Sri Lanka: Attaques vicieuses contre les medias et meurtre d’un rédacteur en chef

Le jeudi 8 janvier dernier, en pleine journée, le très respecté rédacteur en chef du Sunday Leader, Lasantha Wickrematunge, a été touché à la tête quand sa voiture a été mitraillée, immobilisée dans le trafic. Il est décédé trois heures plus tard à l’hôpital. Personne n’a été appréhendé ou retrouvé et arrêté pour ce crime honteux.

socialistworld.net

Trois jours avant cela, les locaux d’une station de télévision qui avait diffusé un reportage objectif sur les récents carnages et les douleurs de la guerre ont été pillés et détruits. Des bandits ont tenu le personnel captif tandis que tout l’équipement essentiel était détruit. Bien que l’‘opération’ ait duré une pleine demi-heure, les malfaiteurs ont pu quitter les lieux sans obstacle.

Ces attaques violentes, perpétrées sans aucun doute avec la connivence du gouvernement, visent à faire taire chaque média qui critique le gouvernement de Rajapakse, particulièrement à propos de la guerre qui fait toujours rage. Un journal britannique a parlé d’incidents «à l’échelle de Gaza». Le président lui-même, Mahinda Rajapakse, a pris le portefeuille du Ministère des Médias pour s’assurer qu’aucun reportage objectif et critique ne paraisse. Maintenant son gouvernement guerrier et pourri a adopté les mesures les plus extrêmes pour empêcher des gens comme Lasantha Wickrematunge d’exposer les pratiques corrompues du président et de son clan (il y a actuellement quatre frères de Rajapakse au gouvernement !)

Amnesty International a rapporté en novembre dernier les meurtres d’au moins dix employés des médias depuis 2006. De fréquentes protestations ont été menées par les journalistes et le reste du personnel des médias contre leur persécution. Lasantha a même suggéré que le régime tuait plus de journalistes que de politiciens d’opposition parce que les dirigeants des partis n’avaient pas élevé leurs voix.

Roland Buerk de la BBC, la société de radiodiffusion britannique, a déclaré que «le gouvernement a été accusé d’encourager la violence en stigmatisant des journalistes en tant que sympathisants des rebelles et ennemis de l’Etat». Les groupes internationaux militant pour la liberté de la presse tels que Journalistes Sans Frontières disent que l’intimidation et la violence font du Sri Lanka un des pays les plus difficiles au monde pour les reporters. Ils ont ainsi commenté le meurtre du rédacteur de chef du Sunday Leader : «Le Sri Lanka a perdu l’un de ses journalistes les plus doués, les plus courageux et iconoclastes». (Lasantha avait également un programme hebdomadaire à la station de télévision qui avait été attaqué lors de l’incursion dans les studios de MTV.)

Le syndicat et les dirigeants de l’opposition au Sri Lanka avaient organisé une protestation publique le vendredi 9 janvier. Ils réclament la condamnation mondiale de ce dernier meurtre. La Fédération internationale des journalistes et Journalistes Sans Frontières se sont saisi de ce thème, mais des actions plus fortes sont nécessaires.

L’enterrement de Lasantha Wickrematunge s’est tenu le lundi 12 janvier. Le Comité de Surveillance Civile, une organisation qui a dévoilé des centaines de cas de dissimulations dans des meurtres et kidnappings extrajudiciaires au Sri Lanka, demande que des messages de condamnation soient envoyés au gouvernement sri-lankais et exige qu’une enquête indépendante soit effectuée. Ils réclament également que de fortes protestations soient faites au dehors des ambassades sri-lankaises à travers le monde.

Le Parti Socialiste Uni (section du Comité pour une Internationale Ouvrière, CIO au Sri Lanka) est au premier rang des protestations et des campagnes contre la guerre, pour la liberté de la presse, pour le droit à l’autodétermination des Tamouls et pour la fin du régime cinghalais chauvins et dictatorial actuel. Nos camarades ont de façon constante menés campagne pour une lutte unifiée des travailleurs et des pauvres cinghalais et tamouls contre l’impérialisme et le capitalisme, avec des politiques vraiment socialistes. Les vies et la liberté des membres et défenseurs du Parti Socialiste Uni sont, actuellement, constamment en danger. Toute aide financière et aide pour leur défense ainsi que leurs campagnes est la bienvenue. Des donations peuvent être faites pour mener campagne au Sri Lanka.

Concrètement, nous vous invitons à venir protester avec nous à 11h ce vendredi devant l’ambassade du Sri Lanka. Plus d’informations suivront bientôt.

Vous pouvez également effectuer un don pour la campagne du CIO au Sri Lanka sur le n° de compte belge du CIO 083-8400740-58 avec la mention "Sri Lanka defense".

Partager : Imprimer :