Faisons de la manifestation du 15 mai de la Confédération Européenne des Syndicats une journée nationale de grève pour l’emploi

Ne nous laissons pas conduire à l’abattoir entreprise par entreprise

Ces derniers mois, dans des centaines d’entreprises, des milliers de collègues intérimaires ont été renvoyés. En un an, le nombre d’intérimaires a reculé de 23,5% (et même de 32,4% pour les intérimaires ouvriers), soit la plus forte baisse jamais registrée (Federgon, 27/02/2009). Des contrats à durée déterminée ne sont plus prolongés.

Tract du PSL

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Un nombre record de 8.472 entreprises ont connu des faillites, plus particulièrement dans le textile et le métal. En 2009, le cap de 10.000 fermetures d’entreprises devrait être atteint, un record absolu. Selon la FGTB, 13.500 emplois ont été perdus depuis le mois de septembre dans les grandes entreprises, c-à-d 6 fois plus qu’au cours des 8 mois précédents (FGTB, 11 mars 2009) .

Avant que n’éclate la crise, environ 6% des ouvriers étaient en chômage économique par mois, 9% en octobre 2008, 21% en février! Un ouvrier sur cinq était alors au chômage économique pour une moyenne de 6 jours (SD WORX, 12 mars 2009), et un quart des ouvriers a au moins connu une journée de chômage.

Chômage croissant, perte de revenus, drames sociaux…

Lorsque les politiciens en parlent, c’est pour nous expliquer qu’il n’y a pas de marge budgétaire. En tout cas, pas pour nous. Les syndicats revendiquent des mesures pour sauvegarder l’emploi et le pouvoir d’achat et plaident pour des investissements «verts». Le 15 mai, la CES (Confédération Européenne des Syndicats) organise une manifestation à Bruxelles pour cela.

Le Parti Socialiste de Lutte trouve que cela fait trop longtemps que nous nous laissons conduire à l’abattoir entreprise par entreprise. Nous pensons qu’il faut lancer une vraie mobilisation pour le 15 mai et en faire une journée d’action nationale, comme les syndicats français en ont déjà fait deux.

Si nous n’arrivons pas à rembourser nos emprunts, on saisit notre mobilier. Mais si ce sont les banques, leurs palais de marbre n’ont rien à craindre. Pour elles, le gouvernement dépense sans compter l’argent que le contribuable devra cracher les années à venir. Cela a déjà coûté 24 milliards d’euros, 12 fois le montant de l’accord interprofessionnel pour tout le secteur privé !

Les patrons appellent à la «solidarité» et disent que «revendiquer des augmentations salariales revient à demander encore plus de chômage». Pourquoi ne sont-ils eux-mêmes pas solidaires? Ils ont fait de bonnes affaires ces dernières années. Nous n’avons pas encore oublié les boni record, les milliards de dividendes et les fêtes annuelles des millionnaires. De la solidarité ? Pas en distribuant la pauvreté, mais la richesse !

Le Parti socialiste de lutte veut :

  • une adaptation des salaires au coût réel de la vie
  • la liaison au bien-être des allocations de ceux qui ne peuvent pas travailler à cause de maladie, de vieillesse ou de manque d’emploi
  • la nationalisation du secteur énergétique avec des prix maximum déterminés par la loi
  • beaucoup plus de logements sociaux afin de réduire les prix des loyers et des habitations.

Arrêter la politique d’assainissements

La réponse des partis gouvernementaux au chômage, c’est baisser les charges patronales, multiplier les chèque-services, introduire le travail intérimaire dans les secteurs publics ou encore élargir le système de chômage économique aux employés. Avec tout cela, les patrons feront encore de nouveaux profits, sans engagement de leur part. Résultat : la sécu est en déficit de 2 milliards d’euros. Priez pour ne pas tomber malade, vieillir ou être en surnombre au travail !

On s’attendrait à ce que les plus anciens puissent partir un peu plus vite en retraite pour que les jeunes se mettent au boulot. Pas du tout. En Hollande, il faut dorénavant travailler jusqu’à 67 ans pour avoir droit à une pension complète. C’est probablement tenable pour les politiciens, mais à quand on travaille à la chaîne ou sur un chantier ? En Belgique on n’en est pas encore là, mais le Pacte des Générations a montré la voie. Au lieu de répartir le travail disponible, on jette l’un à la rue tandis que l’autre devra bosser jusqu’à l’épuisement.

Le Parti Socialiste de Lutte veut :

  • bas les pattes de la sécu, nous en aurons encore grandement besoin
  • un vrai statut unique pour les ouvriers et les employés, harmonisé vers le haut
  • pas de statuts bidon, mais de vrais emplois avec un même type contrat de travail pour tous
  • une répartition du travail disponible par la réduction du temps de travail sans perte de salaire, pour ne pas être obligés de compléter le revenu familial avec des heures supplémentaires ou en noir.

« Dans beaucoup de régions, par fort temps de pluie, on se trouve déjà dans l’eau jusqu’aux genoux, y compris à l’intérieur »

Les routes et le matériel ferroviaire sont délabrés. Il manque des milliers de logements sociaux. Les bâtiments scolaires et les prisons sont au bord de la ruine. Quand l’économie était encore en croissance, il n’y avait jamais assez de moyens disponibles pour les travaux d’infrastructure nécessaires, et ne parlons même pas d’investissements «verts». Les politiciens belges auraient-ils vraiment attendu, comme leurs collègues italiens, jusqu’à ce que les bâtiments s’écroulent sur les élèves? Qui pourra le dire? Dans beaucoup de régions, par fort temps de pluie, on se trouve déjà dans l’eau jusqu’aux genoux, y compris à l’intérieur. Maintenant que la crise frappe, soudainement, l’argent existe pour les travaux d’infrastructure, sous la forme de partenariat public-privé. Selon la Cour des Comptes, cela signifie «des profits privés et des dépenses publiques».

Pendant que des milliers de postiers manifestent contre la pression au travail, la direction et le ministre distribuent les réserves financières aux actionnaires.

Systématiquement, les secteurs d’utilité sociale qui rapportent insuffisamment sont en manque d’effectifs. Pendant que des milliers de postiers manifestent contre la pression au travail, la direction et le ministre distribuent les réserves aux actionnaires! Si tous les travaux d’infrastructure nécessaires étaient assurés et si tous les emplois d’utilité sociale étaient pourvus, une réduction du temps de travail ne serait même pas nécessaire pour assurer un emploi et un salaire à tous les chômeurs. Mais tant que cela ne rapporte pas de gros profits, le patronat et ses gouvernements ne sont pas intéressés.

Le Parti Socialiste de Lutte est en faveur de la nationalisation complète du secteur financier – avec compensation pour les petits actionnaires sur base de besoins prouvés – pour le rassembler en un organisme public sous le contrôle et la gestion de la collectivité. Cela ne garantirait pas seulement une meilleure protection de l’épargne, mais assurerait également qu’au lieu de devoir mendier auprès des directions des banques pour obtenir un crédit, les autorités pourraient elles-mêmes effectuer les investissements publics qui répondent aux besoins de la population.

Il est temps d’avoir un nouveau parti plus à gauche

Un tel programme n’est réalisable qu’avec un rapport de forces favorable aux travailleurs et à leurs familles. Depuis des années, chaque lutte butte sur une absence de volonté politique, ce qui décourage et pousse certains dans les mains de l’extrême-droite. La gauche est plus forte dans nos pays voisins, les PS et les écolos sont grillés au poteau par de nouveaux partis plus à gauche. En Belgique, depuis trop longtemps, beaucoup de dirigeants syndicaux soutiennent le PS au nom du «moindre mal». Il est grand temps d’abandonner ces illusions dans le PS avant que «la base traditionnelle» ne soit complètement dégoûtée.

A lui seul, le Parti Socialiste de Lutte ne peut pas remplir ce vide à gauche du PS et d’Ecolo. Même ensemble, toutes les formations de la gauche radicale n’y arriveraient pas, mais peut-être cela aiderait-il à réveiller les appareils syndicaux. C’est pourquoi le PSL a écrit au PTB pour déposer une liste commune dans tout le pays, de même qu’à un groupe d’opposition à l’intérieur du SP.a du côté néerlandophone, malheureusement sans réponse de leur part. Néanmoins, pour la partie francophone nous avons réussi a déposer une liste unitaire, LCR-PSL pour les élections européennes et PC-PSL-LCR-PH pour les régionales à Bruxelles.

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