<![CDATA[namur_01«Les jours de grèves générales, ici, tout est toujours bloqué. Faire tomber le gouvernement ne me semble pas impossible mais pour ça, on va avoir besoin de tout le monde, et surtout de ne plus s’arrêter en cours de route pour des excuses…» Les paroles de ce militant syndical dans le secteur des carrières illustrent bien l’état d’esprit qui régnait sur les piquets de grève en région namuroise vendredi. Bien que le nombre de piquets fut plus faible que lors du plan d’action national mené en 2014, l’ambiance et la combativité y était toujours au rendez-vous.

Par Pierre (Namur)

Quelque soit le secteur, les grévistes avançaient la nécessité d’un plan large et dans la durée pour s’attaquer sérieusement au gouvernement. «24 heures de grève, tout le monde sait que ça ne sera pas suffisant», nous dit ce délégué de Delhaize particulièrement motivé à l’idée de mobiliser pour les 29 septembre (manifestation nationale en front commun) et 7 octobre (grève générale nationale en front commun) prochains. Sur le parking, une trentaine de grévistes discutent devant l’entrée qui a été bloquée «très facilement» ce matin. Environ 80% du personnel y travaille avec des temps partiel alors «la flexibilité à outrance et la loi Peeters, on connaît…»

De l’autre côté de la ville, c’est un Colruyt qui a, pour la première fois, fermé ses volets. La permanente CNE nous explique pourquoi le blocage du magasin était prioritaire à ses yeux : la chaîne vient de licencier de manière totalement abusive un délégué syndical de Bruxelles, malgré le nombre scandaleusement faible de ses travailleurs délégués !

namur_03A l’hôpital St Luc de Bouge aussi, le piquet a rarement été aussi important. Ici les travailleurs distribuent des tracts aux collègues et aux patients qui pénètrent dans l’hôpital. Chacune de ces personnes est invitée à signer une pétition contre un nouveau projet de la ministre de la santé De Block, qui vise à diminuer le nombre de jours de repos supplémentaires dont peuvent profiter les travailleurs en fin de carrière dans ce secteur où la pénibilité physique du travail est particulièrement importante. La délégation syndicale avait proposé à la direction de l’hôpital d’organiser la grève à l’avance (dans les hôpitaux, le service minimum est nécessaire), mais celle-ci avait refusé ! Un barrage filtrant a donc été mis en place. Arrivé sur place, un huissier menace les grévistes de 1000€ d’astreinte par personne… Le barrage filtrant a été levé, mais l’action continue.

Plus tôt dans la matinée, se tenait un rassemblement de militants FGTB namurois – tous secteurs confondus – devant l’Union des Classes Moyennes. Pas de piquet pour eux donc, mais des discussions motivantes en groupe.

Devant la prison ou la gare, par contre, la mobilisation n’était pour une fois pas au rendez-vous. La fatigue des dernières luttes et une certaine amertume des accords qui ont été conclus n’y sont sans doute pas pour rien. Pourtant les agents pénitentiaires et les cheminots avec qui nous avons eu contact nous ont dit être les premiers à souhaiter la chute du gouvernement. Bien qu’ils n’étaient pas en rue cette fois-ci, une mobilisation préparée suffisamment à l’avance avec une communication et des objectifs clairs pour la suite du plan d’action pourrait bien les remettre de nouveau en action. C’est ce à quoi les affiliés, délégués et militants que nous avons rencontré ce vendredi vont s’atteler d’ici au 29 septembre.]]>