16 mars : manifestation antiraciste à Anvers

Jeudi 19 mars, 19h, gare d’Anvers-Berchem

Beaucoup se préoccupent de l’essor de la droite populiste aux USA et en Europe. Et à raison ! Les populistes créent dans leur sillage un espace qui rend le racisme, le sexisme et l’homophobie plus acceptables tout en appliquant, eux aussi, une politique austéritaire qui accentue les tensions sociales. Une telle atmosphère rend l’extrême droite plus confiante et plus agressive. C’est pourquoi Blokbuster (la campagne antifasciste flamande du PSL) et les Étudiants de Gauche Actifs organisent une marche contre le racisme, le sexisme, la politique antisociale et l’organisation d’extrême droite NSV (organisation étudiante officieuse du Vlaams Belang).

Texte de plateforme de la manifestation

Si Trump démontre bien une chose, c’est que la percée de la droite populiste n’est pas un développement innocent. Ceux qui espéraient qu’il allait modérer son discours et tempérer sa politique en sont pour leurs frais. Interdiction d’entrée sur le territoire pour les ressortissants de 7 pays à majorité musulmane, attaques contre le droit à l’avortement, organisation d’une expulsion massive des migrants, etc. : tout ceci n’est encore qu’un avant-goût de ce qui nous attend quand Trump et son gouvernement auront les mains libres.

En Europe aussi, des années d’austérité, d’inégalités croissantes et de contradictions sociales accrues ont conduit à un dégoût complet de l’establishment politique. Faute d’une alternative politique de gauche, les populistes de droite parviennent à instrumentaliser ce mécontentement. Marine Le Pen pourrait ainsi finir en tête du premier tour en France et les sondages indiquent une percée importante pour le PVV de Geert Wilders aux Pays-Bas le 15 mars.

Avec la N-VA qui constitue le plus grand parti du gouvernement belge, nous avons déjà pu découvrir en Belgique ce que signifie ‘‘l’alternative’’ de tels populistes de droite : une politique d’énormes coupes budgétaires sur le dos des travailleurs, des jeunes et des allocataires sociaux. Pour dévier l’attention de leur politique antisociale, ils n’hésitent pas à utiliser un ou deux mensonges tout à fait trumpesques, des musulmans qui auraient dansés lors des attentats (selon Jan Jambon) aux Berbères qui sont, selon Bart De Wever, la cause centrale des problèmes sociaux à Anvers. Le nouveau projet de loi de Théo ‘‘Trump’’ Francken, suite auquel des personnes de nationalité étrangère pourraient se faire expulser sur base d’un simple soupçon de trouble à l’ordre public, légalise l’arbitraire et même les discriminations.

Aucune espace pour l’extrême droite

Avec ses discours racistes, la N-VA essaie d’apaiser son aile la plus à droite qui votait précédemment pour le Vlaams Belang. Quand la N-VA a drainé le Vlaams Belang en 2014, beaucoup espéraient que Dewinter et Cie allaient être évincés. Certains y voyaient au moins un mérite de la N-VA. C’était une illusion. Le Vlaams Belang remonte dans les sondages. Son discours dégoûtant devient de plus en plus accepté. Un processus similaire s’est produit en France avec Sarkozy qui, en utilisant une rhétorique de droite et raciste, a pavé le chemin au retour en force du Front National.

Mais ce ne sont pas seulement les partis d’extrême droite comme le Vlaams Belang qui s’en retrouvent renforcés. La victoire de Trump a déchaîné aux USA une vague de messages de haine, d’intimidation et même de violence à l’encontre des personnes de couleur. En Allemagne, le nombre d’attaques contre les centres d’asile a explosé depuis l’essor de l’Alternative für Deutschland (AfD). Il n’est pas exclu qu’en Belgique aussi plusieurs groupuscules d’extrême droite se manifestent plus violemment.

Contre la politique antisociale, pour une alternative sociale

La croissance de l’extrême droite et de la droite populiste ne doit rien au hasard. Le capitalisme néolibéral a conduit à une inégalité sans précédent. Pour la majorité de la population, cela signifie plus de chômage, une pauvreté croissante, un manque de logements, des soins de santé de moindre qualité,…

Des figures telles que Trump, Le Pen, Wilders et De Wever réagissent en accusant divers boucs émissaires. Voilà le terreau sur lequel peuvent croître le racisme, le sexisme et l’homophobie. Ils laissent tranquilles les véritables responsables de ces problèmes et veulent appliquer une politique d’austérité profondément antisociale.

L’exemple des États-Unis a toutefois montré que la lutte paie, les gouvernements de droite peuvent être arrêtés. Le décret anti-immigration de Trump a été suspendu grâce aux protestations de masse. Les millions de personnes qui ont défilé lors de l’investiture de Trump ont clairement montré qu’il n’aurait pas tout simplement le champ libre. En Europe et en Belgique également, il nous faut construire un mur de protestation contre nos propres apprentis-Trump.

Il nous est possible de le faire à l’aide d’un programme capable d’unir les différentes communautés autour des revendications pour un enseignement gratuit, une réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires, la lutte contre le racisme, la défense des droits des femmes,…

Participez !

La manifestation contre le racisme, la haine et les divisions du 16 mars est une réaction à une marche de la haine de l’extrême droite organisée par le Nationalistische Studentenvereniging (NSV) le soir même. Cette marche de la haine sera l’occasion pour de nombreux néonazis de se réunir. Avec une manifestation anti-NSV non violente, nous voulons éviter de laisser la rue à la violence de l’extrême droite. Toi aussi, participe !

• Aucune marche de la haine à Anvers !
• Des emplois, pas de racisme: pour des emplois décents, des logements abordables et un enseignement gratuit pour tous !
• Stop au sexisme. Mon corps, mon choix: la femme est maître de son corps !
• Stop à la répression des réfugiés. C’est aux multinationales qu’il faut s’en prendre, pas à leurs victimes !
• Stop à l’austérité !

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