La crise frappe les plus faibles en premier

La crise frappe les plus faibles en premier

La machine capitaliste est enrayée… La crise actuelle nous montre que ces rouages n’étaient pas si parfaits que ce que l’on nous en disait, happant au passage des milliers d’emplois et broyant les familles qui en dépendaient. De leur côté, ceux qui ont conduit tambour battant la machine à sa perte tentent de sauver leurs billes du jeu. Quoi de mieux pour ne pas se faire attraper soi-même que de faire pa- yer les autres ?

Par Damien (Liège) et Alain (Namur)

Les termes “chômage économique” et “licenciements” sont devenus d’un commun alarmant. Nous y sommes tous confrontés de manière plus ou moins directe, qu’il s’agisse d’un parent, d’un collègue ou d’un ami. Malheureusement (et comme on peut s’en douter), ce ne sont là que les premières victimes de la tentative de sauvetage du grand capital. Les travailleurs sont mis à la porte par milliers pour permettre aux actionnaires de continuer à ponctionner la richesse produite par la collectivité. La KBC prévoit 140.000 pertes d’emploi en Belgique pour les années 2009-2010. Autant dire que la liste va être longue… De plus, ces prévisions sont sujettes à une réévaluation fréquente et les prévisions s’aggravent constamment, au rythme de la dégradation de la situation économique.

En ce qui concerne le chômage des jeunes, la Belgique se classe très mal internationalement. En effet, alors que le taux de chômage moyen des jeunes en Europe s’élève à 17%, en Belgique ce taux monte à 21%. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, la hausse du chômage est particulièrement visible… Chaque année, le chômage des jeunes est en hausse entre le 2e et le 3e trimestre en raison des nombreux jeunes quittant l’école et se présentant sur le marché du travail.

D’autre part, avec la crise économique, les jeunes travailleurs sont les premiers touchés par les licenciements. Suivant le principe du « dernier arrivé, premier sorti », les jeunes travailleurs qui ont moins d’expérience que leurs aînés sont les premiers à faire les frais des restructurations avec les travailleurs temporaires.

Ces dernières années, la politique de flexibilisation et de précarisation du marché du travail s’est amplifiée au détriment des travailleurs qui ont eu de moins en moins de contrats stables. La flexibilité, qui a été vendue par les patrons et leurs relais politiques comme un moyen de lutter contre le chômage de masse, n’a eu comme effet direct que de dégrader les conditions de travail et de vie de l’ensemble des travailleurs.

Un des effets spécifiques de cette crise pour les jeunes se marque sur les jobs étudiants. Avec l’augmentation générale du coût des études mais aussi des loisirs (concerts, cinéma, festivals, sport…), la plupart des jeunes se sont habitués à devoir travailler durant les congés académiques (mais aussi, de plus en plus, durant l’année) pour payer leurs études ou, au moins, pour gagner un peu d’argent de poche. Comme l’indique un article du Soir du 17 avril 2009, cette année, beaucoup de secteurs qui traditionnellement employaient des jeunes à diverses tâches (classement dans des banques, tâche administratives dans l’automobile et la sidérurgie…) vont s’en passer.

Dans l’immédiat, la crise est un prétexte pour sortir les plans de restructuration qui traînaient dans les cartons. Lors de la reprise économique tant espérée (mais dans combien de temps ?), le patronat se trouvera donc dans une position renforcée, avec un stock énorme de travailleurs à sa disposition, prêts à travailler sous n’importe quelles conditions pour un salaire réduit. De plus, grâce aux contrats temporaires et aux mécanismes du chômage économique, les patrons peuvent continuer à « ajuster la force de travail aux contraintes de la production »… et à distribuer des dividendes aux actionnaires.

Avec la vague de licenciements prévus dans les temps à venir, l’Etat va se retrouver confronté à des dépenses d’allocations de chômage qui vont exploser. A terme, ces dépenses, ajoutées à celles déjà consenties pour « sauver » le système bancaire, vont mettre les budgets publics sous pression. Les politiciens tenteront de faire payer une deuxième fois la crise aux travailleurs et à leur famille en réduisant les allocations et les budgets sociaux et en accentuant la chasse aux chômeurs. Parallèlement à cela, la baisse du pouvoir d’achat qui a accompagné ces dernières années et qui va se voir amplifiée par la crise est une menace pour la jeunesse. De plus en plus de ménages vont devoir se serrer la ceinture, au point de ne plus être à même de financer les études, qui se trouvent être de plus en plus coûteuses.

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