Le gouvernement continue de s’en prendre à nos conditions de vie

Le gouvernement Michel poursuit sans relâche son offensive contre nos conditions de vie. Il tente de préserver intacte sa base électorale à l’aide d’une approche répressive de la crise de l’asile et de la migration en discriminant systématiquement les diverses minorités, essentiellement la communauté musulmane. Il répète son raisonnement jusqu’à plus soif disant que la politique d’austérité actuelle est inévitable à cause des demandeurs d’asile – et par extension de tous les migrants – en combinaison avec la politique trop généreuse des gouvernements précédents. Tout cela ne viserait qu’à préserver le bien-être de nos enfants et petits-enfants…

Article d’un délégué FGTB d’une grande entreprise chimique tiré de l’édition de décembre-janvier de Lutte Socialiste.

Un mensonge de plus ou de moins, ça ne va tuer personne, ont dû se dire Charles Michel et sa bande. Ce gouvernement était au bord du gouffre fin 2014 suite au mouvement de grève généralisé. S’il peut continuer à sévir aujourd’hui, c’est parce que les dirigeants syndicaux n’ont pas eu le courage de lui donner le coup de grâce.

Réfutons les mensonges…

Apparemment, ces 30 dernières années, les prétendus ‘‘socialistes’’ du PS et du SP.a. nous ont tout donné gratuitement ! Vous l’aviez remarqué vous ? Il y a aujourd’hui 1,7 million de personnes sous le seuil de pauvreté en Belgique, 1 enfant sur 8 grandit dans la pauvreté, 20,4 % des jeunes sont au chômage,… La vérité, c’est que la politique des gouvernements précédents était, elle aussi, néolibérale, juste son rythme était moins soutenu. Charles Michel est passé à la vitesse supérieure.
Rendons à César ce qui lui appartient : le PS et le SP.a ont effectivement joué aux Saints Nicolas. Ainsi, réductions de charges salariales pour les entreprises – des réductions de cotisations à la sécurité sociale – ont augmenté de près de 10 milliards d’euros pour atteindre un montent de plus de 11 milliards d’euros en 18 ans (de 1996 à 2013). Dans son ‘‘baromètre socio-économique 2016’’, la FGTB fait une comparaison frappante : l’augmentation des dividendes versés aux actionnaires a augmenté de 12 milliards d’euros sur le même laps de temps (voir graphique). Une politique généreuse ? Très certainement ! Mais pour les riches…

Nous ne le nions évidemment pas que la crise de l’asile et de la migration impact réellement le vivre ensemble dans les quartiers et qu’elle instaure entre autres une pression à la baisse sur les salaires. Toutefois, la poursuite de la politique d’austérité constitue la base de l’aggravation des problèmes actuels. Nous ne nions pas non plus le coût immédiat de cette crise pour la société, qui est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros pour l’année 2016. Cependant, cette somme contraste fortement avec le montant des subventions salariales que reçoivent les patrons ou encore avec les milliards d’euros d’impôts éludés par les multinationales. Du reste, comment un migrant qui a un risque de 48,3 % de tomber dans la pauvreté en Belgique peut-il être responsable du déficit budgétaire dans un pays où près de 500 milliards d’euros de biens et de services sont produits chaque année ? Le mystère reste entier.

Vieillir ? Surtout pas !

Migrant ou belge : nous devons tous contribuer à la protection des générations futures ! Mais, au fur et à mesure que la machine austéritaire avance, c’est comme si la boîte de vitesses était coincée en sens inverse. Les réductions budgétaires et mesures antisociales ont beau se suivre telle une avalanche, le déficit budgétaire s’aggrave de 3 % et la dette publique stagne à 107 % du PIB.

Nos enfants et petits-enfants ne sont plus sûrs de rien, sauf qu’ils devront travailler jusqu’à tomber raide, pour une pension qui fond comme neige au soleil. 95 % des Belges ne se voient pas travailler jusqu’à 67 ans. Le gouvernement ne s’arrêtera pas là. Cerise sur le gâteau : ceux qui ont plus de 312 journées de chômage ou qui sont rentrés dans le régime de chômage avec complément d’entreprise (RCC, l’ancienne prépension) verront leur pension calculée sur base d’un forfait et non plus du dernier salaire. La perte équivaudra annuellement à 208 euros de pension en moins pour un salaire médian. La prépension est ainsi enterrée et l’inégalité entre hommes et femmes encore plus creusée en raison de la plus importante proportion de femmes qui connaissent de plus grandes période de chômage ou de travail à temps partiel.

Prendre patience ou…

Pour l’instant, les dirigeants syndicaux de la FGTB et de la CSC semblent abattus. On entend beaucoup de plaintes, mais c’est à peine si l’on voit des initiatives être prises pour organiser la résistance contre les mesures antisociales. Un nouvel Accord Interprofessionnel (AIP) sera négocié avec les employeurs au sein du Groupe des 10 qui comprendra toutes les modifications apportées à la loi de 1996 sur la ‘‘compétitivité des entreprises belges’’ et en ne laissant que peu voire pas de place aux augmentations de salaire. Le combat a déjà commencé dans les soins de santé, là où la pression de la base était devenue trop grande. Cette étincelle pourrait mettre le feu aux poudres dans d’autres secteurs. Le nouvel AIP pourrait aussi pousser à remettre à l’agenda l’organisation d’une nouvelle grève générale.

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