<![CDATA[delijnDébut octobre, une commission du parlement flamand a voté une résolution pour demander que le nouvel accord de gestion de la société de transports en commun De Lijn comprenne une clause sur le service minimum en cas de grève. L’initiative a été prise par la N-VA, ce qui n’est pas une surprise, avec le soutien de tous les partis de majorité. Il ne s’agit encore que d’une recommandation, mais c’est une véritable provocation de même qu’un prélude à une nouvelle attaque contre le droit de grève..

Réaction d’un chauffeur de bus

Le ministre flamand Ben Weyts (N-VA) a déclaré que les négociations sur le nouveau contrat de gestion de De Lijn constituent le bon moment d’introduire un service minimum. La N-VA doit finir par admettre que le service minimum reste une compétence fédérale. Mais elle souhaite que la direction et les syndicats se mettent d’accord sur ce service minimum. A la SNCB également ces mêmes partis de droite, rejoints par le MR, affirment vouloir donner ‘‘une chance’’ au dialogue social même si les discussions ne doivent se limiter qu’aux différentes manières d’instaurer un service minimum! Le gouvernement a du reste déjà précisé qu’il finira par imposer le service minimum même sans accord entre syndicats et direction. Quand pareil ultimatum arrivera-t-il à De Lijn ?

Pour eux, le problème, c’est le droit de grève…

Les syndicats de De Lijn parlent d’une déclaration de guerre (CGSP) et d’intimidation (CSC). La CGSP affirme que le contrat de gestion doit être utilisé pour garantir et construire la prestation de service, même dans les endroits moins habités et donc moins rentables.

Les concessions ont déjà été nombreuses par le passé. Pour éviter que des grèves sauvages ne surviennent, un accord prévoit déjà qu’un préavis de grève doit être déposé 14 jours avant la tenue d’une grève et que certaines catégories de personnel (dispatching, contrôleurs et techniciens) puissent déjà être réquisitionnées pour garantir la sécurité. Mais aucune concession ne sera jamais suffisante.
Certains collègues argumentent de laisser introduire ce service minimum et qu’il sera évident que c’est une mesure impossible à mettre en oeuvre. On peut alors se demander quels voyageurs bénéficieront d’un transport et avec quelles conséquences pour la sécurité ? Comment les choses seront-elles organisées avec les lignes privées sur le réseau et qu’en sera-t-il de leur droit de grève ? Les problèmes seront effectivement nombreux et générateurs de chaos. Mais laisser la mesure être introduite pour prouver qu’elle ne fonctionne pas est dangereux. Pour ce gouvernement, ce serait plutôt un argument pour aller encore plus loin dans la limitation du droit de grève. Ce n’est pas une coïncidence si les partis de droite ne parlent plus de service minimum mais de service garanti. Le gouvernement et le patronat ne seront pas satisfaits tant que la totalité du droit de grève n’aura pas fini à la poubelle.

…pour nous, c’est le manque de service ‘normal’ le problème !

Selon les politiciens de droite, le transport public perd le soutien de l’opinion à cause des grèves. Ce sont les vagues d’assainissements budgétaires le souci. En réalité il y a chaque jour un service qui n’est que minimal. Si le gouvernement flamand était vraiment préoccupé par les utilisateurs des transports publics, il opterait pour un plan d’investissement massif.

Le gouvernement fait le contraire avec une nouvelle structure qui ouvre la voie à une plus grande libéralisation et privatisation de parties des transports en commun. Les usagers n’ont aucun intérêt à retirer du service minimum ou d’autres attaques contre notre droit de grève. La gestion austéritaire est désastreuse tant pour le personnel que pour les voyageurs. Il faut lutter ensemble.

Combattons ensemble pour un plan d’investissement massif dans tous les services publics couplé à une véritable lutte contre ce gouvernement. Un programme offensif tel que celui de Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne (favorable à la renationalisation totale des chemins de fer par exemple) peut générer un grand enthousiasme.]]>