Pays-Bas. Le gouvernement désavoué, mais Wilders dément les pronostics

Rutte et Samsom, les chefs de file de la précédente coalition, sanctionnée dans les élections. Photo : Flickr/minister-president

Geert Wilders n’a pas pu réaliser sa grande percée lors des élections du 15 mars dernier. Le gouvernement austéritaire du VVD (libéraux) et PvdA (sociaux-démocrates) a perdu pas moins de 37 de ses 80 sièges ! La social-démocratie a perdu -29 sièges, il ne leur en reste plus que 9. Le premier ministre sortant Mark Rutte (VVD) s’est autoproclamé grand vainqueur. Son parti a pourtant reculé, sans toutefois être dépassé par Geert Wilders.

Malgré la crise des réfugiés ou la victoire de Trump, le PVV de Wilders n’est passé que de 15 à 20 sièges (13,1% des voix). Wilders a surtout mené campagne avec d’interminables remarques haineuses et racistes sur Twitter. Des tracts ont été distribués ça et là, mais à ces occasions, on voyait plus d’agents de sécurité que de membres du PVV. Wilders n’a jamais pu organiser de rassemblements de masse.
Sa progression limitée ne signifie cependant aucunement que le danger de l’extrême-droite ou du racisme soit écarté. Le VVD a repris des éléments de la rhétorique de Wilders. Mark Rutte a ainsi publié une lettre ouverte appelant les migrants à se comporter ‘‘normalement’’ ou à foutre le camp. Même le troisième parti le plus important, le CDA chrétien-démocrate, a adopté des positions fortement ancrées à droite.

Le PvdA social-démocrate est maintenant dépassé par D66 (des libéraux de gauche), GroenLinks et le SP (Socialistische partij). GroenLinks a le plus progressé sur base d’un programme libéral de gauche et d’une tête de liste charismatique. D66 se positionne comme un parti libéral de gauche, mais l’élément libéral est prédominant : il propose plus d’austérité dans les soins de santé que le VVD !

Le SP a malheureusement reculé. Au lieu d’opter pour une attitude d’opposition fondamentale, tel que devrait le faire un vrai parti socialiste, sa direction a préféré un profil de ‘‘parti normal’’. A Amsterdam et à Utrecht, deux villes où le SP est en coalition avec des partis de droite comme le VVD, son recul est remar-quable. Sans changement d’orientation, le SP continuera à stagner.

Le nouveau gouvernement doit être constitué sous la direction du VVD, qui veut poursuivre la même trajectoire austéritaire mais a besoin d’autres partis. Toutes les coalitions imaginables ont le désavantage de représenter un compromis compliqué. Ceci sera vraisemblablement la caractéristique de la nouvelle coalition.

Les travailleurs néerlandais plient sous de nombreux problèmes : bas salaires, manque de sécurité d’emploi, pression au travail, loyers élevés, frais élevés pour les soins de santé, enseignement cher, … La moitié des jeunes qui commencent à travailler sont piégés dans des emplois flexibles. La fédération syndicale FNV dénonce le flex-esclavagisme du gouvernement. La reconstruction du mouvement syndical est d’une extrême importance et peut, par l’offensive, entamer la lutte autour des revendications salariales, la sécurité d’emploi et de meilleures conditions de travail. En même temps, un parti des travailleurs large et démocratique est nécessaire.

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