<![CDATA[La violence policière doit être condamnée – Témoignage d’Action Socialiste (CIO-Hong Kong)

HK_SA_01Le 8 février, lors de la première nuit du nouvel an chinois, la brutalité policière a provoqué une émeute dans le district de Mong Kok, au centre de Hong Kong. Les manifestants s’étaient rassemblés pour défendre les marchands de nourriture ambulants d’un coup de filet très médiatisé des forces de l’ordre. La police a arrêté au moins 54 personnes pendant les affrontements et un de ses porte-parole a déclaré que davantage d’arrestations étaient prévues. D’après les rapports des médias, le nombre de blessés pourrait être de plus de 120.

Ces événements ont été surnommés « la révolution des boulettes de poisson » – en référence à la « révolution des parapluies » de masse pour la démocratie en 2014 (la rue principale de Mong Kok était l’un des 3 sites occupés pendant près de 3 mois). Les marchands ambulants (qui vendent des en-cas, comme les boulettes de poissons) font partie des traditions des célébrations du nouvel an chinois à Hong Kong, et le gouvernement les a toujours tolérés par le passé. Cependant, l’année dernière, le gouvernement a commencé à s’attaquer à ces « marchands à la sauvette », ce qui a provoqué un mécontentement massif. Cette année, le gouvernement a mené des coups de filet encore plus durs contre les marchands de rue, et les masses en colère se sont mobilisées en soutien de ceux-ci. Une action aussi retentissante montre que la police était désireuse de faire une démonstration de force. A cause des décisions politiques du gouvernement, Mong Kok est devenue une poudrière en cette nuit du nouvel an.

Vengeance contre la police

Au jour de l’an chinois a 22h00, la foule s’est rassemblée a Mong Kok alors que les agents du Département de la nourriture et de l’hygiène distribuaient des amendes aux marchands. A 23h00, la police est arrivée et a attaqué les manifestants a coups de gaz-poivre et de matraques. La tension a continué a monter jusque 2:00. Les manifestants lançaient des objets a la police, quand tout a coup un policier a tiré deux coups d’avertissement en l’air et pointé son arme vers les gens, ce qui a déclenché des heurts encore plus violents. Les règles de la police sont très strictes en matière d’utilisation des armes a feu et n’autorisent pas a tirer en l’air en avertissement. Cet acte était une nouvelle violation des règles par la police.

Ces événements étaient comme une reprise de la « révolution des parapluies »; la police a attaqué la foule au gaz-poivre et beaucoup de manifestants ont aussi été tabassés et baignaient dans le sang. A 4:00, un groupe de manifestants masqués a commencé à enlever les briques de la route et a abattre les panneaux de signalisation. Ils empêchaient aussi les journalistes et les passants de prendre des photos. Les manifestants ont ensuite jeté des briques et mis le feu à des poubelles. Au moins un taxi a été brûlé.

Il est possible que les émeutes du nouvel an aient été en partie instiguées par des hommes de main du gouvernement cachés parmi la population. Il ne peut pas être exclu que des espions de la police aient été sur place a « provoquer le chaos » devant les caméras. Cependant, une chose est sure, c’est que les émeutes ont été soutenues par une partie de la population, en particulier les jeunes, car elles étaient vu comme un moyen de se venger de la police.

La Révolution des Parapluies a échoué à cause de son programme limité (des réformes partielles plutôt qu’un changement complet du système) et du refus d’appeler a des manifestations de solidarité au-delà de Hong Kong, en particulier en Chine continentale, qui est décisif dans la lutte contre la dictature chinoise. Une couche de jeunes a cependant mal interprété la défaite.

Ils rejettent la stratégie soi-disant « pacifique et rationnelle » des dirigeants de l’opposition démocratique bourgeoise (les « pan-démocrates »), mais sur-simplifient cela en en faisant un besoin de « violence » plutôt que de voir que la clé est un programme révolutionnaire. Sans alternative politique, et sans possibilité pour les manifestations de masse de s’escalader d’une façon forte et organisée, certains jeunes radicaux se sont tournés vers la méthode de l’émeute. C’est le cas en particulier des groupes « nativistes » (Un mélange spécial d’idées racistes et d’extrême droite avec des sentiments pro-indépendance).

Programme révolutionnaire

HK_SA_02Action Socialiste (CIO a Hong Kong) condamne la violence policière, qui est le vrai coupable de cet incident. Le gouvernement et les grands médias vont faire usage des émeutes pour représenter tous les manifestants comme des « voyous », et pour légitimer leurs plans d’extension des pouvoirs de la police, et pour augmenter la répression contre les mouvements démocratiques.

Les nativistes encouragent une idée romantique de « lutte chevaleresque » – c’est-à-dire la confrontation avec la police – mais en fait, seule une vingtaine de membres de groupes nativistes étaient présents pendant les affrontements. Les principaux médias ont consciemment sur-estimé leur rôle, en préparation d’une offensive propagandiste du gouvernement contre « les forces indépendantes de Hong Kong », et de façon a dissuader les gens de prendre part aux luttes démocratiques.

Si les socialistes soutiennent le droit a l’auto-défense des manifestants et des groupes en lutte, nous défendons qu’elle doit être disciplinée et organisée, de préférence au moyen d’organisations démocratiques des travailleurs. Les émeutes ne sont jamais un moyen efficace de lutter contre le pouvoir en place. Non seulement elles ne représentent pas une menace au régime, mais elles lui donnent en fait une excuse pour renforcer sa machine répressive. Les socialistes prennent position pour des luttes de masse organisées autour d’un programme révolutionnaire clair pour vaincre le capitalisme dictatorial. C’est le seul moyen de canaliser la colère de masse en une force pour détruire la dictature.

Action socialiste demande une enquête publique indépendante sur les actions policières des 8 et 9 février. Il faut appeler a de nouvelles manifestations de masse disciplinées contre la brutalité policière et contre l’accentuation de la répression politique par le gouvernement. Cela doit être le premier pas vers la reconstruction d’un mouvement de masse pour des droits démocratiques immédiats et pour le renversement de la dictature en Chine et a Hong Kong.]]>