Jeux Olympiques. Médaille d’or pour le néo-libéralisme

Jeux Olympiques

LES JEUX OLYMPIQUES d’Athènes ont été marqués par l’empreinte de l’idéologie néo libérale qui se sert de cet événement comme d’une puissante machine de marketing, non sans conséquence pour les athlètes, les spectateurs et les travailleurs. Le budget de ces Jeux olympiques s’élève à plusieurs milliards d’euros dont 1,2 milliards sont réservés aux dispositifs de sécurité soit 5 fois plus que pour Sydney en 2000, transformant ainsi la capitale grecque en un véritable forteresse sous le contrôle de l’OTAN.

Stéphan Delcros

Il s’agit d’un coût exorbitant quand on connaît la situation de précarité dans laquelle vit une grande partie de la population. Les Roms ou Tziganes , très nombreux à Athènes et en particulier près de l’emplacement du village olympique, ont été "priés" de s’installer plus loin, à l’abri des regards." Il aurait en effet été fort gênant que les milliers de spectateurs et de sportifs remarquent que la Grèce préfère investir des millions dans l’installation d’un toit pour le stade olympique à l’architecture "tournée vers le XXIe siècle", plutôt que d’aider cette minorité à sortir de sa précarité sociale en commençant, par exemple, par leur offrir un logement décent pour remplacer leur taudis sans eau courante ni électricité. Il en va de même pour les mendiants, réfugiés et toxicomanes errants dans les parages des sites olympiques qui furent soit expédiés du champ de vue général, soit enfermés dans une nouvelle prison, construite pour l’occasion.

L’hypocrisie ne s’arrête évidemment pas là. A la demande des responsables de la ville d’Athènes, la législation concernant la prostitution et le proxénétisme a été assouplie afin d’attirer les prostituées dans la capitale pour que les touristes et les athlètes puissent en disposer plus facilement. Il s’agit là d’une valorisation scandaleuse de l’exploitation de la femme à des fins capitalistes qui contraste clairement avec l’idéal de "pureté" proclamé par les organisateurs des Jeux olympiques d’Athènes.

La "fête du sport" a également été ternie début août par la mort de 13 ouvriers sur les chantiers de construction. Subissant de nombreuses pressions pour terminer les travaux dans les délais, les ouvriers ont parfois dû travailler plus de 15 heures par jour, réduisant ainsi leur concentration et leur vigilance et augmentant les risques d’accident, parfois mortels.

On ne peut parler des Jeux olympiques sans évoquer les fameux "dix commandements" dictés par les sponsors aux spectateurs. Il était par exemple interdit à ceux ci d’emporter leur propres boissons ou nourriture, certaines firmes multinationales comme Coca ou McDo ayant le monopole à l’intérieur des différents sites. Interdiction également de porter des vêtements de marques concurrentes ou même de faire une quelconque publicité pour des entre-prises ne sponsorisant pas les Jeux.

Ce qui aura retenu l’attention lors de ces Jeux olympiques, ce sont les affaires de dopages avec notamment l’abandon pour non présentation à un contrôle antidopage des deux sprinters grecs Thanou et Kenteris, énormément appréciés dans leur pays. Marqué par l’idéologie individualiste, le sportif est devenu une "star", un exemple à suivre pour la jeunesse. Exploité par les sponsors, il est entraîné dans une spirale sans fin de recherche de la réussite à tout prix. Si l’on combine ceci à l’appât toujours plus grand du gain, nécessité également véhiculée par le système capitaliste, on comprend aisément pourquoi le sport actuel est souvent synonyme de dopage.

Sous couvert de "trêve olympique" ou "d’amitié entre les peuples", les organisateurs des Jeux veulent lancer un message d’espoir, de paix et d’égalité entre tous. Le plus grand événement sportif de la planète n’est pourtant que le reflet de notre société et de la situation internationale économique et financière. L’idéologie néo libérale y est omniprésente et ce au détriment du sport en lui même, souvent relégué au second rang.

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