Ni en Afghanistan, ni au Tchad ! Pas de participation belge à des guerres impérialistes !

Ni en Afghanistan, ni au Tchad !

Notre pays possédait à peine un gouvernement que les tambours de guerre se faisaient déjà entendre. Notre nouveau ministre de la Défense (sic) Pieter De Crem a annoncé vouloir maintenir les troupes belges en Afghanistan et en faire participer d’autres à l’opération française pour soutenir le dictateur du Tchad. En même temps, le nouveau ministre a supprimé les subsides pour que des classes scolaires aillent visiter les anciens camps de concentrations nazis…

Emiel Nachtegael et Jean Peltier

5 ans de guerre en Irak. Pour quels résultats ?

  • 1.220.580 morts irakiens. A Bagdad, une famille sur deux a perdu un de ses membres.
  • 3.900 morts dans les armées américaine et britannique.
  • Pour 2008, le budget de la Défense des Etats-Unis est de 670 milliards de dollars, dont 190 pour l’Afghanistan et l’Irak.
  • A Bagdad, il n’y a en moyenne que 8 heures par jour d’électricité. Seul un tiers de la ville a accès à l’eau courante.

Le credo de Jules César, « Si tu veux la paix, prépare la guerre », semble écrit sur le front de De Crem. Mais tout comme pour le glorieux Jules, ces fières déclarations ne sont qu’un prétexte pour notre Pieter.

Vous avez dit démocratie ?

Les agressions militaires américano-britanniques sont le résultat de la volonté de la classe dirigeante US de restaurer son prestige militaire et politique (en Afghanistan) et de contrôler le pétrole (en Irak). Qu’est-ce que la Belgique vient faire là-dedans? Apporter la paix et la démocratie aux indigènes, comme au bon vieux temps des colonies ?

La vraie raison de la présence belge en Afghanistan est que la machine de guerre américaine s’est embourbée dans une ligne de front trop élargie et qu’elle dispose de peu de réserves pour éteindre tous les feux en même temps. Bush a donc dû réorienter sa stratégie et faire appel à ses «alliés» pour soutenir l’armée américaine dans ses projets de « démocratisation ».

En Afghanistan, l’intervention militaire a chassé du pouvoir les Talibans fondamentalistes (d’anciens alliés pourtant…). Mais le nouveau régime qui a émergé, comme en Irak, ne repose pas sur le soutien des masses de paysans, d’ouvriers et de pauvres, mais sur celui des chefs tribaux et des couches aisées. La population reste confrontée au chômage, à la corruption et à l’insécurité. Depuis le départ des Talibans, la culture du pavot est redevenue la plus grande source de revenu de ce pays, l’un des plus pauvres au monde. Dans la plupart des régions de l’Afghanistan et de l’Irak, le droit islamique est de nouveau d’application sous une forme extrêmement conservatrice avec des conséquences très dures pour la population, et particulièrement pour les femmes, sans que cela empêche Bush et De Crem de dormir.

Après l’Afghanistan et l’Irak, de nouvelles interventions militaires occidentales se profilent en Afrique. Et si De Crem souhaite que la Belgique y fourre son nez sous le couvert d’une « mission de paix » guidée par la France pour soutenir le dictateur du Tchad Idriss Déby, c’est sans doute parce que ce nez a reniflé une bonne odeur de pétrole pas cher dans la région.

Pas en notre nom !

Les protestations contre la guerre ont été massives dans le monde entier, y compris aux USA. Certes, en Belgique, le gouvernement de l’époque ne soutenait pas le plan de guerre de Bush (ce qui n’a pas empêché les armes de transiter par le pays). Mais cette opposition officielle ne concernait que la guerre en Irak, essentiellement à cause du fait que l’impérialisme français, le grand frère de la bourgeoisie belge, n’avait pas les mêmes intérêts que l’impérialisme américain. Si certains partis, comme les Verts flamands et francophones, se profilent aujourd’hui comme des colombes de paix contre les F-16, il ne faut pas oublier que pendant leur participation au gouvernement, ils ont laissé donner le feu « vert » aux (très secrets) transits militaires américains par notre pays.

Aujourd’hui la guerre en Irak est beaucoup plus impopulaire qu’en 2003. Le mouvement antiguerre peut contribuer à imposer le retrait des troupes mais il devra éviter de se mettre à la remorque de politiciens opportunistes comme Barak Obama. Le candidat à la présidence s’est opposé à l’intervention en Irak en 2003 mais dit aujourd’hui qu’il faut augmenter le budget militaire américain et laisser en Irak une partie des troupes pour y défendre les «intérêts américains».

Aux USA comme en Belgique, face à la guerre que le capitalisme porte en lui comme la nuée porte l’orage (comme le disait si justement Jaurès), il ne suffit pas de manifester contre la guerre : il faut remettre en cause le capitalisme.

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