Elections sociales. Interview de Jo Coulier, délégué FGTB

Elections sociales. Interview de Jo Coulier, délégué FGTB

Jo Coulier est délégué principal pour la CGSP (FGTB) à la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Nous avons eu un entretien avec lui dans son local syndical. La dernière fois, la FGTB-VUB avait récolté 65% des voix. Au cours des dernières années, la délégation a pris le devant de l’opposition aux plans de réforme du ministre Vandenbroucke.

Propos recueillis par Eric Byl

Après les 65% précédemment obtenus, vous attendez-vous à pouvoir répéter ce résultat ?

Jo: « Si les salariés évaluent le travail des dernières années, je peux difficilement m’imaginer qu’ils ne votent pas pour la FGTB (CGSP). La CSC ne se présente pas ici et la CGSLB représente uniquement les laïques libéraux ou socio-démocrates. Chez les nouveaux salariés, on sait que la résistance contre le ministre de l’enseignement et contre le patron local émane de la FGTB. Nous diffusons régulièrement une dépêche contenant nos points de vue, nos luttes et les acquis obtenus. Nous avons un noyau de militants dans toutes les catégories du personnel et dans toutes les institutions qui communiquent avec leurs collègues. Mais nous connaissons aussi un renouvellement de personnel assez important. Chaque année, 200 salariés partent et arrivent. Lors de chaque nouvelle élection sociale, on peut donc compter sur 25% de nouveaux électeurs, car il existe pas mal de contrats à durée déterminée, surtout parmi le personnel académique ».

Comment faites-vous pour aboutir à un programme unifié avec un noyau de militants tellement varié?

Jo: « A la VUB, nous avons une situation unique. Dans le noyau des militants, il y a des chercheurs, des profs, des membres du personnel administratif et technique, des gens qui gagnent 1.000 euros par mois et d’autres qui en gagnent 4 à 5.000. Afin de réunir tous ces gens, il faut un fonctionnement très démocratique, bien prendre le temps pour discuter tout en profondeur, informer et former les gens. Car pour pouvoir énoncer un jugement, il faut bien pouvoir estimer tous les éléments en jeu. Notre formation n’est pas uniquement de nature technique, mais aussi idéologique et politique. Grâce à cela, la FGTB dispose de membres capables de discuter avec leurs collègues. »

« En ce qui concerne la conviction politique, le noyau des militants est très divers, avec des membres et des sympathisants du SP.a, du MAS/LSP, de Groen! ou des indépendants politiques. Envers la direction, cela ne pose pas de problèmes. » « Le mouvement contre le plan Vandenbroucke a été porté tant par les délégués qui sont membres du SP.a que par les autres, à aucun moment donné des doutes n’ont été soulevés. »

Comment sont vos rapports avec la CGSLB?

Jo: « La direction se sert d’eux pour imposer des accords contre la volonté de la FGTB. Cela en dit beaucoup sur la démocratie. Ils ne récoltent même pas la moitié de nos voix mais, à travers eux, la direction peut imposer des Conventions Collectives de Travail à l’ensemble du personnel. »

« En revanche, si des salariés organisés à la CGSLB sont visés par la direction, alors nous les défendons. Bien des fois, j’ai agi en tant que conseiller pour les membres CGSLB. »

Quels sont vos thèmes de campagne pour les élections sociales?

Jo: « Nous n’étions pas du tout content de l’Accord Interprofessionnel que la CGSP avait signée en 2006 pour les quatre années suivantes. Il comprend une augmentation salariale de seulement 1% pour le personnel administratif et technique. Pour le personnel académique, qui forme tout de même les deux tiers du personnel, il ne prévoit même rien au-delà de l’index ! Et à cause du remaniement de l’index, cela représente une perte de salaire réel, qui n’est que partiellement compensée par des augmentations barémiques. La CGSP de la région de Bruxelles avait pourtant rejeté l’Accord Interprofessionnel avec 87% des voix. »

« Nous voulons 5% d’augmentation salariale, ou alors au moins 100 euros d’augmentation forfaitaire. Nous voulons que l’on fasse quelque chose au sujet de la pression au travail qui, avec l’augmentation du nombre d’étudiants et donc du travail, deviennent parfois intolérables. Nous revendiquons l’extension des retraites extralégales pour tous parce qu’actuellement seuls 50% des membres du personnel y ont droit, surtout ceux qui travaillent dans la recherche scientifique. Finalement, nous avons encore un éventail de revendications pour des groupes-cible comme l’égalisation et l’amélioration du statut des boursiers, une politique de promotion plus honnête, etc. »

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