Douwe Egberts. 3 milliards € de profits + cadeaux fiscaux = 274 emplois en moins.

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Alors que nous attendions de savoir avec quelles mesures exactement le gouvernement allait venir chercher dans nos poches les milliards nécessaires pour boucler son budget 2017, une série d’entreprises ont annoncé leurs plans de restructuration les unes après les autres. Pas une semaine sans une nouvelle mauvaise nouvelle: Caterpillar, AXA, ING, etc. Le 15 septembre ce fut au tour de Douwe Egberts de participer à cette sombre dynamique : arrêt de la production sur le site de Grimbergen, 274 emplois supprimés.

Par Nico M (Bruxelles)

En 2014, Douwe Egberts passe sous le giron de Jacobs. Le groupe Jacobs Douwe Egberts devient alors le premier groupe mondial pour la production et la vente de café : 3 milliards de profits par an. A Grimbergen, le site était responsable de 15 millions de bénéfices en 2015 pour 35.000 tonnes de production annuelle.

De plus l’entreprise a bénéficié en Belgique de 1,5 millions d’euros de diminution d’impôts à travers les intérêts notionnels en 2015 et de 500.000 euros de réduction de cotisations sociales. Avant le rachat par Jacobs, les travailleurs avaient aussi accepté la suppression des équipes du week-end. Jamais assez de sacrifices, jamais assez de cadeaux fiscaux ne garantissent le maintien de l’emploi. Une fois encore, la seule chose qui semble expliquer cette saignée est à chercher du côté de la voracité des actionnaires en termes de rentabilité.

Selon la porte-parole toujours, les attentes des consommateurs changent et l’usine n’est plus adaptée. Si l’usine de Grimbergen n’est plus adaptée, est-ce de la faute des travailleurs ? Si l’organisation de la production rencontre des problèmes, c’est du côté du management qu’il faut se tourner. Pourquoi les investissements n’ont-ils pas été réalisés pour adapter la production aux ‘‘nouveaux besoins’’ ? La direction veut privilégier les gros volumes et les produits spécialisés, des attentes auxquelles le site de Grimbergen ne pourrait pas répondre. Si rien n’a été fait en ce sens c’est une erreur de la direction. A moins qu’elle n’ait planifié la fermeture du site à l’avance ?

Une alternative pour et par les travailleurs

La direction s’est également exprimée sur la situation de surcapacité au sein du groupe qui expliquerait qu’elle veuille se débarrasser de Grimbergen. Au vu de ces déclarations, la direction ne reculera pas et elle poussera à fermer et à atteindre ses nouveaux objectifs. Une nouvelle réduction de charges ou une baisse de salaires ne ferait qu’augmenter la compétition entre les travailleurs des différents sites sans garantir pour autant le maintien des emplois. La direction a d’ailleurs expliqué que même si les travailleurs travaillaient gratuitement, elle fermerait tout de même l’usine.

Après la phase d’information de la loi Renault, un plan social devra être négocié en 60 jours maximum. En cas d’échec, la possibilité pour licencier au minimum légal est ouverte pour la direction. Pourquoi ne pas organiser une phase d’information offensive avec les travailleurs. Avec leur banderole à l’entrée de l’usine les délégations du site montrent la voie : ‘‘3 milliards de profits, 1,5 million d’intérêts notionnels, 274 emplois en moins: inacceptable!’’

C’est un bon point de départ pour entamer une large campagne à partir de l’usine. Les assembles générales du personnel donnent l’occasion de discuter des craintes et des attentes tout en trouvant des réponses collectives. Les travailleurs doivent contrecarrer les arguments favorables à la fermeture. Nous avons à Grimbergen des machines pour produire du café, des travailleurs pour les faire marcher et enfin des buveurs de café à travers tout le pays. Face au départ du groupe, la question de l’expropriation sans indemnisation doit être posée. La nationalisation de la ligne de production sous contrôle et gestion des travailleurs et de la collectivité est le meilleur moyen pour mettre en place un projet industriel qui garantisse en premier lieu non pas les profits, mais les emplois. De telles discussions imposeront la question de l’occupation du site par les travailleurs afin d’assurer que la direction ne puissent pas démanteler le site pour le revendre ensuite dès la fin de cette année. La moitié des effectifs de Grimbergen non touchés par le plan social sera amenée à déménager une fois le plan social acté.

Comme dans tous combats, la solidarité est nécessaire. La banderole pourrait être reproduite en affiches et une campagne vers les commerces et la population des environs pourrait être organisée par les syndicats avec un appel à une manifestation de solidarité jusqu’aux portes de l’entreprise. Ce serait, à côté à la loi Renault, un signal fort dans le sens du maintien des emplois. Ne laissons pas les combats contre les licenciements être isolés.

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