Provoquer la division pour dévier l’attention des politiques antisociales

Stop au racisme et au sexisme, nous ne nous laisserons pas diviser !

Depuis la mise en fonction de Zuhal Demir en tant que secrétaire d’Etat pour l’Egalité des chances et la Lutte contre le racisme, ses attaques se multiplient, entre autres envers la direction d’Unia. La secrétaire d’Etat ne laisse passer aucune occasion de s’en prendre au Centre contre la discrimination. Elle lui a même donné le nom de ‘Centre pour la polarisation’. La débâcle date de la démission de Rachida Lamrabet.

Par Sander (Gand), article tiré de l’édition de mai de Lutte Socialiste

Une polémique a éclaté en Flandre en avril dernier lorsqu’une juriste d’Unia (le centre interfédéral pour l’égalité des chances), Rachida Lamrabet, a déclaré dans une interview, en son nom propre, qu’interdire le port de la burqa porte atteinte aux droits des femmes. La nouvelle secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances Zuhal Demir (N-VA) a très fortement critiqué ces propos et exigé qu’Unia prenne ouvertement ses distances avec les paroles de son employée. Unia a cédé à la pression de la droite. Le licenciement de la juriste a suivi de peu.

Une fonctionnaire du gouvernement flamand a également été licenciée fin mars par Liesbeth Homans (N-VA) après avoir émis quelques critiques sur la politique relative à la diversité. Officiellement, la sanction est tombée pour ‘‘manque de leadership’’, sans que la ministre n’ait assisté à un seul atelier ou une seule session d’information en sa présence. La ministre ne l’avait croisée que cinq fois en trois ans.

L’offensive s’est poursuivie avec une déclaration de Zuhal Demir contre le CD&V, pour qui les musulmans seraient ‘‘du bétail électoral’’, au moment même où le CD&V s’est aventuré sur le terrain nauséabond de la N-VA. La ministre de l’enseignement flamand Hilde Crevits avait ainsi expliqué que, selon elle, ‘‘les parents d’origine étrangère devraient s’investir plus’’ dans l’éducation de leurs enfants. Le referendum constitutionnel turc a ensuite été utilisé pour remettre en question la double nationalité. La N-VA a beau s’en prendre aux partisans d’Erdogan, cela ne l’empêche pas de défendre l’accord conclu par l’UE avec ce même dictateur pour retenir les réfugiés en Turquie.

Si l’attitude de Zuhal Demir n’est pas perçue comme du racisme dans l’opinion publique, c’est en raison de ses origines étrangères. Mais ce n’est pas parce qu’une femme ou un homme d’origine étrangère se retrouve au pouvoir qu’une politique de défense des droits des minorités est automatiquement menée. Ici, nous assistons au contraire à une surenchère de rhétorique discriminante.

De tels propos servent à détourner l’attention de la politique antisociale du gouvernement. Cela cadre parfaitement avec l’attitude de la N-VA vis-à-vis de la classe des travailleurs. Ces derniers mois, la N-VA a illustré qu’elle aussi trempait dans les pratiques des partis traditionnels (enrichissement personnel d’élus, abus de mandats dans les intercommunales,…). Il lui importe donc aussi de créer un écran de fumée face à ces révélations.

Pour en finir avec le racisme, le sexisme et la discrimination, il nous faut une politique et une économie contrôlées par les travailleurs, au service des travailleurs, avec des élus qui ne gagnent pas plus que le salaire moyen d’un travailleur et qui sont révocables en permanence. C’est seulement de cette manière que les minorités auront une voix qui compte et des représentants qui doivent rendre des comptes pour chacune de leurs décisions. Voilà comment pourrait être élaborée une démocratie inclusive respectant les droits de chacun et qui ne réduirait personne au rang de ‘bétail électoral’.

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