Il est temps de changer de système !

8 riches possèdent plus que les 3,6 milliards les plus pauvres !

L’année dernière, il fallait encore un autobus pour embarquer les 62 multimilliardaires qui possédaient autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Leurs rangs se sont bien éclaircis depuis lors. Deux taxis suffisent aujourd’hui pour transporter ces 8 personnes. Ne croyez pas que quelques super-riches sont soudainement devenus beaucoup plus pauvres. Ce résultat, c’est celui d’une plus grande concentration des richesses alors que les dettes des plus pauvres avaient été précédemment sous-estimées dans cette étude annuelle de l’ONG Oxfam. En Belgique, les inégalités sont également très fortes : l’un des Belges les plus riches, Albert Frère, possède à lui seul plus que les 2,2 millions de Belges les plus pauvres ensemble !

Par Geert Cool // Cet article est tiré de l’édition de février de Lutte Socialiste, abonnez-vous !

Oxfam est particulièrement virulent: ‘‘Les grandes entreprises, en particulier celles qui prennent part à la réunion au sommet qui a lieu cette semaine à Davos, jouent un rôle majeur dans le fossé qui se creuse. Les ultra riches utilisent un réseau de paradis fiscaux pour éviter de contribuer, ils tirent les salaires de leurs employés et les prix qu’ils paient aux producteurs vers le bas, et diminuent les investissements dans leurs entreprises. Ils utilisent leurs relations pour veiller à ce que la politique gouvernementale soit en leur faveur’’. Pourquoi donc s’en prendre partout à nos conditions de vie alors que 8 super-riches à peine pèsent, réunis, quelques 426 milliards de dollars? Précisément pour les enrichir encore plus…

Ces inégalités ont des conséquences politiques. Oxfam explique : ‘‘Du Brexit à l’élection de Donald Trump, en passant par la montée préoccupante du racisme ou la défiance vis-à-vis des partis traditionnels et de la politique, il apparaît de plus en plus clairement qu’un nombre croissant de personnes dans les pays riches n’acceptent plus ce statu quo. Pourquoi en serait-il autrement, alors même que, d’expérience, cela n’aboutit qu’à une stagnation des salaires, des emplois précaires et un fossé croissant entre les riches et les plus démunis? Le défi consiste à proposer une alternative positive qui n’exacerbe pas les divisions.’’

Selon un sondage réalisé par le journal Le Soir (9 janvier), 74% des Belges ont l’impression que l’élite les laisse tomber, 62% estiment que le système va droit dans le mur et 49% pensent que l’Etat abandonne les gens comme eux à leur sort. La confiance dans le Parlement a diminué de 26% à 12% en 20 ans. Les médias ne font pas beaucoup mieux en passant d’un taux de confiance de 42% à 21%. Selon cette étude, en l’absence de résistance collective, les gens se replient sur eux-mêmes, ce qui a pour conséquence qu’ils sont de plus en plus négatifs à l’égard, notamment, des immigrés et des réfugiés. ‘‘C’est une guerre entre pauvres’’, résume ainsi un médecin prépensionné dans les pages du Soir.

A la base de tout ce mécontentement, on ne trouve pas l’arrivée de réfugié syriens ou afghans mais plutôt la faillite de ce système à pouvoir offrir de bonnes perspectives d’avenir à de larges couches de la population. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: en 2015, pas moins de 138.000 personnes avaient dû faire appel aux banques alimentaires dans ce pays, 1 enfant sur 5 vivait dans la pauvreté. Rien qu’en Flandre, ce sont plus de 10.000 familles qui sont expulsées de leur foyer chaque année… Le gouvernement s’acharne à appliquer une politique qui frappe plus durement les plus démunis. L’année 2017 avait à peine commencé qu’un saut d’index pour les allocations familiales et pour les moyens alloués à l’enseignement primaire et secondaire avait été annoncé en Flandre.

Les critiques d’Oxfam sont accablantes pour le capitalisme. L’inégalité est inhérente à ce système. Il ne s’agit pas d’une petite erreur ou de quelques excès, le système entier repose sur la défense des intérêts d’une infime élite. Ces intérêts sont sauvegardés grâce à la propriété privée des secteurs-clés de l’économie et au pouvoir politique qui y est lié. Ils ont l’argent et le pouvoir, c’est vrai, mais nous avons la force du nombre, et c’est colossal.

S’il n’est pas organisé dans une lutte collective pour le changement et le progrès social, le mécontentement conduit à la frustration. Nous avons besoin de dirigeants syndicaux qui organisent la lutte et d’une gauche qui non seulement dénonce les inégalités du capitalisme et la misère qui en découle, mais qui ose également proposer des solutions socialistes. Si nous ne nous engageons pas dans la lutte collective pour une rupture avec le gouvernement de droite et les politiques d’austérité en général, nous laissons alors le débat politique à ceux qui n’ont que la détresse à offrir.

L’étude d’Oxfam confirme que nous disposons d’assez de moyens pour que chacun puisse bénéficier d’une vie décente. Pensons seulement aux milliers de milliards d’euros cachés dans les paradis fiscaux. Pourquoi attendre ? Pourquoi ne pas commencer dès maintenant à nous battre pour un système différent? L’élite capitaliste ne renoncera pas volontairement à son pouvoir. Nous devons nous organiser et nous confronter à l’élite. Comme l’étude d’Oxfam le confirme également, nous avons la force de notre nombre. Rejoignez le PSL!

Partager : Imprimer :