Ecole d’Eté Européenne du CIO – 2009: Meeting Public : 1989 – Les conséquences et les leçons de la chute du Mur de Berlin (4)

20 ans plus tard, il ne reste plus rien du triomphalisme capitaliste

Tout comme l’année 1917, 1989 a été un des moments parmi les plus importants de l’Histoire. En 1917, il y a eu les 10 jours qui ébranlèrent le monde, selon le titre du livre de John Reed, 1989 a été l’année qui a fait reculer le monde. La contre-révolution sociale a réinstauré le capitalisme en Europe de l’Est et en URSS. Des commentateurs bourgeois ont déclaré que personne n’avait anticipé ces évènements, le Financial Times disait: il ne se passe rien en Europe de l’est, tout est calme, trois semaines seulement avant la chute du mur…

L’intégralité du rapport de ce meeting est disponible en cliquant ici

Mais un homme avait prédit ces évènements: Léon Trotsky, ainsi que le mouvement qu’il a créé. Il avait dit qu’une des possibilités de la situation était la restauration du capitalisme. L’autre possibilité était faite de révolutions politiques pour réinstaurer la démocratie ouvrière. Les évènements de 1989 contenaient des éléments politiques révolutionnaires: des grèves générales, des meetings de masse, etc. qui ne sont pas des éléments normaux de la démocratie bourgeoise. C’était une des choses que le CIO avait analysé.

Au départ, nous ne pensions pas qu’une contre-révolution bourgeoise était à l’ordre du jour, mais quand nous avons envoyé des camarades en RDA et en Pologne, l’état des lieux n’était pas tel que nous l’imaginions. Tous les mouvements qui avaient eu lieu avant dans les régimes staliniens avaient des éléments réactionnaires. Malheureusement, nous avons sous-estimé ce qu’était devenu le cauchemar du stalinisme. La révolution est un élément moteur de l’Histoire et la contre-révolution est un frein. Si un tel mouvement s’était développé dans les années ‘30, la perspective de mouvements victorieux aurait été plus probable, car la mémoire de la Révolution Russe était encore fraîche. Mais en 1989, le stalinisme avait tout effacé.

La bourgeoisie avait argumenté que le socialisme était tombé avec le mur de Berlin, mais Marx avait souligné que le développement des forces productives, de la science et de la technique étaient des éléments déterminants. Tant que les forces productives se développent, une société peut se maintenir, sauf si elle est renversée par une révolution. Le système capitaliste a toutefois déjà atteint ses limites, ce qui a été prouvé par l’horreur de la première guerre mondiale. On peut tracer un parallèle avec le stalinisme, mais le stalinisme a joué un rôle relativement progressiste à un énorme coût. Si la Russie avait été une vraie démocratie ouvrière, le pays aurait été beaucoup plus développé. Le taux de croissance a démontré le rôle de la planification, de la propriété publique des moyens de production. Aucune économie, sauf le Japon, n’a connu un tel taux de croissance. Cette règle s’applique aussi à la Chine d’après 1949. Le développement des forces productives est arrivé à sa limite quand la bureaucratie a pris les choses en main ; il est impossible de passer au socialisme authentique dans ce contexte. Les contradictions sont trop fortes.

C’est le cas aujourd’hui au Venezuela. Nous soutenons chaque pas en avant, mais on atteint déjà des limites à cause du manque de démocratie. Sans démocratie ouvrière, on ne peut pas passer au socialisme, sans parler du socialisme lui même. L’élection de tous les responsables et la possibilité de les révoquer sont des points fondamentaux. La bourgeoisie a eu beaucoup de chance que les choses se passent dans un contexte où il y avait une relative croissance. Même avec ça, le mouvement initial des évènements se dirigeait vers la démocratie ouvrière.

Il n’y a pas une seule organisation à part le CIO qui a vraiment compris ce que signifiait ces évènements. Les morénistes ont ainsi nié que la capitalisme avait été restauré en affirmant que le renversement du stalinisme était unilatéralement progressiste. Mais ce renversement a été effectué sur base de l’économie de marché, ce qui a déclenché une orgie de triomphalisme de la part de la classe capitaliste. A la fin de 1989, le Wall street journal titrait «We won» (nous avons gagné). L’effet sur les couches avancées des masses a été très profond. C’était avant tout une victoire idéologique de la part de la bourgeoisie. La restauration du capitalisme en Europe de l’Est a été un désastre économique, plus encore que la crise des années ‘30 aux USA. Aujourd’hui, la presse rapporte que la production industrielle en Russie a chuté de 10% au 1er semestre 2009. Il n’y a eu aucune amélioration. Mais la lutte des classes est loin d’être éteinte.

Notre tâche est de reconstruire des partis de masses. Mais nous devons aussi aider la classe ouvrière à chasser les bureaucrates syndicaux, qui sont un frein au développement de leur conscience. Dans la situation actuelle, l’attitude de la classe ouvrière est plutôt de se tourner vers des syllogismes tels que «l’ennemi de mon ennemi est mon ami».

Après la chute de l’Union Soviétique, la bourgeoisie a eu la meilleure occasion de prouver que le capitalisme était le meilleur système, mais elle a échoué. La bourgeoisie handicape la production de par la base même de son système. Elle a aggravé les conditions de vie des masses tout en augmentant l’exploitation, elle a multiplié les dettes. Mais nous, la classe ouvrière, nous disons: NON, ce n’est pas notre avenir!

Nous connaîtrons des mouvements de masse dans la période à venir, des mouvements qui vont redonner vie aux idées de Marx et de Trotsky, parce que la classe ouvrière va être forcée d’entrer en lutte. Mais va-t-elle avoir la direction pour s’assurer la victoire? Pour garantir la victoire dans cette lutte révolutionnaire, il faut garantir la construction d’une force de masse.

Le CIO a les meilleures analyses de ce qui s’est passé en 1989 et après. Nous n’avons cependant pas réponse à chaque question, nous apprenons des évènements. Tous nos militants doivent apprendre, y compris de nos erreurs. Mais nous sommes fiers de toutes nos réussites. Nous sommes fiers d’avoir notre euro-député Joe Higgins assis au fond de la salle. Nous chercherons à unifier toutes les forces du marxisme et du trotskysme à travers un programme clair. Le capitalisme a eu ses chances, et il a échoué. Il est temps de préparer un mouvement qui permettra d’instaurer la démocratie ouvrière et le socialisme!


Le Comité pour une Internationale Ouvrière, CIO

Le capitalisme est un système mondial et il doit être combattu à la même échelle. C’est pourquoi le Parti Socialiste de Lutte fait partie d’une organisation marxiste internationale: le Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO), un parti mondial actif sur tous les continents. Notre lutte en Belgique s’inscrit dans le cadre d’une lutte des travailleurs du monde entier pour un société socialiste car si la révolution socialiste éclate sur le plan national, elle se termine sur l’arène internationale. La démocratie ouvrière et la planification socialiste de la production ne peuvent se limiter à un seul pays. C’est d’ailleurs l’isolement de la Russie soviétique qui a conduit à sa dégénérescence à partir de 1924.

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