Le socialisme, réponse aux crises environnementale et économique

Une critique d’ECOLO

Les perspectives économiques ne sont pas les seules à devenir jour après jour plus inquiétantes. Sur bases de nouvelles analyses, des scientifiques estiment qu’il faudrait parler de l’augmentation prochaine du niveau de la mer non pas en centimètres, mais bien en mètres (1). Des villes comme Shangaï, Calcutta, La Nouvelle Orléans, Miami ou encore New York seraient menacées au cours des 100 prochaines années…

Par Nicolas Croes

L’avenir qui se dessine sur base du constat de la crise environnementale et économique est loin d’être réjouis-sant : aux pertes d’emplois, à la misère et à la famine s’ajoutent la pollution, les dérèglements climatiques et la disparition d’espèces même aussi communes que le thon. La planète des générations futures est un monde imprévisible, à la mécanique naturelle grippée. Ecolo en tire une conclusion correcte : “(…) il s’avère indispensable pour les Verts d’honorer la double exigence à laquelle nous devons faire face : la réduction drastique de notre empreinte écologique et la lutte contre la précarité sociale.” (2). Hélas, avec les méthodes qui sont les leurs, Ecolo n’honorera rien du tout.

Chez les écologistes officiels – partis ou ONG – il est véritablement frustrant de constater à quel point il existe un gouffre gigantesque entre, d’un côté, une dénonciation correcte de l’affolant processus de destruction de la nature et, de l’autre, les solu-tions avancées pour y faire face. Un peu comme si un médecin tendait avec un large sourire une aspirine à un patient auquel il vient tout juste d’expliquer quel genre d’avenir lui laissera son cancer…

Mais avant même de parler de la composition de cette fameuse aspirine (le programme d’Ecolo par exemple), on est en droit de se poser des questions sur la manière de l’administrer au patient. Récemment, le groupe des Verts au Parlement européen a proposé – sans succès – de soutenir une proposition issue d’une conférence des Nations Unies consacrée à la crise économique. Ecolo a ensuite simplement constaté l’échec en déclarant : “Reste à espérer qu’une telle idée parvienne (…) à se frayer un chemin au sein de la classe politique européenne.” (3) De tels propos, presque des prières, illustrent crument l’absence de perspectives sur la marche à suivre pour une réelle défense de l’environnement.

Quand on regarde l’histoire des acquis sociaux, en Belgique ou ailleurs, on ne peut que remarquer que ces derniers ont toujours été résultats de luttes, souvent très intenses. Le simple lobbying “idéologique” est une impasse, le point crucial est la construction d’un rapport de forces dans la société. Ce qui nécessite de clairement identifier les responsables du problème. A ce titre, Paul Lannoye, un des fondateurs d’Ecolo qui a depuis lors quitté le parti, fait une analyse intéressante: “Ecolo, comme les autres formations, persiste à faire le pari de la relance économique. Même si cette alternative est verte, c’est une erreur de prôner le développement durable. Ecolo pratique une écologie d’accompagnement, pas une écologie de transformation. (…) Ecolo ne remet pas en cause le système capitaliste.” (4)

Cette dernière phrase illustre le problème fondamental d’Ecolo tant par rapport à ses méthodes qu’à son programme. Ce dernier est constitué d’une suite de revendications vagues (“élargir les marges de manœuvres des Etats” ou mettre en place un “Green Deal” au contenu flou) qui refusent de s’en prendre à la cause réelle de la crise environnementale : le système capitaliste.

Ecolo est tombé dans un piège vicieux : considérer que l’environnement est l’aspect fondamental de la société, au détriment de la division de la société en classes et de l’exploitation. Le danger est de laisser des problématiques comme la défense de l’environnement (ou l’inégalité entre les hommes et les femmes,…) prendre le pas sur la lutte contre la cause principale, le capitalisme, ainsi que de passer à côté du rôle central du mouvement ouvrier. Cela ne signifie en rien qu’il faut laisser tomber ces revendications, mais au contraire les orienter sans équivoque vers le mouvement des travailleurs pour une confrontation avec le système d’exploitation capitaliste.

Tourner autour du pot est la perte d’un temps précieux. Le problème est le capitalisme (et pas simplement le capitalisme “sauvage” ou “libéral”), la solution est le socialisme (et pas le “socialisme du XXIe siècle” ou d’autres termes “adoucis”).


  1. Une étude alarmante, Le Soir du 16 avril 2009
  2. Il faut un green deal planétaire pour répondre à la crise!, www.ecolo.be
  3. Idem
  4. Ecolo fait fausse route, Le Vif, édition du 10 au 16 avril 2009

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