Résistance internationale contre Trump & son monde

La cote de popularité de Donald a déjà atteint le plus bas niveau depuis 1945 pour un président américain au cours de sa première année de mandat. Son administration est instable, les postes vacants sont nombreux et les changements brusques en son sein ne manquent pas. Trump se met en difficulté même auprès de ses partisans car, alors qu’il avait déclaré que les 100 premiers jours de son administration seraient un exemple d’efficacité, aucune de ses promesses de campagne n’a pu être tenue malgré la rapidité à laquelle il signe des décrets.

Par Ben (Charleroi)

Face à l’extrême instabilité que Trump attise dans la politique tant américaine qu’internationale, l’establishment lui-même est divisé, y compris chez les Républicains aux USA. Une bonne partie de la classe dominante est d’ailleurs effrayée par le risque de soulèvements sociaux massifs qui pourraient se développer en réaction à sa politique aventurière.

Alors que Clinton et Obama voulaient d’abord ‘‘laisser sa chance’’ à Trump, ils commencent à se sentir obligés de parler de résistance. Mais soyons clairs, le Parti démocrate est incapable d’être celui de la résistance sociale, son appareil est directement responsable de la victoire de Trump pour avoir écarté le seul candidat capable de réellement lui couper l’herbe sous le pied : Bernie Sanders.
Il existe une force plus colossale que celle de l’administration Trump. Plus puissante que celle de l’appareil pro-business des partis républicain et démocrate. C’est celle de la masse des travailleurs et des jeunes lorsqu’ils luttent de façon coordonnée, qu’ils organisent des actions de désobéissance civile, des manifestations et des grèves. Des éléments de cette force potentielle avaient déjà émergé avec le mouvement Occupy en 2011. Dès le lendemain de l’investiture de Trump, ce potentiel a encore été confirmé avec les mobilisations de masse de la Women’s march.

Depuis, de nombreuses poches de résistance se sont manifestées, à l’image des actions ayant fait suite au décret anti-immigration (le ‘‘muslimban’’), de la marche pour la science ou encore des actions, manifestations et grèves à l’occasion du 1er mai.

De la défensive à l’offensive !

À l’époque de l’administration de droite dure du républicain Richard Nixon (1969-74), les mobilisations sociales étaient telles qu’elles ont participé à mettre un terme à la guerre du Vietnam et que toutes sortes de réformes progressistes ont dû être mises en place, comme des lois anti-discrimination, sur la sécurité sur les lieux de travail, la protection de l’environnement ou encore le droit à l’avortement. Il n’y a donc rien de nouveau dans l’idée que des mobilisations de masses peuvent non seulement faire reculer une administration, même fortement ancrée à droite, mais aussi lui imposer un agenda progressiste.

Même s’il est vrai que, ces dernières décennies, les mouvements de masse étaient plutôt sur la défensive, le potentiel pour reconstruire des mouvements sociaux capables d’arracher de nouvelles conquêtes existe bel et bien. Les luttes qui prennent place aux États-Unis constituent une base apte à stimuler la construction d’une nouvelle organisation qui rassemblerait les travailleurs et les jeunes de manière indépendante par rapport au big-business pour défendre des politiques qui leur soient propres.

Mais pour cela, il faut s’armer d’un programme mobilisateur et ambitieux, qui permet de ne pas se limiter à une opposition aux mesures de Trump, mais qui propose des alternatives : un salaire minimum de 15$ de l’heure (contre 7,5$ actuellement), une assurance-maladie pour tous, la suppression de la dette étudiante, la fin des politiques racistes d’incarcération, etc.

Au sein de ces mouvements et organisations de masses de travailleurs et de jeunes, un courant révolutionnaire devra clarifier patiemment que le capitalisme en crise ne permet pas d’obtenir la réalisation de réformes ambitieuses et que, même lorsque c’est le cas, elles ne sont que temporaires. Seules la sortie du capitalisme et une transformation socialiste de la société peuvent répondre à l’urgence sociale et en finir avec l’injustice et l’inégalité tout en ouvrant la voie à la construction d’une société basée sur la solidarité. Le potentiel de l’Humanité pourrait ainsi pleinement se développer en faveur de toutes et tous et non plus être bloqué pour satisfaire l’avidité d’une infime minorité.

Aidez-nous à construire ce courant révolutionnaire au niveau mondial en rejoignant notre internationale, le Comité pour une Internationale Ouvrière, et sa section belge, le PSL.

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