Le conseil communal de Gand, tout comme le PS liégeois et d’ailleurs, ne semble pas sortir de l’atmosphère de crise et de scandale. Tom Balthazar du SP.a et Christophe Peeters de l’Open VLD ont reçu pendant des années de larges redevances pour leur siège au conseil d’administration de Publipart, petite-fille de l’intercommunale Publifin.

Par Bart Vandersteene

Selon Philippe Moureaux (PS), si les politiques ne gagnent pas assez d’argent, ils seraient dépendants des milieux d’affaires. Mais c’est tout l’inverse, les politiciens sont comme cul et chemise avec le monde des affaires. L’affaire de la banque Optima à Gand, par exemple, a révélé qu’il existe un réseau très proche entre les politiciens et les promoteurs immobiliers. On y trouve des chiffres d’affaires louches, et le développent d’un modèle d’urbanisme orienté vers les riches et à l’abri du regard la population générale. L’aura progressiste avec laquelle bourgmestre de Termont a été couronné comme le plus à gauche de Flandre a perdu de son éclat dans cette affaire.

Comme ailleurs, les échevins gantois reçoivent une belle compensation de la communauté. Ils peuvent aisément subvenir aux besoins d’une famille, et ce même avec la hausse des prix de l’immobilier dans la ville. Ils reçoivent ainsi 8.290,12 € brut par mois en plus du remboursement de leurs frais. Pourtant, ils semblent trouver normal de recevoir une rémunération supplémentaire pour accomplir leur fonction en tant que représentants du gouvernement local dans le conseil d’administration d’une société intercommunale ou mixte. Comme si nous, en tant qu’employé ordinaire d’un département, nous pouvions attendre une rémunération en plus de notre salaire pour notre participation à une réunion de concertation avec un autre service !

Un rejet des partis traditionnels

Face à ces multiples scandales, le rejet par la population des partis traditionnels est de plus en plus clair. Selon un sondage iVOX révélé par les journaux Sudpresse (18/02/2017), près d’un Wallon sur deux (43,5%) affirme que l’affaire Publifin va le pousser à modifier son vote lors des prochaines élections par rapport aux dernières de 2014. C’est bien entendu l’ensemble des partis traditionnels qui y perd des plumes, le PS en tête avec 45,5% de son électorat qui ne le soutiendrait plus aux prochaines élections. Les autres partis ne sont pas en reste avec 40% pour le MR, 50% au cdH et 37,5% chez Ecolo.

Résultat, bien que près d’un quart des Wallons n’aient pas encore fait leur choix, le PTB gagne des points (17,4%) ; il n’est plus qu’à 4 points du PS (21,3%) et devance Ecolo (13,7%) et le cdH (10,1%). Le MR perd, quant à lui, quelques plumes (20,7%). Défi (ex-FDF) se maintient (4,5%), et le PP parvient à peine à monter (6,9%), toujours selon les journaux de Sudpresse. C’est une guerre en règle entre les partis traditionnels pour gagner quelques points.

Pour une gestion démocratique de nos services

84% des Wallons sondés ne veulent plus qu’un élu puisse continuer à exercer plus qu’un mandat rémunéré. Seuls 12% sont encore prêt à tolérer ce système. Ça bouillonne dans les partis pour trouver une nouvelle manière de s’autoréguler. Démissions et réformes symboliques font beaucoup de bruit, mais en termes de changements en profondeur, ça ne va pas bien loin.

Ainsi, le PS voit la nécessité d’un changement, mais jusqu’où ? Le moins possible… Les tensions internes sont toutefois vives, conscient qu’un statu quo serait fatal au parti. Notons que même après avoir été forcés à contrecœur à démissionner de l’ensemble de leurs mandats rémunérés, le salaire des élus reste bien loin du salaire moyen d’un travailleur. Ainsi, Alain Mathot – au cœur de la tourmente – n’a pu garder que ses mandats élus de député et bourgmestre. Sa rémunération est plafonnée à une fois et demie l’indemnité parlementaire. Soit, en 2015, 183.525,34 euros bruts par an.

Le MR est, lui, favorable à des changements symboliques. Dans un courrier, le président du MR Olivier Chastel dit ceci: “Au-delà d’un mandat originaire (conseiller communal, provincial ou de CPAS), nul élu MR ne pourra détenir plus de trois mandats rémunérés, quelle que soit la structure publique ou dérivée du public dans laquelle il perçoit cette rémunération et quel qu’en soit le montant”. Quatre salaires sans qu’ils ne soient nécessairement plafonnés, voilà sa solution…

L’ensemble des partis traditionnels, en ce compris la social-démocratie et les verts, adhèrent à la pratique d’une gestion telle que dans le secteur privé de nos intercommunales et se concentrent totalement sur la satisfaction de la cupidité des actionnaires privés. L’Open VLD utilise aujourd’hui cette crise afin de procéder à une privatisation complète de ces services intercommunaux.

Nous croyons pourtant que des secteurs comme l’énergie et autres peuvent et devraient être gérés par la commune, mais pour servir la communauté. Ils ne devraient donc pas prendre la forme d’entreprises semi-publiques qui fonctionnent exactement avec la même cupidité et les mêmes rémunérations excessives que les entreprises privées. Ils ne devraient pas non plus être utilisés par les autorités pour construire des structures floues dont le seul but est de distribuer des postes.

Non, nous avons besoin que l’ensemble des services publics, en ce compris les intercommunales, soient gérés démocratiquement par des représentants de l’autorité locale, les employés du service et les bénéficiaires. Les élus représentant la population, le personnel et les consommateurs devraient faire l’objet de rappel à l’ordre et ne devraient pas bénéficier de privilèges sur la base de leur fonction, mais devraient seulement avoir les intérêts de la communauté à l’esprit.

Des revendications exigeant la transparence ou même le remboursement des rémunérations sont justifiées, mais elles ne sont pas suffisantes. D’autres priorités politiques sont indispensables: des logements abordables, des investissements massifs dans les transports en commun, du travail pour tous pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion,… Ces propositions simples et logiques nécessitent une rupture socialiste avec ce système. Voilà ce que le PSL défend.