C’est leur crise, ce n’est pas à nous de la payer!

En 2008, 20.187 personnes ont perdu leur emploi à cause de la faillite de l’entreprise qui les employait. Un record (32,6% de plus qu’en 2007…) auquel il faut encore ajouter les dizaines de milliers de travailleurs en chômage économique et les milliers de pertes d’emplois liées aux restructurations. La croissance économique précédente s’était déjà faite sur notre dos. Devinez qui devrait maintenant payer pour cette crise ?

Par Alain (Namur) et Nicolas Croes

Selon Bart Van Craeynest, du service étude de la KBC, "La vague des pertes d’emploi, comme nous l’avons vue récemment aux Etats-Unis, nous allons aussi la vivre en Europe et en Belgique. 2009 sera une année catastrophique pour l’emploi". Le même continue en affirmant que "Nous constatons une succession dramatique de chiffres désastreux" et que "Le pire est encore à venir". Il table sur 100.000 pertes d’emplois pour 2009 et 2010, mais en se basant sur le scénario d’une croissance négative de l’économie belge de 1% pour 2009 alors que la Commission Européenne prévoit déjà près du double…

Et face à cela, que font nos politiciens ? Ils renflouent les banques défaillantes (plus de 20 milliards d’euros en quelques mois !), ils diminuent une nouvelle fois les taxes pour les entreprises, ils accordent de nouvelles subventions pour financer les exportations et les investissements… Tout cela à grands coups d’argent public, qui vont creuser les déficits bugdétaires et la dette publique (qu’on tentera ensuite de nous faire rembourser en rognant sur nos pensions et nos services publics!). Et tout cela aussi, bien sûr, pour "restaurer la confiance des marchés" et "relancer l’économie". Et sans aucune contrepartie exigée de la part des patrons. Alors que tous les partis traditionnels lancent de grands appels à ce que chacun "prenne ses responsabilités…", il semble que les seuls qui doivent être aidés dans la tempête sont justement les responsables du naufrage !

Nous avons bien peu profité des dernières années de croissance économique. Nos salaires et nos allocations ont piétiné alors que leurs profits s’envolaient et alimentaient de colossales opérations de spéculation aux quatre coins du monde. Aujourd’hui, le "capitalisme triomphant" a fini par déboucher sur une crise structurelle profonde. Les travailleurs et leurs familles ne sont pas le moins du monde responsable de cette catastrophe. Mais c’est pourtant sur leur dos que vont être sauvés les coupables. Et il faudrait une fois de plus serrer les dents et attendre que ça passe ?

Les travailleurs n’ont pas à perdre leurs emplois pour préserver les profits de parasites capitalistes. Nous sommes pour la nationalisation – sous le contrôle des travailleurs – des entreprises qui licencient alors qu’elles continuent à réaliser des gros profits, afin que la production soit organisée selon les besoins de la population et pas selon ceux des grands actionnaires.

Nous sommes aussi pour la réduction du temps de travail sans perte de salaire, pour les 32 heures de travail par semaine avec embauche compensatoire, comme seule mesure s’attaquant au chômage et pas aux chômeurs.

Tout cela ne peut s’obtenir que par une lutte massive de l’ensemble des travailleurs et des allocataires sociaux.

Préparons-la !

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