Pouvoir d’achat: De plus en plus de travailleurs pauvres!

Pouvoir d’achat:

La perte de pouvoir d’achat ne touche pas que les chômeurs et les allocataires. Les travailleurs ont eux aussi de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts. Il apparaît, selon une étude réalisée par la FTGB, que presque 20% des travailleurs ne s’en sortent pas avec leur salaire. Au même moment, les grands actionnaires ont encore obtenu de nombreux nouveaux cadeaux, entre autres grâce à la déduction des intérêts notionnels.

Les chiffres de la FTGB illustrent à quel point le problème de la baisse du pouvoir d’achat est important. Alors que les politiciens traditionnels parlent volontiers de lutte contre la pauvreté et qu’un secrétaire d’État a même été désigné dans le gouvernement actuel (avec en premier lieu Laloux, PS, rapidement remplacé…), le nombre de Belges sous le seuil de pauvreté augmente. Aujourd’hui, 15% de la population vit officiellement dans la pauvreté et le nombre de travailleurs compris dans ce chiffre augmente également. Dans notre pays, presque 4% des travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté.

Mais la pauvreté est bien plus présente que ne le laisse croire ce chiffre. Le nombre de travailleurs qui connaît des problèmes de fin de mois ne cesse de grandir. Selon la FTGB, 51% des travailleurs ont difficile à finir le mois, 44% affirment qu’un seul salaire n’est pas suffisant pour vivre, 37% n’arrivent pas à épargner, 35% ont des difficultés à assurer l’éducation de leurs enfants, 18% ne partent en vacances qu’une fois par an et ont des problèmes pour payer leurs frais de transport, etc.

Autres données intéressantes: 61 % des travailleurs effectuent des heures supplémentaires (24 heures par mois en moyenne), mais à peine 6 % le font par choix personnel pour "travailler plus pour gagner plus" et 34 % des travailleurs attendent toujours que leurs heures supplémentaires soient payées ou récupérées…

Ces chiffres font comprendre que la dégradation du pouvoir d’achat touche un large groupe de travailleurs. La pauvreté n’est plus un problème pour les plus démunis, cela devient de plus en plus une réalité quotidienne, également pour celui qui a un job ! La FTGB parle de travailleurs pauvres. Presque un travailleur sur cinq ne peut acheter sa propre habitation ni partir en voyage.

Le président de la FGTB Rudy De Leeuw déclare que quelque chose doit être fait contre ce problème : « Nous réclamons la reprise de la réduction d’impôt que les sociétés ont obtenue dans le cadre de la déduction des intérêts notionnels pour le pouvoir d’achat. » C’est une revendication correcte étant donné que les cadeaux fiscaux pour les riches coûtent beaucoup à la collectivité à un moment où couches les plus pauvres (parmi lesquelles beaucoup de travailleurs) voient fortement diminuer leur pouvoir d’achat.

Cette étude est utile pour se préparer face aux négociations pour un nouvel Accord Interprofessionnel en fin d’année. Le chef de la FGTB a encore déclaré: « Les salaires bruts, les salaires minimums et les allocations doivent augmenter sensiblement. Le contrôle des prix est nécessaire pour l’énergie et dans le secteur de la location. Au besoin, les loyers doivent être bloqués. Pour tout payer, nous devrons parler de la déduction des intérêts notionnels, car avec les deux milliards d’euros de réduction d’impôt que les sociétés ont obtenu, nous pouvons prendre des mesures sociales. »

Appliquer ces mesures ne sera toutefois pas évident sans prolongement politique capable de briser avec la logique de ce système. Sans rompre cette logique de profit, un contrôle des prix conduira surtout à la disette (parce que le secteur de la distribution des produits n’est pas sous le contrôle de la collectivité). Les grandes entreprises ne cèderont pas non plus facilement les cadeaux qu’ils ont reçus ces dernières années…


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