Environnement. Poisson surpêché, mer en danger !

Derrière la hausse des prix de l’alimentation se cachent beaucoup de choses et, parmi elles, la disparition d’espèces pourtant considérées jusque là comme d’inépuisables sources de nourriture. Ainsi, si la tendance actuelle se maintient, la quasi-totalité des espèces de crustacés et de poissons pêchés aujourd’hui pour la consommation n’existeront plus avant 2050.

Nicolas Croes

Début février, la Katholieke Universiteit Leuven (KUL) a réuni des experts internationaux pour aborder ce thème (« Le Soir » du 08/02/08). Il est ressorti de cette rencontre que, chaque année, 100 millions de tonnes de poissons sont pêchées pour alimenter un commerce fameusement juteux puisque la pêche commerciale représente annuellement quelques 85 milliards de dollars.

Cette pêche intensive est responsable de la disparition de 90% des poissons prédateurs (comme le thon ou le cabillaud). La population de grands requins dans l’Atlantique a diminué de moitié depuis 1970, selon l’université canadienne Dalhousie (Le Soir du 20/02/08). Au total, ce sont les trois-quarts des stocks de poissons qui sont surexploités, voire exploités au maximum ! L’approche industrielle menace les équilibres écologiques tout en rendant toujours plus difficile la survie des petits pêcheurs.

La pêche industrielle est clairement responsable de la majorité des dégâts occasionnés à la faune marine, en particulier à cause du chalutage. Cette méthode consiste à tirer de gigantesques filets lestés sur le plancher des océans qui détruisent absolument tout sur leur passage. Toutes les 4 secondes, une surface équivalente à 10 terrains de football (!) est ainsi retournée. Pour autant qu’elles parviennent s’en remettre, les formes de vie en eaux profondes sont très lentes à se relever après de telles attaques. On estime qu’il nous reste entre 500.000 et 5 millions d’espèces marines à découvrir. Beaucoup ne le seront jamais.

Seuls 4% des océans sont encore intacts…

Les scientifiques parlent aussi d’ « évolution induite par la pêche » puisque les plus beaux spécimens des espèces sont particulièrement visés, ce qui ne laisse pour la reproduction que les poissons les plus petits. Au fil du temps, les poissons sont donc génétiquement contraints à diminuer de taille… A titre d’exemple, le cabillaud des eaux canadiennes de Terre-Neuve-et-Labrador a perdu la moitié de sa taille à l’âge adulte entre 1975 et 1992. Cette espèce a toutefois pu regagner quelques centimètres depuis lors lorsqu’elle est devenue espèce protégée.

Mais l’écrasante majorité des espèces n’ont pas cette possibilité. Si elles représentaient 0,1% de la surface des océans en 1980, les aires marines protégées (MPA) ne représentent toujours aujourd’hui que…0,7% seulement ! Malheureusement, le processus de reconstruction des stocks est beaucoup plus lent que celui qui mène à leur destruction.

Même si plus aucune pêche n’était effectuée dans la mer de Barents, il faudrait néanmoins 250 ans pour que les stocks regagnent leurs capacités perdues ces 40 dernières années.

Selon la nouvelle cartographie globale des mers et océans, seuls 4% des océans sont encore intacts de la pollution, de la surpêche, de la destruction des prairies sous-marines, de l’acidification,… (Le Soir du 18/02/08)

Par le passé, on ne présentait régulièrement que l’un ou l’autre aspect de la détérioration de notre environnement, comme la disparition d’un animal ou d’un milieu en particulier. Aujourd’hui la tendance est à des approches plus globales et de multiples liens sont établis entre les différents problèmes. Nous ne pouvons qu’espérer que l’ébauche de solution ira dans le même sens. Trop souvent encore, les solutions apportées à un problème n’abordent qu’une seule facette de celui-ci et rencontrent rapidement des limites.

Où se trouve la solution ?

D’autre part, beaucoup de scientifiques se limitent à dire en conclusion de leurs rapports que «la balle est dans le camp des politiques» ou que c’est «aux décideurs de prendre l’avenir en main»,… Nous doutons fort de la capacité de ces «décideurs» à résoudre des problèmes qui viennent des fondements mêmes du système dont ils soutiennent la logique. La balle est dans le camp des travailleurs et des jeunes de partout à travers le monde : pour survivre, il faut lutter contre ce capitalisme destructeur. Seule une société socialiste, démocratiquement planifiée, se basera uniquement sur les intérêts de la majorité de la population parce que les travailleurs et leurs familles auront eux-mêmes en main les commandes de la société. C’est une absolue nécessité pour mettre fin à la destruction de notre planète.

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