Résistons tous ensemble!

Pourquoi devons-nous payer leur crise ?

Question : combien de temps cette crise économique va-t-elle encore durer ? Réponse des ministres, patrons et économistes : serrons les dents, le pire est déjà passé, l’économie va bientôt recommencer à croître. Cette réponse n’est pas nouvelle, on l’entend depuis déjà un an et demi. Mais qui y croit encore? Depuis un an, chaque prévision a systématiquement du être revue durement à la baisse.

Par Jon Sneyers , militant LBC (la CNE flamande) à l ’Université de Louvain

La crise est loin d’être finie, la voilà la vérité. Il y a peu, le Bureau du Plan parlait d’une reprise en 2010 devant permettre de rattraper le niveau de croissance d’avant-crise vers 2011. Avec ce scénario, plutôt optimiste, il y aurait tout de même 200.000 chômeurs de plus à la fin 2010, le taux de chômage atteignant alors un record pour la période d’après-guerre : 15%. Il ne commencerait à redescendre sérieusement que vers 2014. Mais les derniers chiffres communiqués par le Bureau du Plan annoncent une décroissance de 0,2% en 2010 (au lieu d’une croissance de 0,1%) et une croissance de seulement 1,9% en 2011 (au lieu de 2,4%). Et encore, il y a fort à parier que ces chiffres seront bientôt encore plus maussades.

Entre-temps la dette de l’Etat grandit. En 2008, elle a déjà atteint 89% du Produit Intérieur Brut (la richesse annuellement produite en Belgique) à cause des mesures de soutien au secteur bancaire. Elle devrait probablement dépasser le PIB pour la fin de cette année.

L’Etat est exsangue. Ses revenus ont baissé ces derniers temps, d’une part à cause des diminutions de charges accordées au patronat et d’autre part, parce que la baisse du pouvoir d’achat et la montée du chômage font diminuer les rentrées via les impôts. Par contre, les dépenses de l’Etat grandissent : de plus en plus d’allocations de chômage, les diverses mesures du plan de relance,…

Au lieu d’apprendre du passé, le gouvernement veut continuer à appliquer la même politique néolibérale. Pour «relancer» l’économie, le patronat aura encore moins à payer et les réserves de la sécurité sociale seront encore plus vidées sous prétexte que les cotisations patronales deviennent de plus en plus difficiles à payer. C’est tout de même loufoque cette idée selon laquelle les recettes qui ont causé la crise devraient permettre de la résoudre…

Année après année, la productivité a augmenté tandis que nos emplois devenaient de plus en plus flexibles et précaires. Les entreprises ont fait des profits record, mais nos salaires n’en ont rien vu – au contraire de ceux des top managers. Au lieu de réinvestir leurs profits, les patrons ont choisi de spéculer. Et ma i n t e – nant que les bulles spéculatives ont explosé, ce serait à nous tous de payer pour leur crise ? Si on laisse faire le patronat et ses partis politiques, ce sera le cas. Les grosses fortunes et les top managers peuvent être rassurés : les allocataires sociaux, travailleurs et services publics seront là pour éponger la note.

Nous n’avons donc pas d’autre choix que de mener une lutte décidée pour défendre nos emplois et nos conditions de travail et pour protéger les services publics et la sécurité sociale, une lutte organisée et unifiée. Ensemble, nous sommes plus forts, au-delà des frontières de secteurs, de couleurs syndicales, de couleurs de peau, de régions, de langues et de pays !

Partager :
Imprimer :
Première page de Lutte Socialiste