Réformes de Vandenbroucke dans l’enseignement en Flandre

Réformes de Vandenbroucke dans l’enseignement en Flandre

Le ministre flamand de l’Enseignement et de l’Emploi, Frank Vandenbroucke, n’a pas attendu le début de l’année scolaire pour annoncer des réformes drastiques dans l’enseignement. Il se base sur le rapport Accent op talent de la Fondation Roi Baudouin. Ce rapport est le fruit du travail d’une commission composée essentiellement de gens issus du monde de l’entreprise, du VDAB (l’équivalent flamand de l’ORBEm et du FOREm), des pouvoirs organisateurs de l’enseignement et des syndicats.

Correspondant

L’objectif exprimé était de lutter contre le manque de motivation des élèves de l’enseignement technique et professionnel. On voulait aussi limiter le nombre d’élèves en situation d’échec ou qui se retrouvent sans diplôme à l’issue de leur scolarité. On part du principe que la formation doit être orientée vers la pratique et offrir la perspective de décrocher un emploi. D’après le rapport, ça ne peut se faire qu’en étroite collaboration avec la vie en entreprise. Partant du principe que l’industrie lourde va de toute façon être délocalisée à l’Est ou au Sud, la commission ne voit de salut que dans «l’économie de design créative, innovatrice» de petites entreprises spécialisées «avec un fort concentré de connaissance». C’est pourquoi l’enseignement doit pouvoir réagir au quart de tour et s’adapter aux besoins spécifiques des entreprises. «Apprendre toute sa vie» pour s’adapter aux exigences d’un monde de l’entreprise en mutation continuelle et «apprendre à apprendre» sont devenus des leitmotifs.

Casser l’organisation de l’enseignement

Pour ce faire, toute l’organisation actuelle de l’enseignement doit être jetée par dessus-bord. C’en est fini des horaires fixes, du cloisonnement entre métiers, entre orientations, entre le général, le technique et le professionnel. Les écoles et surtout les directions doivent recevoir encore plus d’autonomie financière.

Le salut par «l’économie de la connaissance»?

La perspective d’une société de la connaissance post-industrielle n’est qu’une chimère. Les pays occidentaux n’ont pas le monopole du savoir-faire et il est plus facile de délocaliser la production à haute intensité de connaissance que l’industrie lourde.

Ces réformes n’ont d’autre but que de fournir une main d’oeuvre taillée sur mesure pour les entreprises en sacrifiant la formation générale sur l’autel du profit.

Une collaboration plus étroite avec les entreprises signifie que celles-ci vont dominer l’école. L’entreprise sponsorise l’achat des machines et les pouvoirs publics payent le reste de la formation professionnelle: ils y trouvent tous les deux leur compte financièrement. L’autonomie locale ouvre la voie à la différenciation salariale et aux horaires flexibles. C’est la fin du statut du personnel et des nominations. Toute la question est de savoir si le sommet syndical va choisir de défendre l’enseignement ou d’avoir une discussion aimable avec le ministre autour d’une tasse de thé.

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