Afghanistan : Ce n’est pas notre guerre…

Cela fait maintenant sept ans que l’Afghanistan subit une occupation militaire américano-occidentale, des bombardements quotidiens et des « bavures » criminelles. De Crem, notre ministre de la Défense, dont les affinités avec ce qui reste du Bush Fan Club sont bien connues, pousse le gouvernement à renforcer la présence belge en Afghanistan.

Par Damien (Liège)

Selon lui, la solution serait “civilo-militaire”. Bien belle formule pour mettre en image les bombes envoyées par l’armée “libératrice” sur la figure des pauvres paysans et citadins… Ainsi au moins les rôles sont bien définis. On n’attend pas du peuple afghan qu’il prenne les rênes d’un éventuel nouveau pouvoir démocratique. Il est juste là pour compter les coups ratés des Talibans et de l’OTAN… et en subir les dégâts. Entretemps, la culture du pavot représente à nouveau 50% de l’économie de l’Afghanistan.

De Crem prône donc un engagement militaire accru. Il veut envoyer une septantaine d’instructeurs afin d’aider à la formation de l’armée afghane et prolonger de six mois la durée de mission des quatre chasseurs-bombardiers belges qui y sont déjà. Le total des troupes belges qui stationneraient là-bas atteindrait donc 500 militaires, pour un coût annuel estimé à 30 millions d’euros. Pourtant, selon le commandant britannique en Afghanistan, Mark Carleton-Smith, cela ne sert à rien : on ne peut pas gagner cette guerre.

Heureusement pour notre cher gouvernement, la question de l’implication belge en Afghanistan n’est pas fort médiatisée. Et elle ne déchaîne pas autant de passions que celle en Irak. Pourtant, quand un député du SP.a, Van der Maelen, s’est opposé à cette nouvelle décision, argumentant qu’il s’agit là d’une guerre “coûteuse et sans issue”, De Crem l’a, pour toute réponse, simplement accusé d’être dans le camp “des poseurs de bombes et violeurs” talibans…

On voit assez clairement que, pour De Crem, il n’est pas question de laisser discuter de l’efficacité d’une intervention armée belge dans un pays étranger… Aucun politicien ou gouvernement ne semble voir qu’en envoyant des troupes massacrer des innocents (voir par exemple l’affaire du bombardement de civils durant un mariage…), ils risquent de se mettre davantage à dos les populations locales et donc de renforcer considérablement les terroristes, qui n’ont alors plus qu’à prêcher des solutions faciles auprès d’une population saignée à blanc.

Il s’agit là d’un beau paradoxe, compte tenu des objectifs officiels de l’intervention en Afghanistan, à savoir la démocratisation du pays et la chasse aux terroristes talibans…


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