurs.

Un tel parti ne pourra réellement se développer qu’après une cassure importante entre des parties du mouvement ouvrier organisé et les «partenaires privilégiés» des directions syndicales, c’est-à-dire le PS, le CDH, Ecolo, le CD&V et le SP.a. En attendant qu’une telle cassure puisse se faire, par exemple à l’occasion d’un mouvement général de lutte contre la politique antisociale menée par ces «partenaires privilégiés», le PSL appelle tous les militants syndicaux combatifs à mener la discussion sur la nécessité d’une nouvelle formation politique combative, dans les délégations syndicales, dans les centrales et les autres milieux syndicaux.

Mais en attendant ce nouveau parti des travailleurs et son développement, un bloc électoral des forces de gauche existantes peut être d’une grande utilité pour faire entendre de manière plus large la voix et les revendications des travailleurs. Le premier pas dans cette direction a été posé par les listes unitaires PC-PSL-LCR-PH à Bruxelles et LCR-PSL aux européennes. Nous voulons continuer et élargir cette démarche à l’avenir.

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