Le retour du mouvement antimondialisation ?

Protestations aux sommets internationaux

Début avril, des dizaines de milliers de jeunes et de travailleurs ont manifesté contre les sommets du G20 à Londres et de l’OTAN à Strasbourg. Ces actions exprimaient la colère grandissante parmi une partie de la population mais tout a été fait pour isoler les actions violentes du mécontentement plus largement présent. C’est notamment pour cela qu’autant d’attention a été accordée aux émeutes et aux débordements violents.

Par Mathias (Gand)

Le fait qu’un petit groupe de provocateurs est venu troubler les actions, qu’ils ne dirigeaient pas, ne suffira toutefois pas à stopper le développement du mécontentement et de la colère.

Au début de cette décennie, quand le mouvement antimondialisation a conduit à de grandes mobilisations, nous avions analysé cela comme le prélude d’une radicalisation plus large parmi le mouvement ouvrier. C’est pour cette raison que le fait de donner une orientation aux jeunes vers le mouvement ouvrier était, dès le début, d’une importance cruciale. Et c’est évidemment encore plus important aujourd’hui. Ainsi, lors des actions contre le G20 à Londres, nos camarades britanniques ont été à la base d’une campagne de jeunes pour l’emploi sous le slogan “Youth Fight For Jobs”. Cette action et son message ont fait écho au mécontentement grandissant dans la société.

Cette orientation est cruciale pour éviter l’isolement. Nous comprenons la colère ressentie par la plupart des jeunes, mais les émeutes et la violence sont utilisées par l’establishment pour créer un fossé entre les militants et la colère plus large éprouvée à l’égard des banquiers et des topmanagers. Les politiciens craignent que cette colère ne se dirige aussi vers eux. Ce n’est pas étonnant, il s’agit d’un même petit monde dans lequel existe une multitude de liens mutuels, y compris financiers.

La force de chaque mouvement dépend au final du rôle qu’y joue la classe des travailleurs. Elle seule a la force d’obliger les capitalistes à faire des concessions sérieuses via les grèves, les occupations d’entreprises, les barrages routiers,… Les sommets tels que le G20 peuvent être bloqués, mais il est pour cela nécessaire de compter sur une force bien plus grande que celle des seuls jeunes radicaux. Les travailleurs ont le pouvoir de stopper le système et de changer complètement de société. Les jeunes doivent s’adresser au mouvement ouvrier pour engager ensemble le combat pour un autre système, un avenir socialiste !

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